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 NATIVE AMERICAN GENOCIDE AND THE NEW WORLD ORDER

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MessageSujet: NATIVE AMERICAN GENOCIDE AND THE NEW WORLD ORDER   Sam 19 Sep 2009 - 22:42

NATIVE AMERICAN GENOCIDE AND THE NEW WORLD ORDER











Dernière édition par invitée le Sam 2 Nov 2013 - 10:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: NATIVE AMERICAN GENOCIDE AND THE NEW WORLD ORDER   Jeu 22 Sep 2011 - 8:27

STAR EYEWITNESS QUI A CITÉ LA REINE D'ANGLETERRE DANS
LES ENLÈVEMENTS D'ENFANTS INDIGÈNES EST MORT SUBITEMENT !








Il semble qu'il y ait pas mal de témoins, de survivants et de victimes des crimes commis dans les Residential School au Canada, qui meurent subitement. Ceux qui devaient témoigner. Est-ce une coïncidence? La vérité sortira quoi qu'il arrive. Il n'y a nulle part pour quiconque où cacher la vérité davantage et il est préférable que ceux qui ont connaissance de la vérité et ont aidé à cacher la vérité sur les meurtres des Autochtones dans les pensionnats, en parlent et le reconnaissent. Si l'allégation selon laquelle la Reine et son époux ont emporté 10 enfants autochtones canadiens  avec eux est exacte, cela prouve comment les gens d'argent et les populations caucasiennes en général ont traité les minorités autochtones tel du simple "chattal" [bétail ?]! Comment la société pense et continue à procéder à l'égard des populations des Nations Premières. À quel point le peuple caucasien privilégié estimait avoir un droit de propriété sur les Amérindiens; et sur ​​ce critère, une reproduction de l'esclavage Xian a également pris place avec une présence forcée dans les pensionnats, en les arrachant à leurs parents, leur famille et leur culture, et même en les emmenant vers d'autres pays. Cela est aussi de l'esclavage! Jamais la société n'a une seule fois pensé aux véritables familles de sang de ces enfants, pas une seule fois pensé ou peut-être, sans se soucier qu'ils participaient à un génocide culturel et à un génocide qui a anéanti environ 120 millions de Natifs dans toute l'Amérique du Nord.

Ce combat qui a pris une tournure juridique concerne les 50 000 enfants autochtones qui ont disparu au Canada. Si la Reine est aussi la Reine du Canada, alors notre Reine ne devrait-elle pas se lever pour la justice aux peuples autochtones? Les Autochtones ne sont-ils pas aussi bien son peuple? Il semble que les Britanniques aient une longue histoire sombre de traitement inhumain des autres peuples, les Autochtones, les Irlandais, les Écossais, etc... alors qu'ils essayaient de s'emparer de ces pays.  Reconnaître la vérité permettra au processus de guérison de toutes les nations de commencer. L'Histoire ne peut être révoquée plus longtemps par l'autorité législative et royale. Il s'agit de l'histoire du peuple bestial qui est la vérité sur ce qui est arrivé à 120 millions d'individus des Nations Premières, partout en Amérique du Nord. Il ne s'agit plus de protéger la souveraineté et les "idéologies vaincues" de l'Église et la domination de l'État qui ont conduit l'humanité à souffrir sous de grandes profondeurs de brutalité et de dépravation. La souffrance humaine n'est jamais justifiée dans son histoire.  Plus de cinquante mille petits enfants sans défense des Nations Premières ont le droit d'être représentés et entendus par la loi canadienne, en vertu même du droit britannique et des Nations Unies. Leurs familles survivantes ont le droit de par la jurisprudence canadienne de savoir où leurs enfants disparus sont enterrés. Les familles survivantes ont le droit de donner à ces enfants un enterrement tradionnel amérindien, à la différence des charniers anonymes où ces enfants ont été violés, assassinés et jetés en terre comme des ordures, sans la moindre considération de la part des dominants de la société que l'on appelle classe supérieure de la société.


Cette video "Winds of Change" est dédiée à la disparition de William Combes qui luttait pour la justice pour les enfants autochtones et tous les peuples des Nations Premières de toute l'Amérique du Nord, aux côtés de Kevin Annett. Repose en Paix, mon frère.



Nous avons tous vu au cours du temps commment les crimes contre l'humanité ont été infligés au peuple à cause de la domination de l'aristocracie. Il serait décevant pour moi si la Reine ne se levait pas pour ce qui est légitime et juste. J'ai toujours aimé notre Reine, j'ai toujours pensé qu'elle était chargée de l'un des pires emplois dans l'humanité, souveraine et royale, sous le regard public minutieux depuis qu'elle est née et qu'elle a fait du mieux qu'elle pouvait avec ce qui lui a été enseigné, qu'il ne lui a été donné aucun choix en étant Reine ou dans sa vie, c'était son sort et son destin à partir du moment où elle est née.

Qu'elle a été chargée des rênes bestials de l'héritage de ses ancêtres de la tyrannie d'une gouvernance et d'un passé royaux ancestraux barbares. Un passé Royal Britannique de ses ancêtres qui ont pris pour cible et ont cherché à s'emparer d'autres nations et peuples. Donc, ça me dérange et me bouleverse de lire que ma reine prendrait part à quelque action malveillante contre les Nations Premières qui font partie de mes ancêtres. Mon idée d'une véritable Reine, c'est une Reine qui représente les droits de toutes les personnes en quête de justice au nom de leur peuple. Une Reine de la vérité qui reconnaîtrait avoir fait du tort à un autre peuple/son peuple, si c'est vrai. J'espère voir ça chez la Reine du Canada Elizabeth II dans un proche avenir.



Star Eyewitness, qui a cité la reine d'Angleterre dans les enlèvements d'enfants indigènes, est mort subitement à l'Hopital de Vancouver. Un rapport spécial de Kevin D.Anette, 1er mars 2011 :

William Combes, Eyewitness, 1952-2011 Vancouver, Canada: l'homme autochtone qui revendiquait témoigner de l'enlèvement de dix camarades, enfants du pensionnat, par la reine d'Angleterre et son époux en Octobre 1964, à l'école catholique de Kamloops en Colombie-Britannique, est décédé subitement à l'Hôpital Catholique St. Paul de Vancouver.

William Combes, âgé de 59 ans et en bonne santé, devait être un témoin primordial à la séance d'ouverture du Tribunal International sur les crimes de l'Église et l'État (ITCCS) le 12 Septembre à Londres, en Angleterre. J'ai vu William pour la dernière fois il ya dix jours, à la veille de mon départ pour une tournée de conférences européenne, et il semblait en meilleure forme que je ne l'avais vu depuis des années. Selon sa compagne Mae, William avait une santé équilibrée et a été confié à un nouveau médecin à l'Hôpital St. Paul la dernière semaine. William a ensuite été admis à l'hôpital pour des "tests", et sa santé commença à se dégrader immédiatement. Il est décédé subitement hier d'une cause encore inconnue. Le Bureau du Coroner de Vancouver refuse de commenter la mort de William.

William était le seul survivant d'un groupe de trois garçons autochtones qui prétendaient avoir été témoins de l'enlèvement de dix enfants au cours d'une visite royale au pensionnat de  Kamloops,  à la mi-Octobre 1964, lorsque la reine et le prince Philip ont été au Canada.

« Ils ont pris ces dix enfants et personne ne les a jamais revus », décrit William, dans plusieurs déclarations publiques faites sur les ondes de mon ancienne émission radio Vancouver Co-op, et dans la déclaration suivante signée et certifiée faite le 3 février 2010:

« Je suis un danseur de l'Esprit Interior Salish et je suis âgé de 58 ans. J'habite à Vancouver, Canada. Je suis un survivant de Kamloops et des pensionnats de la Mission Indienne, tous deux gérés par l'église catholique romaine.

J'ai souffert de terribles tortures,  en particulier entre les mains du frère Murphy, qui a tué au moins deux enfants. J'ai été témoin qu'il a jeté un enfant d'un balcon du troisième étage, causant sa mort. Il m'a mis torturé et brisé quelques uns de mes os, dans le sous-sol de l'école de Kamloope, après que j'aie tenté de m'enfuir. J'ai aussi vu lui et un autre prêtre enterrer un enfant dans le verger de l'école, une nuit. En Octobre 1964, quand j'avais 12 ans, j'étais un détenu à l'école de Kamloops et nous avons été visité par la Reine d'Angleterre et le prince Phillip. Je me souviens que c'était étrange, car ils sont venus tous seuls,  sans grande fanfare ni rien d'autre. Mais je les ai reconnus et directeur de l'école nous a dit que c'était la reine, et nous avons tous reçus de nouveaux vêtements et de la bonne nourriture pour la première fois depuis des mois à la veille de son arrivée.

Le jour où la reine vint à l'école, je faisais partie d'un groupe d'enfants qui partit en pique-nique avec elle et son mari et quelques-uns des prêtres, jusqu'à une prairie près Dead Man’s Creek. Je me souviens que c'était bizarre car nous avons tous dû nous courber devant elle et lui baiser le pied, une botte blanche lacée. Après un certain temps, j'ai vu la reine quitter le pique-nique avec dix enfants de l'école, et ces enfants ne sont jamais revenus. Nous n'avons jamais rien entendu de plus à leur sujet et ne les avons jamais rencontrés à nouveau, même quand nous étions plus âgés. Ils étaient tous des environs mais ils ont tous disparu. Le groupe qui a disparu était composé de sept garçons et trois filles, âgés de six à quatorze ans. Ils étaient tous du "smart group" [groupe des bons élèves?] en classe. Deux des garçons étaient frères et ils étaient des Métis de Quesnel. Leur nom de famille était Arnuse ou Arnold. Je ne me souviens pas des autres, juste un prénom comme Cecilia et il y avait un Edward.

Ce qui est arrivé a également été attesté par mon ami George Adolph, qui avait 11 ans à l'époque et était aussi élève là-bas. Mais il est mort, à présent.
»

Je crois que William Combes est mort d'un coup tordu, et que son assassinat a été arrangé par ceux qui risquaient de perdre à cause de ses déclarations concernant son témoignage sur les enlèvements d'enfants et d'autres crimes de meurtres et de tortures dans les pensionnats indiens de l'Eglise Catholique. Je suis en train d'écrire un éloge qui sera bientôt publié pour mon ami et compagnon de lutte, William Arnold Combes. Comme un autre militant autochtone de première ligne assassiné, Johnny Bingo Dawson, qui a été tué par la police de Vancouver en 2009, William ne sera jamais oublié - et ceux qui l'ont tué volontairement, comme le système qui a causé la mort de tant d'enfants, seront portés devant la vraie justice. Ses assassins n'ont pas gagné. Les déclarations enregistrées de William, y compris son témoignage sur les enlèvements de 1964, ont été enregistrées dans les archives de notre ITCCS, et seront rendues publiques lors de notre séance d'ouverture le 12 Septembre 2011. Je proposerai à l'exécutif du ITCCS que William Dawson Combes et Johnny soient tous les deux nommés Aînés Honoraires posthumes du Tribunal. En leur nom et leur mémoire, et pour tous les enfants.



Voir les preuves du Génocide au Canada sur  coeur www.hiddennolonger.com et sur le site du Tribunal International sur les crimes de l'Église et de l'État à  coeur www.itccs.org . Regardez le film documentaire primé de Kévin UNREPENTANT sur son site  coeur www.hiddenfromhistory.org .

« Nous allons mettre en lumière les œuvres cachées des ténèbres et conduire la fausseté à l'abîme. Pour que toutes les doctrines fondées sur la tromperie ou nourries par la peur soient confondues par la Vérité. », écrivit Pierre Annett, ancêtre de Kevin, dans The Free Inquirer du 17 octobre 1761, juste avant d'être emprisonné par la Couronne d'Angleterre pour "diffamation blasphématoire".

« J'ai donné à Kevin Annett son nom indien, Aigle à la Voix Forte, en 2004, quand je l'ai adopté dans notre nation Anishinabe. Il porte ce nom avec fierté parce qu'il accomplit le travail qu'il a été envoyé faire, parler à son peuple de leurs fautes. Il parle avec force et vérité. Il parle de nos enfants volés et assassinés. Je demande à tous de l'écouter et de lui souhaiter la bienvenue ». Chef Louis Daniels - Wind Whispers Elder, clan de la Tortue, Nation Anishinabe, Winnipeg, Manitoba.




source:
arc en ciel http://paganmediabytes.com/truthmedia/uncategorized/star-eyewitness-who-named-queen-of-england-in-abduction-of-aboriginal-children-dies-suddenly









« Lorsque nous demandions à nos "professeurs" ce qu'ils pensaient des cristaux, ils nous empêchaient de regarder dans cette direction, souvent en émettant des sarcasmes à haute voix, " les cristaux sont de jolies roches pour les enfants, n'y portez pas attention ". Lorsque nous demandions ce qu'ils pensaient des Amérindiens d'Amérique, ils maugréaient " des races d'atlantéens morts, perdus dans la magie noire, n'y portez pas attention ". Après avoir quitté l'ordre, j'ai découvert que le contraire était vrai. Pas surprenant qu'ils ne voulaient pas que nous regardions dans cette direction. »

« Les reptiliens ont certains traits particuliers.
Six orteils, une malédiction.
Le gigantisme, une autre malédiction.
Maintenant, grâce aux croisements avec les vieilles réserves Atlantéenes (Amérindiens et Tibétains sont les derniers descendants vivants des habitants d'Atlantis)...
Marilyn Monroe avait six orteils. Elvis Presley, six orteils. Prince William Arthur, SIX ORTEILS.
Maintenant ils ont appris - en appelant le Dr. White, le Dr. Green, le Dr. Brown - à modifier génétiquement le gigantisme et, dans les ordres reptiliens inférieurs, les six orteils. Mais l'Élite Reptilienne les a toujours.
»

« Comme il a déjà été dit, en faisant des croisements avec les Amérindiens, ils ont été en mesure de se débarrasser des six orteils, et de leur gigantisme, d'où tous les kidnappings d'Amérindiens.
Voilà pourquoi l'enlèvement de QUICONQUE avec de l'ADN Amérindienne dans leurs veines. Ils ont besoin de l'ADN pour introduire leurs reproducteurs. Et ces "demies-races" - à moitié Nephilims et à moitié humains - sont ceux que vous voyez autour de vous, ayant l'air relativement normaux. Jusqu'à ce qu'ils se métamorphosent.
Compris?
»

Don Bradley

:star:http://transition888.heavenforum.org/t300-textes-extraits-du-blog-de-cbswork-don-bradley
étoile 1 http://transition888.heavenforum.org/t350-textes-extraits-du-blog-de-cbswork-suite-don-bradley




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MessageSujet: Re: NATIVE AMERICAN GENOCIDE AND THE NEW WORLD ORDER   Ven 30 Sep 2011 - 11:22

UNREPENTANT: KEVIN ANNETT AND CANADA'S GENOCIDE











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MessageSujet: Re: NATIVE AMERICAN GENOCIDE AND THE NEW WORLD ORDER   Dim 9 Juin 2013 - 22:57

DÉCOUVERTE D'UN CHARNIER D'ENFANTS AU CANADA





Fin 2011 à Brantford en Ontario, une page de l'histoire a été tournée avec la découverte d'une preuve médico-légale de l'inhumation d'enfants dans le plus ancien pensionnat indien du Canada.

Malgré les tentatives ultérieures de l'Église et de la Couronne d'Angleterre et de leurs agents indiens pour discréditer et masquer la preuve de leurs crimes, cette première mise au jour d'un charnier a suscité de nouvelles révélations sur le génocide du Canada.

Après la première preuve d'un charnier, près de l'Institut Mohawk géré par l'église anglicane à Brantford en Ontario, qui a été exhumé entre septembre et novembre 2011, ces organismes responsables de la mort d'enfants dans ce "pensionnat indien" le plus ancien du Canada, ont monté une énorme campagne de sabotage pour stopper les fouilles et masquer les preuves. Cette tentative pour étouffer l'affaire a impliqué en fait l'archevêque de Canterbury à Londres, Rowan Williams, le Primat anglican du Canada, Fred Hiltz et Buckingham Palace.

Ce sabotage a temporairement stoppé l'exhumation des tombes de l'Institut Mohawk – première fouille indépendante jamais entreprise dans les pensionnats canadiens. Mais des preuves, bien que dissimulées, ont confirmé que des enfants sont bien enterrés là.

Ce rapport est la récapitulation de ce qui a été découvert à l'école Mohawk, et il rappelle au monde que des preuves médico-légales ont maintenant concrétisé que la Couronne d'Angleterre, le Vatican et le gouvernement canadien et ses églises sont responsables de la mort de plus de 50.000 enfants à travers le Canada.

Ce rapport comprend les compte-rendus sur le terrain originaux des exhumations de l'Institut Mohawk, des enregistrements de vidéos des exhumations et la découverte des os et fragments d'uniformes scolaires qui ont été mis au jour dans les terrains des anciennes écoles, ainsi que d'autre matériel qui les confirme.




Contexte

En avril 2011, dix anciens de tradition de la nation Grand River Mohawk ont adressé une invitation écrite à Kevin Annett et à l'ITCCS pour mener sur leurs terres une enquête sur des enfants qui étaient portés manquants près du "Mush Hole": le nom qu'ils donnent à l'Institut Mohawk, fondé en 1832 par la Couronne et l'Église d'Angleterre, avec des rapports indiquant qu'en moyenne 40 % des enfants décédèrent jusqu'à sa fermeture en 1970. (voir la pièce n°1 en d'appendice, ci-dessous)

L'invitation des Mohawk a autorisé Kevin et son équipe à travailler avec des spécialistes pour enquêter sur les terres de l'ancien pensionnat, et chercher les restes des enfants que des témoins oculaires prétendaient enterrés à l'est du bâtiment de l'Institut, qui est toujours intact.

L'enquête et le travail d'exhumation sur les terres de l'ancienne école commencèrent le 29 septembre 2011, et la première phase se poursuivit pendant deux semaines jusqu'au 11 octobre. La seconde phase, qui comprenait des exhumations intensives ayant mise au jour les os et vêtements précités, dura quatre jours, entre le 21 et le 24 novembre inclus.

L'équipe au cœur du projet était composée de Kevin Annett et Lori O'Rorke pour l'ITCCS, quatre membres de la nation Mohawk dont deux aînés mohawk autorisés, Cheryl et Bill Squire, un technicien radar pour la fouille des sols, Clynt King, deux spécialistes consultants en médecine légale et archéologie, Kris Nahrgang de l'université de Trent et Greg Olson du Bureau du coroner de la province de l'Ontario, et un médecin-légiste, le Dr Donald Ortner de l'institut Smithsonian de Washington DC.

La troisième et dernière phase de ce projet de départ se déroula pendant le mois de janvier 2012, avec des interviews de témoins oculaires-clé qui avaient accès aux archives de l'église anglicane.



Antécédents des découvertes d'ossements d'enfants à l'Institut mohawk

Notre projet démarra en partie en raison de la découverte en 2008 d'ossements d'enfants près du bâtiment scolaire de l'ancien Institut mohawk/"Mush Hole", et auparavant en 1982.

Tara Froman, curatrice du centre Woodland – un musée adjacent au bâtiment toujours existant de l'ancien Institut mohawk – , rapporta en avril 2011 à Kevin Annett que, pendant la reconstruction du plancher du centre Woodland, dans le courant de l'année 2008, un employé nommé Tom Hill découvrit ce qui s'avéra être l'avant-bras d'une adolescente.

Cet os fut analysé par le Bureau du Coroner de la province et ensuite "mis sous scellés" par Barb Harris, un employé de la Confédération des Six Nations financée par l'état.

Un incident semblable s'était produit pendant la construction à l'époque du centre Woodland au printemps 1982, selon Tara Froman. La construction stoppa à cause de la découverte, tout de suite à l'ouest du bâtiment de l'Institut mohawk, du squelette d'un petit enfant.

Froman dit qu'elle fut réduite au silence au sujet de cette découverte, et que les restes furent "emportés" par la police provinciale de l'Ontario, vers un possible "entreposage en profondeur" au Musée Royal de l'Ontario à Toronto.



Fouilles de Mush Hole: phase 1 (29 septembre-11 octobre 2011)

La phase 1 du projet se composait d'interviews de survivants de Mush Hole et des débuts d'investigation par radar sur les terres de l'ancienne école. L'opération radar était supervisée par Clynt King, technicien employé par la confédération des six nations, organisation non-traditionnelle financée par l'état.

Un groupe de six survivants du Mush Hole fut rassemblé et interviewé en vue d'indices pour l'emplacement possible de tombes d'enfants dans le bâtiment scolaire ou à côté. En se basant sur ces informations, le radar commença son enquête sur des terrains immédiatement à l'est du bâtiment, un terrain vallonné et accidenté où un survivant de l'école, Geronimo Henry, aurait vu des enfants enterrés au début des années 50.

Effectivement, l'investigation par radar détecta immédiatement ce que le technicien radar Clynt King appela "une dislocation massive du sol et des perturbations anormales" dans la zone est et adjacente au bâtiment Mush Hole. (voir pièces n°2 et 3)
Selon King, au deuxième jour de l'investigation radar (30 septembre 2011):
« Il apparaît au radar qu'au moins entre 3 m et 4,50 m de terre ont été déplacés et remis en place sur le terrain d'origine à l'est et au sud-est du bâtiment scolaire. C'est sans aucun doute une anomalie du sous-sol, signifiant que c'est de la terre qui a été déposée là.

Le survivant Geronimo Henry (né en 1936) a corroboré le même jour:
« Aucun monticule ne se trouvait là quand j'étais au Mush Hole (note: 1944-1953). Tout était plat, à l'époque. Tout a été rajouté, exactement à l'endroit où je les ai vus creuser une nuit pour enterrer un petit enfant. »

Fait significatif, dans la même zone générale, Geronimo Henry prétend aussi avoir vu des camarades de classe de Mush Hole qui avaient été mis dans une citerne enterrée en guise de punition. Henry raconte:
« Certains de ces enfants y sont descendus et n'en sont jamais sortis. Je me souviens que c'est arrivé à une fille qui n'avait que neuf ou dix ans. »

La citerne en ciment dont parlait Geronimo Henry fait environ 3 mètres par 4,80 m, et se trouve tout de suite au sud de l'aile est (celle des filles) du bâtiment principal de l'école. Le couvercle de la citerne est cassé, rendant le caisson souterrain accessible.

Des membres de l'équipe de l'ITCCS explorèrent le caisson de la citerne enterrée le 5 octobre 2011 et découvrirent des os, apparemment de petits animaux, qui étaient disséminés sur le sol boueux de l'intérieur cimenté, avec des chaises et des déchets. L'équipe retourna ce soir-là avec une perceuse et creusa la paroi souterraine faisant face au bâtiment de l'école, et découvrit beaucoup de terre meuble et déplacée, ainsi qu'un tuyau de drainage venant de l'école.

Des graffitis incohérents d'enfants furent aussi détectés sur les murs, confirmant que des enfants avaient bien séjourné dans la citerne.

Côté extérieur du bâtiment, à l'opposé de la citerne, sur la paroi nord de l'école, le sommet d'une arche fut aussi découverte. Cette arche était presque entièrement recouverte de terre inégale et compactée que les survivants Geronimo Henry et Roberta Hill prétendent ne pas avoir vue là dans les années 50. Il semble que l'arche soit le sommet d'une porte enterrée menant à un sous-sol qui avait été caché par des dépôts de terre.

L'existence de ce sous-sol est significative de par le fait que d'autres survivants de l'école décrivent avoir été emmenés en punition, étant enfants, dans une chambre "dans le sous-sol". Concernant cette chambre en sous-sol contenant des anneaux et des chaînes sur les murs, une survivante qui désire l'anonymat déclare qu'elle y avait vu des enfants enfermés en 1959 ou 1960.

Une cousine de l'aîné mohawk Yvonne Hill a déclaré, le 6 octobre 2011, qu'un tunnel souterrain bouché part de cette chambre en sous-sol et conduit vers la chaufferie d'une ancienne serre sur le terrain du centre culturel de Woodland, et « c'est là qu'ils enterraient les enfants qui étaient morts. »
(Note: le même endroit du centre Woodland où des restes de squelette d'enfants ont été déterrés et ensuite cachés en 1982 et 2008 – voir ci-dessus)

On peut relier la connexion entre la chaufferie et le prétendu tunnel souterrain à la pratique courante des pensionnats indiens d'incinérer les corps des enfants et des nouveaux-nés qui étaient morts ou avaient été tués sur place.

L'investigation par radar des terrains du Mush Hole incluait un total de quatre zones quadrillées vers le nord et le nord-est du bâtiment. La taille totale des quadrillages était de 400 m².

Le 6ème jour de l'enquête par radar (4 octobre), Dale Bomberry, directeur des opérations pour la confédération non-traditionnelle financée par le gouvernement des six nations, interdit soudain à l'équipe de l'ITCCS de continuer à utiliser l'équipement radar. Bomberry ordonna à Clynt King de cesser ses activités et toutes les données de l'investigation par radar furent saisies par Bomberry.

Le 8ème jour (6 octobre), le patron de la confédération des six nations, Bill Montour, fut appelé à Ottawa pour "consultations " avec le gouvernement.

Le même jour, des menaces de violence physique furent adressées à Kevin Annett par trois employés de la confédération – Tom Powless, Sean Toulouse et un cousin de Dale Bomberry. Ce soir-là, la citerne enterrée fut ouverte et explorée par des personnes inconnues.

Le 9ème jour (7 octobre), des membres des Men's Fire, une force de sécurité mohawk qui travaille en étroite collaboration avec l'équipe de l'ITCCS, découvrirent plusieurs boîtes de dossiers du pensionnat dans le sous-sol, juste au-dessus de la chambre souterraine décrite plus haut. Les membres des Men's Fire furent arrêtés en vingt minutes par l'équipe de la confédération et filmés.

Le même jour, Montour annonça qu'aucun soutien ultérieur dans l'enquête du Mush Hole ne serait proposé par la confédération, bien que Montour ait avalisé l'enquête et les fouilles deux jours plus tôt (voir la pièce n°4, journal Tekawennake du 5 octobre 2011, p.2).

En conséquence, cette première phase de l'enquête fut suspendue le 11 octobre pour donner l'occasion aux aînés mohawk qui la parrainaient et à l'équipe de l'ITCCS d'analyser les événements et de planifier comment continuer face au sabotage et à la résistance grandissants du "chef et du conseil" financé par le gouvernement.



Fouilles du Mush Hole : interrègne (11 octobre – 21 novembre 2011)

Après une série de consultations entre l'équipe de l'ITCCS et les aînés mohawk, ainsi que le groupe des Men's Fire, il fut unanimement décidé de continuer l'enquête du Mush Hole et les fouilles, en fonction de ce qui avait été découvert jusqu'ici.

De nombreuses tentatives pour contacter le technicien radar Clynt King et obtenir les données obtenues pour les terrains du Mush Hole furent infructueuses. King serait en "congé de longue durée" et la confédération des six nations refusa de publier les données de l'investigation par radar.

Il fut décidé en conséquence de procéder en direct à une fouille-test dans la zone la plus probable qui correspondrait aux sites d'inhumation, en se basant sur l'investigation radar et les récits des témoins oculaires.
Une équipe de fouilles consistant en 7 personnes fut créée, avec les Men's Fire qui assureraient la sécurité du site. L'équipe de fouilles comprenait Kevin Annett, Cheryl Squire (représentante des aînés), Nicole et Warren Squire, John Henhawk, Franck Miller (pour filmer) et Yvonne Fantin.

Le besoin d'une sécurité autour des fouilles était accru à cause des efforts continuels du sabotage de l'enquête de la part d'employés indiens payés par le gouvernement sous la conduite de Jan Longboat, un habitant local. Longboat commença des approches auprès des aînés mohawk en calomniant Kevin Annett et en leur offrant même de l'argent.

En conséquence, et pour obtenir un soutien aussi bien international que de la part du public, les aînés mohawk qui parrainaient l'affaire donnèrent une autorité et une permission absolues à l'équipe de fouilles de ne pas simplement retrouver les restes enterrés dans le terrain du Mush Hole mais de rendre les découvertes publiques, en les partageant aussi avec les médias.

Cette autorisation très importante fut déclarée ouvertement et reconnue comme faisant partie du mandat de l'équipe de l'ITCCS.
Les fouilles près du bâtiment de l'Institut mohawk commencèrent le 21 novembre 2011.



Fouilles du Mush Hole : phase 2 – 21-24 novembre 2011

L'équipe de fouilles prépara un quadrillage de 9m x 9m à environ 50 mètres à l'est du bâtiment de l'ancienne école, sur une terre légèrement arborée où les témoins Geronimo Henry et Roberta Hill avait vu des enfants enterrés. Le quadrillage fut balisé en ajoutant 1 mètre et fut localisé et aligné avec un repère GPS.

Le jour 1 de la fouille, le premier quadrillage dans le coin supérieur gauche du site, désigné comme quadrillage A1, fut nettoyé de tous ses buissons, débarrassé de la terre de surface et creusé sur 30 centimètres.

Dans cette première couche supérieure, niveau 1, deux fragments d'os assez gros furent découverts presque immédiatement, en association avec de nombreux morceaux de verre, de charbon et de brique. Les os mesuraient entre 5 et 7 cm, et l'un d'eux semblait faire partie d'une colonne vertébrale, soit celle d'un animal, soit d'origine humaine. L'autre, un os plus long, avaient clairement été découpé ou haché. (voir pièce n°5)

Le jour 2 (22 novembre), une nouvelle preuve significative fut obtenue lorsque le second niveau fut ouvert à une profondeur entre 30 cm et 60 cm. Cette preuve montrait de nombreux petits boutons blancs et bruns en os et bois plutôt qu'en plastique: clairement d'avant les années 50.

Ces boutons furent plus tard identifiés par les survivants du Mush Hole Geronimo Henry, Roberta Hill et Lorna McNaughton comme provenant indéniablement d'uniformes scolaires de filles pendant les années 40.

Le même type de boutons fut trouvé continuellement, associé à d'autres fragments d'os, certains de 10 cm de long, et de plusieurs dents. Ces os et dents, avec encore plus de morceaux de briques et de charbon, devinrent de plus en plus nombreux en creusant plus profondément jusqu'à une profondeur finale de 56 cm. L'un des os portait une marque apparente de brûlure, et plusieurs autres portaient de signes de découpe.

De plus, d'autres éléments de vêtements furent déterrés à ce niveau 2, dont la semelle d'une chaussure de style ancien, et des morceaux d'une couverture de laine verte que la survivante Roberta Hill confirma avoir été utilisée dans les dortoirs du Mush Hole. Un morceau plus grand de couverture de plusieurs mètres carrés était coloré de taches couleur rouille.

Pendant les jours 3 et 4 (23-24 novembre) il fut déterré encore d'autres preuves significatives avec une extension des fouilles à la base du niveau 2 à une profondeur de 60 cm, et sur une longueur de 2,60 m en dehors du premier quadrillage A1 vers le quadrillage A2.

Ces preuves consistaient en des fragments d'os et des boutons supplémentaires emmêlés dans les racines d'un petit arbre qui fut déraciné dans les quadrillages A1-A2. La signification de la découverte de boutons emmêlés dans les racines de l'arbre est indiquée dans la déclaration de la survivante Roberta Hill:
« À chaque fois que des enfants de notre dortoir mouraient, ils étaient enterrés à l'est de l'école et un arbre était planté au-dessus de leurs tombes. Les employés en parlaient couramment entre eux. »

Un échantillon de ces boutons artefacts déterrés sur le site A1-A2 se trouve sur la pièce n°6.

À la fin du jour 4 des fouilles, il fut décidé d'arrêter temporairement les excavations pour permettre aux spécialistes d'analyser et d'identifier les artefacts, et de publier une déclaration publique sur ce qui avait exhumé.



Analyse et réponse après les fouilles : l'enquête déraille

Le 1er décembre 2011, une réunion de l'équipe de fouilles, des aînés mohawk et de deux spécialistes de médecine légale fut organisée au centre Kanata tout proche, à 800 mètre du bâtiment du Mush Hole et du site de fouilles. Le centre, géré par des aînés traditionnels mohawk non liés au gouvernement, en désaccord avec la confédération des six nations, servit de poste d'opérations pour l'enquête.

Les deux spécialistes de médecine légale, l'archéologue Kris Nahrgang de l'université de Trent et Greg Olson du bureau du coroner, examinèrent soigneusement les os déterrés du site A1-A2 et en vinrent à la conclusion suivante:

  1. Olson et Nahrgang furent tous deux d'accord que l'un des os déterrés faisait partie de l'articulation d'un genou d'un « enfant probablement entre 4 et 5 ans » (Olson). (Voir pièce n°7) Olson déclara: « Personnellement, je suis sûr à 99 % que c'est un os humain et je mettrai ma réputation en jeu s'il le fallait. »

  2. Les deux hommes furent d'accord que le site de fouilles devrait être davantage creusé pour exhumer d'autres preuves et ils recommandèrent qu'il était impératif de démarrer au printemps une excavation à grande échelle par des professionnels au Mush Hole, après le dégel du sol.

  3. Greg Olson recommanda d'aller chercher un mandat de perquisition au coroner provincial à la lumière de cette découverte probable de restes humains, pour pouvoir faire des recherches poussées dans les archives de l'église anglicane pour corroborer les preuves. Olson s'engagea à soutenir publiquement et à participer à ce genre d'action.
Moins d'une semaine plus tard, le 6 décembre, Greg Olson informa cependant Kevin Annett par téléphone qu'il avait été réprimandé par son "employeur" – on suppose le bureau du coroner – pour son partage de l'enquête du Mush Hole, et qu'on lui avait ordonné de ne pas continuer, « même pendant ses heures de loisir ». Après cela, ni lui, ni Kris Nahrgang – qui refusa de répondre au téléphone et aux emails – ne continuèrent à participer à l'enquête des fouilles par l'ITCCS. (voir pièce n°8 pour les copies des notes sur le terrain de l'enquête et des fouilles).

À la suite de quoi, et selon les instructions des aînés mohawk, Kevin Annett posta le 8 décembre 2011 treize échantillons d'os, dont celui du genou identifié par Greg Olson et Kris Nahrgang comme "probablement humain", au Dr Donald Ortner, doyen des médecins-légistes au Smithsonian Institute de Washington, DC.

D'autres échantillons furent envoyés au Dr Ortner le 10 janvier 2012.

Le Dr Ortner appela Kevin au téléphone le 30 janvier et lui dit qu'il « penchait pour voir dans les échantillons des restes d'animaux », bien qu'il nuança son affirmation avec une remarque:
« Certains pourraient facilement être humains, mais ils sont trop petits pour le dire. J'ai besoin de faire des tests plus coûteux pour en être sûr. »

Le Dr Ortner indiqua clairement qu'il n'avait jeté qu'un coup d'oeil superficiel aux échantillons, mais il promit de les étudier plus à fond et il accepta de travailler à l'avenir avec l'équipe de l'ITCCS pour les fouilles du Mush Hole.

Le 29 avril 2012, le Dr Ortner mourut soudainement d'une apparente crise cardiaque; il avait 73 ans et était en excellente santé. Juste avant sa mort, Ortner avait parlé au téléphone avec Kevin Annett en lui disant qu'il était d'accord pour participer à la phase suivante des fouilles du Mush Hole, dès qu'il aurait rencontré les aînés mohawk début mai.

Le Dr Donald Ortner était un spécialiste mondial dans l'identification de maladies des restes humains – comme la tuberculose à laquelle les enfants du Mush Hole étaient délibérément exposés, et qui tua des milliers de pensionnaires.

Pendant la période conduisant à la mort du Dr Ortner et au sabotage des fouilles du Mush Hole, entre janvier et mai 2012, une campagne incessante de peur et de désinformation fut lancée sur internet et dans la communauté mohawk contre l'enquête de l'ITCCS et Kevin Annett.

Cette campagne de sabotage était menée par l'employé du gouvernement Jan Longboat, le chef de la confédération des six nations Bill Montour et d'autres à la solde de Longboat, dont un ancien participant de l'équipe de fouilles, Frank Miller, que Longboat avait, de son propre aveu, recruté par des sommes d'argent. Cette campagne stoppa en fait les fouilles et l'enquête du Mush Hole.

Néanmoins, trois personnes de l'église anglicane se rapprochèrent de l'équipe de l'ITCCS à la même période avec des informations vitales sur cette campagne pour réduire au silence et dissimuler, ainsi que des preuves supplémentaires de crimes au Mush Hole.



Leona Moses

Le 2 décembre 2011, Kevin Annett et l'Aîné Cheryl Squire furent invités à la maison de la résidente mohawk et ancienne chercheuse de l'église anglicane Leona Moses, à Oshweken. Moses avait contacté Cheryl Squire de sa propre initiative le jour précédent. Elle déclara à Kevin et Cheryl quand ils entrèrent chez elle:
« Je veux que la vérité apparaisse au monde. L'église étouffe l'affaire depuis trop longtemps. »
Leona Moses partagea ce qui suit avec Kevin et Cheryl pendant les heures suivantes :

  1. Bien qu'employée pendant l'année 1998 par le diocèse huron de l'église anglicane du Canada pour examiner les archives et documents provenant de cet institut mohawk, le pensionnat "Mush Hole" de Brantford, Leona Moses (LM) trouva des pièces qui montraient que des enfants décédèrent continuellement à l'école pendant de nombreuses années, et que l'église et le gouvernement étaient au courant pour ces morts et ne firent rien pour les arrêter ou même en connaître la cause.

  2. Ces archives faisaient partie d'une collection nommée "G 12" détenue dans les archives du collège huron à London, Ontario, sous l'autorité de l'évêque du diocèse huron à ce moment-là, Bruce Howe. Les archives sont maintenant interdites d'accès public par l'actuel évêque, Bob Bennett.

  3. LM a lu personnellement des documents décrivant la pratique régulière de priver de nourriture et d'aide médicale les enfants du Mush Hole, de laisser ignorants les parents concernant leur état maladif et de n'améliorer l'alimentation à l'école que pendant les visites officielles des inspecteurs sanitaires du gouvernement. Ces documents ont été recopiés et envoyés au département des Affaires indiennes à Ottawa.

  4. Après enquête aux Affaires indiennes d'Ottawa en 1998, un juriste du département a dit à LM: « Le G 12 est fermé au public et ne peut jamais être évoqué. » LM a demandé alors à sa collaboratrice Wendy Fletcher (WF/ récemment partie en retraite de l'école de théologie de Vancouver) de l'aider à accéder aux archives et WF lui a dit:
    « Il y a plus de 30.000 documents dans les archives du diocèse qui sont sous scellé, et un bon nombre d'entre elles pourraient mettre l'église à bas. »

  5. LM a vu un « document particulièrement accablant » dans les archives qu'elle appelait « une preuve flagrante »: « quelque chose semblant officiel, signé et cacheté », daté de l'année 1870. C'était un accord formel entre la Société de Nouvelle-Angleterre, créatrice du Mush Hole, la Couronne d'Angleterre/l'église anglicane et des chefs non mohawk de la confédération des six nations gérée par l'état. L'accord transférait l'autorité sur l'école Mush Hole à la confédération, en stipulant que l'école prendrait pour cible des mohawks en vue de les incarcérer et de les exterminer. Les chefs de la confédération furent d'accord pour collaborer à ce plan.

  6. LM vit ce document génocidaire une seule fois, « et ensuite il disparut, Wendy dit que c'est dans la collection G 12. » L'archiviste régulier du diocèse fut ensuite renvoyé. On dit après cela à LM, que pour continuer à travailler, elle devrait accepter volontairement d'être placée sous une ordonnance de non-publication ou ce que l'évêque d'alors nommait un "vœu de silence" pendant dix ans. LM refusa et démissionna. WF accepta d'être réduite au silence par un tel ordre et fut employée ensuite comme "chercheuse officielle" du diocèse.

  7. L'évêque Bruce Howe étendit ce "vœu de silence" à tous les employés et les membres du clergé du diocèse. Certains membres du clergé démissionnèrent ou furent transférés ailleurs. WF dit à LM, quelques mois après que cette dernière ait démissionné, qu'elle, WF, avait été menacée de poursuite judiciaire si elle dévoilait quoique ce soit de la collection G 12. LM rappela que:
    « Wendy Fletcher craignait pour sa vie... Je lui ai offert refuge, surtout après que l'une de ses secrétaires soit morte soudainement après avoir aidé Wendy à fouiller plus profondément dans les archives ecclésiastiques de l'histoire du Mush Hole quand elles étaient à Londres, en Angleterre. » (LM, 2 décembre 2011).

  8. Avant de démissionner du comité de recherche du diocèse, LM vit des lettres décrivant comment le principal du Mush Hole, John Zimmerman (en fonction de 1936 à 1948) enlevait régulièrement des filles de l'école pour les emmener dans des maisons de riches résidents privés de Brantford pour les violer et en faire commerce. LM rencontra au moins une femme du lieu, une mohawk sans domicile fixe de Brantford, qui en fut victime.

  9. LM vit aussi des documents décrivant qu'on refusait délibérément de donner aux enfants des vêtements chauds ou des pyjamas "comme allant de soi", et que des maladies et des morts à cause du froid étaient courantes. Ces décès et ces situations étaient régulièrement rapportés à l'église par les parents mohawk, sans aucune réponse ou amélioration.

  10. Après avoir réduit au silence l'équipe du diocèse, l'évêque Howe prit sa retraite et fut remplacé par l'actuel évêque Bob Bennett, qui poursuivit la politique de dissimulation et de mise sous le boisseau. Bennett ordonna aussi la destruction des archives de l'école rédigées par des étudiants et des membres de l'équipe.

  11. Peu de temps après le démarrage des fouilles du Mush Hole par l'ITCCS fin novembre 2011, l'évêque Bennett rencontra LM chez elle et il demanda à connaître ce qu'elle avait découvert dans les archives du diocèse concernant les archives rédigées par les étudiants et l'équipe. Bennett confirma à LM que l'église était au courant de tous les crimes et des morts d'enfants, mais, que pour cette raison, on interdisait tout accès public aux preuves.
    Bennette parla aussi à LM d'une réunion organisée en 2006 au centre de l'Église Unifiée Five Oaks pendant laquelle un membre du Parlement, le clergé de l'Église Unifiée et "des médecins" décrivirent les meurtres du Mush Hole, y compris les meurtres de nouveaux-nés à cet endroit ainsi que ceux dans les pensionnats catholiques locaux.

  12. L'évêque Bennett dévoila aussi à LM que les églises anglicanes, catholiques et unifiées avaient passé un accord avec le gouvernement canadien au moyen duquel ce dernier (c'est à dire les contribuables) assumerait toutes les responsabilités financières pour les crimes des pensionnats, en échange de quoi les églises promettraient de révéler toutes leurs preuves. Mais (pour citer Bennett):
    « Nous sommes tombés d'accord entre nous que nous ne pourrions jamais publier certains types d'informations, même si cela voulait dire manquer à sa promesse. »

  13. Après les remarques de Bennett indiquant que l'église anglicane avait trompé délibérément les canadiens, LM alla trouver le Primat de l'église anglicane du Canada, Fred Hiltz, et lui demanda d'ordonner à Bennett d'ouvrir les archives du G 12. Hiltz refusa, déclarant, en mentant: « Je n'ai aucune autorité sur les évêques. »

  14. LM apprit que l'agence qui avait créé le Mush Hole, la Société de Nouvelle-Angleterre, basée à Londres, en Angleterre, finançait toujours les "mohawks anglicans", et que le chapelain de la Reine, l'évêque John Wayne, avait joué un rôle direct en ordonnant un non-accès à la collection G 12.

  15. LM transmit une bonne partie de ces faits aux médias canadiens au début de l'année 2008, mais seul un journal, le Tekawennake de Brantford, imprima quelques-unes de ses révélations. L'éditeur du journal, Jim Windle, n'expliqua pas pourquoi il éditait l'histoire de LM et refusait de partager l'histoire avec les médias mondiaux, comme le lui avait demandé LM.
    Leona Moses réitéra sa demande auprès de Kevin et de Cheryl avant qu'ils ne partent de chez elle:
    « L'église doit être traînée en justice... S'il vous plaît, faites connaître cette histoire. Bob Bennett a émis des menaces contre moi si je continuais à vous parler. »



Deux sources de l'église anglicane : printemps 2012

Après que les nouvelles de la fermeture des fouilles du Mush Hole aient circulé sur internet, deux autres "initiés" de l'église anglicane contactèrent Kevin Annett pour des informations.

L'un de ces initiés travaillait toujours dans le bureau du diocèse de Toronto pour l'église anglicane, et l'autre fut employé par l'église comme agent de liaison avec le bureau de l'archevêché de Canterbury jusqu'à l'automne 2009.

L'employé en activité dit à Kevin qu'à la mi-janvier 2012, le Primat Fred Hiltz avait publié un ordre venant de l'archevêque de Canterbury, Rowan Williams, pour « enterrer de manière permanente ou détruire » toute preuve qui pourrait impliquer l'église de "Sa Majesté" dans la mort d'enfants de l'école Mush Hole de Brantford. Hiltz enregistra la requête pour son secrétaire, qui la passa à l'employé.

Le second, ancien employé de l'église, dit à Kevin qu'avant de démissionner de sa position en tant qu'agent de liaison avec Londres, on lui avait parlé d'une "fuite sérieuse" dans le système d'archivage de l'église qui impliquait des membres non nommés de la famille royale ayant eu des "mésaventures" dans une école indienne du Canada.

L'ancien employé ne savait pas si ceci se référait à l'allégation du témoin visuel William Combes selon laquelle la reine Elizabeth et le prince Philip avaient été vus emmenant dix enfants indiens du pensionnat catholique de Kamloop en octobre 1964 pendant une visite officielle, après laquelle on ne revit jamais aucun des enfants. Mais l'employé a dit:
« C'était assez sérieux pour que l'archevêque intervienne personnellement et ordonne de nettoyer les archives canadiennes et londoniennes. »



Résumé et conclusion

À la lumière de ces événements et découvertes, le bureau central de l'ITCCS a conclu ce qui suit :

  1. Des restes d'enfants sont enterrés sur les terres de l'ancien pensionnat de l'institut anglican mohawk de Brantford, Ontario.

  2. Ces restes et d'autres artefacts qui ont été exhumés de ces terres accréditent les récits de témoins visuels sur la manière dont les enfants qui sont morts à l'institut mohawk ont été enterrés.

  3. Ces enfants morts furent les victimes d'un plan génocidaire délibéré et mis en œuvre en 1870 par l'Église et la Couronne d'Angleterre et leur complices de la confédération des six nations et le gouvernement du Canada.

  4. La preuve de ces morts et enterrements a été délibérément dissimulée et détruite par les membres de l'église anglicane, et l'Église et la Couronne d'Angleterre, aidés par les membres de la confédération des six nations. Cette dissimulation équivaut à une conspiration criminelle délibérée et continue, et à une obstruction de la justice.

  5. La première enquête indépendante sur ces morts et enterrements a été ouvertement sabotée par ces entités de l'église et du gouvernement. Selon quoi, l'ITCCS et des groupes extérieurs au Canada doivent intervenir pour continuer l'exhumation de ces restes enterrés à l'institut mohawk pour a) procurer une sépulture correcte à ces restes, b) déterminer la cause de la mort et autres faits entourant ces enfants, et c) utiliser ces preuves pour apporter d'autres accusations de crime contre ces personnes et les institutions responsables.
Début avril 2013, le bureau central de l'ITCS a reçu une nouvelle invitation et ratification de la part des Aînés de la nation traditionnelle mohawk à continuer avec leur permission les exhumations du Mush Hole sur les terres de l'ancien institut mohawk de Brantford.

À la lumière de l'inculpation et de la condamnation par le Tribunal de droit coutumier de la Couronne d'Angleterre et de ses églises pour crimes contre l'humanité en date du 25 février 2013 – verdict en partie basé sur les preuves acquises par les exhumations réalisées au Mush Hole en 2011 – le Canada, la Couronne et leurs forces de police ont perdu toute autorité pour empêcher la poursuite des fouilles sur les terres de l'institut mohawk de Brantford.

Ces personnes inculpées qui ont activement saboté les fouilles du Mush Hole, dont le premier ministre du Canada, la reine d'Angleterre, l'archevêque de Canterbury et les évêques anglicans Fred Hiltz, Bruce Howe et Bob Bennett, font dans les faits face à une arrestation immédiate en vertu de mandats exceptionnels d'arrestation par les citoyens pour leur complicité à obstruer la justice.

En considération de ces développements, une nouvelle équipe médico-légale de l'ITCCS composée de spécialistes professionnels sera répartie sur le territoire mohawk pour procéder à cette enquête.

Cette équipe sera accompagnée et protégée par des officiers du tribunal international de droit coutumier qui assurera la sécurité sur les prochaines fouilles du Mush Hole, conjointement avec des gardiens de la paix mohawks. Le site de fouilles de Brantford et d'autres endroits sont actuellement sous observation rapprochée et quadrillés par les aînés mohawks et des officiers du tribunal de droit coutumier.

Ces mêmes officiers du tribunal de droit coutumier seront armés avec pouvoir d'arrêter et de détenir non seulement les officiels de l'église et de la couronne sus-mentionnés et ceux qui les assistent, mais aussi quiconque perturbe ou interfère avec les fouilles sur les terres du Mush Hole.

Nous sommes reconnaissants et remercions le peuple mohawk traditionnel qui prend position dans cette campagne historique et aide à faire gagner la justice pour ces enfants disparus. Nous demandons un soutien actif de toutes les personnes de conscience.



Publié par Kevin D. Annett conjointement avec le bureau central de l'ITCCS, Bruxelles

25 avril 2013


arc en ciel http://itccs.org/2013/04/25/mass-graves-of-children-in-canada/







source:
arc en ciel http://www.pedopolis.com/blog/charnier-d-enfants-au-canada-rapport.html




Dernière édition par invitée le Lun 10 Juin 2013 - 1:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: NATIVE AMERICAN GENOCIDE AND THE NEW WORLD ORDER   Lun 10 Juin 2013 - 1:13

UNREPENTANT: KEVIN ANNETT AND CANADA'S GENOCIDE

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PARTIE 2/4


PARTIE 3/4


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MessageSujet: Re: NATIVE AMERICAN GENOCIDE AND THE NEW WORLD ORDER   Sam 2 Nov 2013 - 12:42






On parle souvent de réseaux pédophiles, mais au pluriel, et le terme n’est pas approprié. De plus en plus, il semble qu’il n’y ait qu’un seul et vaste réseau qui trafique les gosses comme on trafique la coke. Et cela, pour plusieurs raisons que je préfère ne pas expliquer ici, je ne veux pas finir à l’HP tout de suite.

Mais il faut comprendre que la France, l’Europe ne sont pas les seules à être confrontées à ce fléau, à cette industrie dont la matière première sont les enfants. On a déjà abordé le cas de la maternelle McMartin aux Etats Unis, regardons cette fois du côté des charniers d’enfants au Canada. Et de l’histoire d’un peuple bafoué, fort pratique pour servir de terrain de jeux à nos élites.




Il s’est trouvé un bouquin qu’on m’a conseillé récemment, Hidden no longer, écrit par Kevin Annett, un ancien pasteur à la recherche de la vérité sur toutes ces disparitions d’enfants. Il ne voulait pas y croire, mais finalement lui non plus n’a pas eu le choix: la vérité prend à la gorge. Je vais reprendre de manière extensive certains passages. En gras, des éléments que je vous invite à retenir et qui révèlent l’existence de processus opérés à l’échelle mondiale.



I - Quelques dates de crimes contre le peuple amérindien

1859 : le jésuite Paul Durieu, installé en Colombie Britannique, prévoit d’exterminer tous les chefs indiens non chrétiens. Un modèle qui a eu cours ensuite dans les Indian Residential School, des pensionnats pour les enfants indiens dont on va longuement reparler.

1862-63 : épidémie de variole introduite par un missionnaire anglican, futur évêque, John Sheepshanks, qui a inoculé le virus à des enfants amérindiens. Cela, sous la couverture du gouvernement provincial et le commerce de fourrures de la compagnie Hudson Bay, qui parraine les premières missions protestantes chez les indiens. C’est aussi la première guerre bactériologique connue de l’histoire, et elle a permis à des chercheurs d’or de piller les terres de ces milliers d’indiens assassinés.

1870 : la couronne anglaise donne les terres des indiens aux anglicans et autres missionnaires catholiques.

1873 : on établit une force armée - la police montée - qui a parmi ses attributions de refouler tous les indiens dans des réserves, et cela tout le long de la voie ferrée qui traverse le pays.

1876 : l’Indian Act retire aux indiens le statut de citoyens. Ils ne peuvent pas voter, sont considérés comme mineurs et ne peuvent aller en justice, ce qui est toujours le cas.

1886 : les cérémonies indiennes sont interdites.

1889 : les écoles indiennes sont interdites, les enfants doivent aller dans pensionnats destinés aux autochtones.

1891 : premiers décès en masse d’enfants indiens dans les pensionnats à cause de tuberculose non soignée. Le gouvernement s’en fiche.

1905 : plus d’une centaine de ces pensionnats sont actifs au Canada.

1907 : le Dr Peter Bryce qui est médecin chef aux Affaires Indiennes, fait une étude de la santé des enfants dans ces pensionnats. Il en ressort que plus de la moitié - entre 35 et 60% - des enfants meurent à cause de tuberculose qui y est introduite délibérément par le personnel. Bryce parlait d’un "crime national"[1]. En parallèle, le chef des affaires indiennes Duncan Scott, cherchait une solution finale au "problème indien", ce peuple vu par lui comme une sous-race.

C’est d’ailleurs lui qui a fait passer le rapport Bryce à la trappe. Tout cela était donc intentionnel, et le virus était introduit exprès, afin d’éradiquer les indiens. Peut-on imaginer qu’un tel système se poursuive aujourd’hui, par exemple avec le H5N1, le sida, la grippe aviaire, ou les prochains virus qu’on va nous envoyer ? Non bien sûr…

1910 : Duncan Scott confie par contrat la gestion des pensionnats aux cathos, anglicans, presbytériens et méthodistes.

1919 : fin des examens médicaux dans les residential schools.

1920 : tous les enfants de plus de 7 ans doivent être envoyés dans les pensionnats sinon les parents vont en prion et prennent une amende[2]. Là, la moitié de leurs enfants mouraient.

1925 : création de l’Église unie du Canada pour christianiser tout le monde, financée par la Couronne d’Angleterre. Elle hérite de tous les pensionnats et des terres volées par les méthodistes et les presbytériens.

1928 : loi sur la stérilisation en Alberta, qui permet de stériliser les enfants des pensionnats à leur insu sur décision d’un curé. Au moins 2.800 enfants ont ainsi été mutilés. Une loi similaire est adoptée en 1933 en Colombie Britannique. Dans les années 30, c’est le boom des pensionnats, il y en aurait environ 130 dans le pays.

Janvier 1939 : les enfants Cowichan servent de cobayes à des expériences menées par des médecins allemands au pensionnat Kuper Island à l’ile de Vancouver. Le foyer était tenu par des catholiques allemands. Dans les années qui suivent, un futur premier ministre canadien s’est occupé de définir le génocide de manière à ce que le génocide des amérindiens ne rentre pas dans ce cadre.

1946-1952 : des centaines de médecins nazis et SS obtiennent la nationalité canadienne - projet Paperclip, dont les archives commencent à peine à sortir - et beaucoup ont mené leurs expériences dans les pensionnats d’indiens, centres militaires et autres cliniques comme celle du Dr Ewen Cameron qui a travaillé sur les projets de manipulation mentale de la CIA MK ultra et Monarch. Sur les patients, on teste l’usage de drogues, les électrochocs, la privation de sommeil, les chocs traumatiques, cela pour développer la manipulation mentale.

1956 : un survivant de la Lincoln Royal Canadian Air Base à Calgary (Alberta) dit qu’un médecin qui avait un tatouage SS a torturé des enfants à mort, dont des enfants indiens amenés par les flics du RMMP - la police montée canadienne royale -, venant des pensionnats catholiques. Des survivants des bases militaires de Suffield en Alberta, de Nanaimo en Colombie Britannique, de l’hôpital psychiatrique Lakehead en Ontario évoquent des faits similaires.

1962 – 1971 : des milliers d’enfants indiens sont enlevés à leurs familles dans le cadre du programme "sixties scoop" qui aurait concerné officiellement 20.000 enfants. Étrangement, on observe que le programme actuel d’adoptions forcées aux États-Unis ressemble beaucoup à "Sixties Scoop", ces rafles d’enfants qui pourraient n’avoir été qu’un test. Beaucoup de ces enfants sont morts et les circonstances ont été dissimulées.

1970 : suite à des révoltes, le gouvernement cède l’éducation des enfants indiens aux communautés indiennes, petit à petit. En 1972, les affaires indiennes ordonnent la destruction de tous les dossiers personnels des indiens, y compris l’origine et les documents de propriété. En 1975, la majorité des pensionnats étaient sortis de l’orbite des catholiques. Pourtant, les abus ont continué dans de nombreux établissements passés aux autochtones, à savoir des écoles maternelles. Le dernier pensionnat ferme en 1996.

1980 : suite à la pression des indiens, le gouvernement établit une assemblée fantoche de chefs non élus, qui ne cherche pas à enquêter sur les abus commis contre les indiens, ni à demander la souveraineté du peuple indien.

1986: l'Église unie du Canada demande "pardon". Mais elle ne veut pas indemniser ses victimes.

1989 : Nora Bernard, qui a survécu au pensionnat de New Brunswick, démarre les poursuites contre l’église catholique canadienne et le gouvernement. Elle a été assassinée en décembre 2007[3], juste avant les "excuses" du gouvernement pour les pensionnats. Nora Bernard a quand-même été à l’origine de la plus grosse "class action" du Canada, représentant 79.000 survivants[4].

1993 – 1995 : des indiens parlent publiquement de meurtres d’enfants à l’école St Andrews de Port Alberni, qui était gérée par l’Église catholique du Canada. C’est là qu’officie Kevin Annett, ce pasteur qui est tombé sur une transaction foncière entre le gouvernement et l’église qui achetait, concernant des terres volées aux Indiens. Annett est viré à la suite de son indignation publique au sujet de cette magouille. Puis un autre parle d’enfants battus à mort dans un autre pensionnat.

1996 – 1998 : Annett rend publics des centaines de témoignages rapportant des crimes dans les pensionnats. À partir de là, il a plein d’ennuis - divorce, procès,etc. Des procès intentés par des survivants suivent malgré tout. Des indemnités commencent à tomber pour les 86.000 survivants, écœurés de voir qu’on tente d’acheter leur mémoire. Et des millions de dollars de subventions diverses et variées pleuvent sur les réserves indiennes. Mais l’argent a été très mal réparti, et souvent accaparé par les chefs tribaux et autres administrations.

2000 : comme 10.000 survivants avaient porté plainte, l’Église du Canada a demandé au gouvernement de restreindre le cadre des poursuites et d’assumer la responsabilité première pour les crimes commis dans les pensionnats. De nombreux tribunaux refuseront d’ailleurs aux Indiens le droit de poursuivre l’Église.

2002 : l’Église mène une campagne de propagande pour dire qu’elle sera ruinée si elle doit assumer les conséquences des poursuites. Du coup, le gouvernement a pris l’entière responsabilité des crimes, y compris les compensations financières.

2005 : des survivants désignent à Annett des lieux de sépultures de masse, autrement dit des charniers, proches d’anciens pensionnats de Colombie Britannique. On monte alors Friends and relatives of the disappeared - amis et proches des disparus. Le film Unrepentant est réalisé à partir des travaux d’Annett.

2007 : le gouvernement met en place une commission de réconciliation et de vérité, qui refuse de dédommager plus de la moitié des survivants.

Juin 2008 : sous la pression, le gouvernement "s’excuse" pour les crimes, tout en cherchant à les minimiser. Il n’est toujours pas question de faire payer l’Église.

2009 : un témoin de meurtre d’enfant, Johnny “Bingo” Dawson, est assassiné par la police, qui l’avait menacé au cas où il parlait.

2010 : les contacts entre les survivants de l’Église canadiens, irlandais, italiens, allemands et anglais se nouent. Il apparaît clairement que Ratzinger, le pape, a œuvré toute sa vie pour dissimuler ces abus au public.

2012 : pendant que le gouvernement fait encore mine de faire de la "réconciliation" et de la "vérité", les actions en Justice vont démarrer sérieusement. Au passage, précisons que les survivants des résidential school conchient littéralement la "Truth and reconciliation commission", qui tente de les enfumer depuis quelques années déjà, à grands coups de subventions. Et aujourd’hui, on ne connait toujours pas le nombre d’enfants qui sont passés dans ces pensionnats. On parle officiellement de 100.000 à 200.000 enfants.




II - Le génocide


CrabParkVigilOn peut parler de génocide par bien des aspects. Notamment parce qu’on retrouve dans celui des indiens du Canada les trois phases habituelles: conquête, confinement, destruction. Mais celui des Indiens a duré longtemps et a fonctionné par vagues successives, sous le couvert de religion et d'éducation. Les survivants parlent de camps de concentration chrétiens.

En 1910, la plupart de la centaine de pensionnats - les residential schools - dans lesquels sont envoyés les enfants indiens du Canada est dans le giron de l’Église catholique romaine. Ces pensionnats étaient de véritables mouroirs où le taux de décès était encore pire que dans les camps de concentration nazis: d’après les chiffres disponibles, il apparaît que plus de la moitié des enfants y mouraient chaque année, et cela durant un bon demi siècle - contre 15 à 20% par an dans les camps de concentration. Duncan Scott l’a écrit en 1910: les décès massifs de ces enfants indiens dans les pensionnats sont « en accord avec la politique du ministère, qui est orientée vers la Solution Finale du problème Indien ».

Et cette Solution Finale a été assez efficace: entre 1900 et 1960, le taux de mortalité des enfants indiens de ces pensionnats oscillait entre 40 et 60% par an. Pendant soixante ans, ce taux est resté le même, malgré les progrès de la médecine et la fertilité des terres sur lesquelles étaient installées ces "écoles". Bien sûr, l’État a tout fait pour dissimuler cette réalité. Quelques années plus tard, ce concept de "Solution Finale" a été repris par les Nazis.

De plus, de 1920 à 1930, en plein cœur du massacre, les inspections médicales ont carrément été suspendues dans les pensionnats. Au total, entre 1890 et 1996, ce sont de 50 à 100.000 enfants qui sont morts dans ces endroits lugubres.

Et puis, il y a eu cette politique de stérilisation[5]. Des centres de stérilisation ont existé, dans lesquels les jeunes gens étaient drogués et stérilisés, surtout s’ils n’étaient pas chrétiens. Mais tous les registres concernant ces stérilisations ont été détruits à partir de 1995, quand l’enquête de l’État a démarré. Les garçons étaient parfois mis devant des rayons X intensifs afin d’être rendus stériles, ou bien on leur faisait boire des poisons.

Et quand les bébés, souvent le fruit de viols par les pasteurs et compagnie, naissaient quand-même, on les tuait.

Toutefois, ce processus de stérilisation n’a pas pris fin avec les écoles résidentielles. Royce White Calf, un ancien Lakhota qui a été juge au Tribunal concernant ces pensionnats en juin 1998 à Vancouver, estime qu'entre un tiers et la moitié de toutes les femmes aborigènes du Canada Ouest et de l'Alaska ont été stérilisées par des méthodes intrusives physiques ou chimiques autour de 1980.

Le taux de stérilisations chimiques administrées sous couvert de vaccins parmi les indigènes a en fait augmenté depuis cette époque, particulièrement dans le tiers monde, sous des programmes relativement secrets conduits par l'OMS et les Nations-Unies. Même après 1980, les stérilisations ont continué, mais de manière plus cachée encore.

Aujourd’hui, on "vaccine". Mais dans le vaccin, il n’y a parfois que du produit stérilisant. Annett explique « En 2004, on a découvert que l'Organisation Mondiale de la Santé a administré pendant des années des substances stérilisantes en même temps que les vaccins contre la grippe et la polio, aux femmes indigènes des Philippines et de nombreux pays d'Afrique. De la même façon, plus de 40.000 hommes et femmes Inuits ont été rendus infertiles par le Département de la Santé des USA - US Health Department - entre 1986 et 1993 après qu'on leur ait administré un sérum nommé Heptavax, une drogue de stérilisation interdite dans la plupart des pays du monde ».

Accessoirement, la définition du génocide, révisée par le canadien Raphael Lemkin, a fini par insister sur la notion d’intention: pas de génocide si l’intention de faire un génocide n’est pas clairement prouvée. Ce qui permettait à celui des indiens de passer à la trappe de l’histoire. Même la dernière loi concernant le crime de génocide passée en 2000 au Canada interdit toute poursuite contre l’État canadien si le génocide imputé date d’avant 2000. Si bien, qu’avant 2000, le génocide était légal au Canada, comme sous le IIIème Reich.




III - L’intention était claire

Le délire de la suprématie chrétienne et occidentale, de l’élimination des hérétiques, n’est pas nouveau chez les cathos. Et le caractère durable de cette philosophie ressemble à un véritable credo, un véritable objectif.

Les chiffres sont clairs: si on estime la population indienne de Colombie Britannique de un à deux millions de personnes avant l’arrivée des colons, ils n’étaient plus que 20.000 en 1910. Et pendant ce temps là, l’Église revendait les terres des indiens massacrés aux compagnies du bois, du chemin de fer, etc. Mais, surtout, la suprématie chrétienne pouvait s’imposer.

Des études montraient déjà dans les années 20 que le nombre d’indiens n’avait pas augmenté entre 1920, date à laquelle tous les enfants indiens ont été obligés d’intégrer les pensionnats cathos, et 1929, alors que la population totale ne cessait de croître. Et on savait que le taux de mortalité des pensionnats d’indiens était catastrophique. Évidemment, on n’a rien fait pour arranger les choses, au contraire: on forçait des enfants non malades à dormir entre deux autres en train de mourir de la tuberculose, par exemple. D’autres enfants malades étaient renvoyés chez eux pour y contaminer toute leur famille. Et puis, en 1928, on commence à stériliser massivement les Indiens en Alberta. Et bien sûr, les enfants indiens qui étaient malades n’allaient jamais à l’hôpital.

Un tel système ne peut se faire au grand jour, et, bien sûr, il convient de présenter les choses favorablement, ce qui commence par déshumaniser l’ennemi, en l’occurrence les Indiens. Annette cite une victime de la Christie Catholic residential school, Harry Lucas: « Je n'ai jamais compris pourquoi les religieuses et les prêtres nous haïssaient tellement. En tant qu’enfant, vous savez, vous avez juste peur après que quelqu’un vous ait frappé pour la première fois. Votre esprit s'éteint et vous commencez à mourir de l'intérieur: vos espoirs meurent, vos souvenirs meurent, et puis tout en vous commence à mourir. C’est ce que tout cela était: un meurtre de l’âme. Les meurtres n’étaient qu’une partie de cela ».

Quand les chiffres de la mortalité des enfants indiens dans les pensionnats ont été révélés publiquement en 2008, un chercheur a déclaré que ce n’était pas intentionnel, mais du à un sous-financement de ces établissements. Selon lui, laisser mourir en masse ces enfants parce qu’on ne veut pas y mettre un seul dollar, et bien qu’on sache que la situation est catastrophique, n’est pas intentionnel.

En outre, Bryce, en 1907, a écrit que « les conditions sont délibérément créées pour diffuser les maladies infectieuses ».

De fait, une étude de 1913 sur les dépenses du gouvernement fédéral concernant la lutte contre la tuberculose a révélé que les habitants d’origine caucasienne avaient droit à 3,39 $ par tête et par an, contre 6 cents pour les Indiens.

Mais, il y a aussi ces histoires, racontées par des survivants. Par exemple, celle-ci qui remonte aux années 30, en Alberta: le révérend Pitt a donné de la viande en conserve à huit gamins, dont sept sont morts de la tuberculose. Le huitième, qui raconte cela, a été sauvé parce que son père l’a sorti de l’infirmerie de force, et l’a amené avec lui pour qu’il soit soigné par son grand-père. Le fils de ce révérend, devenu médecin, a ensuite cautionné les crimes qui se déroulaient dans ces pensionnats.

Apparemment, le coup de la nourriture empoisonnée était courant dans les pensionnats pour enfants indiens, dans plusieurs provinces du pays. De même que la pratique de faire dormir et vivre ensemble les enfants malades et les enfants contaminés par la tuberculose, alors que la quarantaine était la règle pour les Blancs. Et cela, durant des dizaines d’années.

N’oublions pas les théories nazies fumeuses, à commencer par l’eugénisme, initié par Rockefeller en 1912, quand il finance l’Eugenics Foundation. Et sur ce sujet, nazis allemands et américains travaillaient main dans la main, que ce soit avant ou après la guerre.




IV - La torture au quotidien

Le premier témoin qui a parlé de ces meurtres d’enfants fut Harriett Nahanee, de Vancouver Island. En 1995, elle a expliqué avoir vu une fille de 14 ans, pensionnaire de l’United Church Alberni residential school, frappée par le principal Caldwell et tuée en tombant dans les escaliers, lors du noël 1946. On a ensuite dit aux parents que leur fille était passée sous un train, mais les flics ont dit qu’elle était morte d’une pneumonie.

Ajoutons qu’Harriett Nahanee est morte en 2007, dans une prison où elle avait été envoyée pour deux semaines à l’âge de 72 ans. Elle avait seulement cherché à défendre les terres volées aux Indiens.

Elle venait de Clo-ose appelé depuis Vancouver, où la population est passée de 3.400 personnes en 1861 à 44 personnes en 1980, cela notamment grâce aux couvertures à la variole. « Ensuite, ils ont pris les enfants survivants et ont tenté de les achever dans les pensionnats », disait-elle - il ne restait plus que 5 ou 6 enfants de ce village. Là, c’étaient des coups, des viols, de la nourriture pleine d’asticots, des insultes, de la violences tout le temps. Là, « On nous a tous rasé la tête à l'arrivée de l'école résidentielle ce matin-là, tous jusqu'au dernier. Trois cents petites têtes chauves. Et on a tous été battus et violés. Essayez donc de trouver quelqu'un qui a été à l'école d'Alberni et à qui ce n'est pas arrivé », ajoutait la victime, devenue une vieille dame.

Un second meurtre est imputé au principal Caldwell: deux témoins ont parlé d’un gamin frappé à mort pour avoir volé une prune. Ensuite, Caldwell a demandé à deux autres gamins d’aller brûler le corps dans les bois. On sait aussi que les enfants étaient drogués au luminol par Caldwell et d’autres membres du personnel. Cette drogue était un peu l’ancêtre du GHB, et entraînait des pertes de mémoire.

Lors d’un procès, un autre survivant raconte au sujet du pensionnat de Kupper Island « Les enfants mouraient comme des mouches à l'école et le cimetière était rempli, alors ils ont commencé à enterrer les enfants dans tous les sens. Il y avait beaucoup de tombes anonymes. Mon propre frère John a été frappé à la tête avec une chaîne de fer par un prêtre et il est mort le même jour ». Là aussi, on l’a laissé mourir après l’avoir battu.

Un jeune homme, qui allait sortir le lendemain de son pensionnat, est décédé juste après avoir appelé sa sœur en lui disant qu’il lui dirait tout ce qu’il s’y passe dès qu’il sortirait. Durant la nuit, des camarades ont vu le principal accrocher l’élève mort à une corde pour faire croire qu’il s’était pendu.

Le personnel a aussi parlé, comme cette surveillante de dortoir au début des années 60 qui explique en 1998: « Nous devions tous porter une ceinture de cuir, et l'utiliser dès qu’un enfant parlait dans sa langue. Si nous n’avions pas fait assez de sang, nous étions réprimandés. Souvent, je voyais des enfants de cinq ou six ans battus jusqu'à perdre connaissance, puis jetés dans les placards pendant des jours sans nourriture ni eau. On devait rouvrir la porte et parfois on trouvait un petit cadavre. Ensuite, nous demandions aux concierges se débarrasser du corps, généralement à l'arrière dans les collines. Il y a des centaines de corps là-bas ».

Quand une ado tombait enceinte suite aux viols commis par le personnel ou les curés, les bonnes sœurs s’occupaient de la faire avorter. Les jeunes mères mourraient souvent des suites de ces avortements forcés.

D’autres parlent de tunnels, de chambres froides sous les pensionnats, dans lesquels on amenait les enfants morts. Mais les chefs de tribus semblaient menacer les témoins au cas où ils parlaient. L’un d’eux explique que les chefs lui ont dit de ne jamais aller voir dans les bois derrière le pensionnat, sous peine de perdre son emploi.

En fait, ces pensionnats fonctionnaient comme le goulag, comme les camps de concentration, mais là, il n’y avait que des enfants. On a tout fait pour leur faire oublier leur identité, la richesse de leur culture, leur Histoire. On en a fait des robots apeurés, mal nourris, mal soignés, mal éduqués, sans droits. Les enfants étaient dressés les uns contre les autres… La broyeuse a fonctionné à plein dans ces "écoles", et les brimades et tortures y étaient nombreuses et variées. Les séquelles sont encore prégnantes aujourd’hui.

Les viols collectifs semblaient monnaie courante également, comme le montre le témoignage d’Harry Lucas, de la nation Nuu-Chah-Nulth à Port Alberni: « Les religieuses allaient me chercher et me préparaient pour les prêtres. Pour un usage sexuel, vous comprenez. Ça a duré pendant des mois. Elles m'habillaient avec des vêtements de filles et m'enfonçaient un bâton fait d'un manche de balai à l'intérieur de l'anus. Ensuite on me faisait passer de prêtre en prêtre ».

Parmi les tortures racontées par les survivants à partir de 1996: emprisonnement dans des placards ou des cages pendant des jours sans eau ni nourriture; être tenu au-dessus de tombeaux ouverts et menacé d'être enterré vivant; être forcé à manger de la nourriture vomie ou pourrie; être déshabillé et battu ou violé devant les autres élèves; être immergé dans de l'eau glacée ou obligé de rester debout, nu, dans la neige; être forcé de dormir dans les endroits non chauffés en plein hiver; arrachage de cheveux; tête cognée contre des surfaces dures; décharges électriques appliquées à la tête, aux organes génitaux et aux membres; extraction de dents sans anesthésie; viol collectif; être forcé de regarder la mise à mort de petits animaux; être forcé de regarder le corps des enfants morts; devoir courir nu devant une ligne d'autres enfants, eux-mêmes forcés de frapper la victime à coup de bâton et de ceinture; être forcé à s'attaquer et à se molester les uns les autres;… Et ce n’est bien sûr pas une liste exhaustive.

La torture était institutionnalisée, au point que, souvent, une pièce entière était dévolue à cette pratique dans les pensionnats. Un des instruments de torture les plus courants, et très en vogue à l’époque, était la chaise électrique, utilisée dans au moins cinq écoles entre 1920 et 1960. On peut se demander s’il ne s’agissait pas d’expérimentations, car il semblait courant de montrer cette "attraction" aux visiteurs de l’Église et du gouvernement.

On retrouve ici toute la panoplie du trauma à base de chocs émotionnels et physiques.

Parmi 287 survivants interrogés, 97% avaient été frappés, 89% avaient été violés, 77% avaient du regarder ou participer à des tortures sur les autres, 71% avaient été confinés, 67% avaient été fouettés… Dans le même genre, tous les enfants étaient opérés des dents sans anesthésie, ce qui était un ordre donné aux dentistes de ces centres.

Aujourd’hui, la "Justice" cherche à montrer qu’elle s’occupe de ces morts suspectes. En Ontario, plus d’une centaine de cas seraient étudiés par les tribunaux, concernant des décès dans les pensionnats. Pas de chance, ces enfants ne sont pas identifiés. En fait, 5.000 décès[6] ont été observés, et seulement 120 cas semblent suspects à la "Justice" ! Et il faut noter que ces procédures n’ont vraiment démarré que mi-2012…




V - Des meurtres aux charniers

Ethel Wilson, de la Nation Heiltsuk à Bella Bella, a dit qu’en 1969 elle a vu « des rangées et des rangées de minuscules squelettes » dans les fondations de l'ancien pensionnat anglican de St. Michael, à Alert Bay, en Colombie-Britannique: « Il y avait plusieurs rangées d'entre eux, tous alignés. Aucun d'eux ne faisait plus de deux pieds de long. Ils étaient en train de détruire l'ancienne aile de l'Hôpital St. Michael, et j'ai pu voir tous ces squelettes, juste à côté de l'ancien mur. Je me souviens de la façon dont les autres filles m'ont dit comment leurs bébés ont été emmenés et tués. Ce devait être eux. ».

En avril 2008, Annett a distribué aux médias du monde entier une liste de 28 charniers contenant les restes des enfants qui sont morts dans ces pensionnats indiens. De fait, les enfants à avoir vu le personnel des pensionnats enterrer des camarades, ou à avoir vu des cadavres, sont nombreux. Un des hommes de Dieu qui a frappé à mort et enterré un gamin inuit battu à mort finissait toujours ses sermons du dimanche par « souviens-toi: le seul bon indien est un indien mort. ».

À la fin des années 1950, un jeune garçon, Doug Wilson, de la nation Haïda évoque les enterrements au pensionnat de l’Église unie d’Edmonton en Alberta et à l'hôpital Charles Camsell situé juste à côté: « Je ne sais pas comment autant d’enfants sont morts, mais je sais que nous avons creusé un grand nombre de tombes. La plupart d'entre eux étaient du pensionnat, mais beaucoup sont aussi morts à l’hôpital Camsell. Nous devions rouler les corps dans une charrette et ensuite les enterrer, et on nous a dit que nous ne pouvions le dire à personne. Puis nous devions le signaler à l'hôpital pour un traitement. ». Quel traitement ? Eh bien Doug Wilson ajoute, dans sa discussion avec Annett: « Je ne pouvais pas me souvenir de ce qui m'était arrivé là-bas jusqu'à ce que j'ai lu votre livre, où il a parlé sur un traitement de choc. Puis je me suis rappelé comment ils nous donnaient des chocs électriques à la tête après que nous ayons enterré les enfants; je pense que c'était pour nous faire oublier. ».

Virginia Baptiste était une survivante du pensionnat de Cranbrook, dirigée par l'Église Catholique Romaine. Jusqu'à sa mort survenue soudainement et inexplicablement en 2003, Virginia était à la tête de la lutte pour obtenir les aveux de l'Église et de l'État concernant les crimes dans le sud de la Colombie Britannique.

Elle expliquait: « Mon frère Bugs a renoncé à la vie, il y a quelques années, car il ne pouvait plus composer avec ses souvenirs et ses cauchemars de l'école de Cranbrook. Lui et d'autres gars devaient régulièrement s'aligner en rang devant un prêtre, Frère McDonald, qui leur appliquait à chacun une décharge électrique au pénis à l'aide d'un équipement pour les clôtures électriques. (…) Les enfants entraient dans cette école et n'en ressortaient jamais. C'était une sentence de mort d'être envoyé là. Je connais beaucoup d'enfants qui ont été tués à l'école de Cranbrook et enterrés en bordure de la ville, dans une grande fosse ne contenant que des Indiens. On appelait l'endroit la "colline de la botte". Mais quand on a commencé à parler de notre poursuite judiciaire contre l'Église Catholique, devinez ce qui s'est passé? La Ville de Cranbrook a exhumé la fosse et a construit un terrain de golf sur l’endroit. ».

Kevin Annett a recueilli tous ces témoignages. Il a rencontré un couple, Annie et Pierre Kruger, membres d’une tribu de Penticton, qui ont localisé une vingtaine de charniers en Colombie Britannique du Sud, dont les plus anciens remontent milieu du XIXème siècle. Et les questions posées par les Kruger pour savoir ce qui est arrivé à leurs ancêtres ne plaisent pas à certains de leurs congénères: Pierre a été frappé, on a tenté de le sortir de la route, on le met à l’écart. Pierre Kruger ajoute: « J'ai appris plein de choses auprès des anciens, des choses que personne d'autre ne sait. Pour une raison quelconque, j'étais là lorsqu'ils ont engagé un archéologue pour creuser autour d'Arrow Lakes afin de trouver des fosses d'enterrement des gens de notre peuple. Il a trouvé une grande tombe, peut-être de 30 mètres de long. Il a dit qu'il devait y avoir les restes de 20.000 personnes, là-dedans ». Autour de certaines écoles, il y avait tellement de cadavres que les squelettes revenaient à la surface.

Face à de telles accusations, on se dit que l’État ne peut que s’empresser de prouver que tout est faux, de creuser aux endroits désignés et de montrer de manière éclatante qu’il n’y a aucun cadavre. Mais non, il ne se passe rien, à part la fuite et la tentative de tuer le mouvement qui réclame la vérité. Mais qui a peur de la vérité ? Pourquoi nier le débat, pourquoi ne pas mettre les choses à plat une bonne fois pour toutes ? Quelqu’un aurait-il peur ?

Et puis, il est toujours possible d’avouer, de s’excuser et de passer à la suite. C’est ce qui s’est toujours fait. Les victimes des barbaries d’État doivent toujours s’asseoir sur leur revanche. On l’a vu avec les collabos des Nazis, de Pinochet, de Pol Pot, des colonels… la "réconciliation nationale", c’est beau, non ?

Alors, pourquoi ne pas admettre que oui, on a laissé mourir les enfants indiens en masse, qu’on les a confiés à des barbares, "mais-après-tout-c’était-il-y-a-longtemps" ?

Et même s’il s’agit d’un système de pompe à fric pour les religieux, destiné à prendre les subventions du gouvernement, y compris pour les enfants morts, pourquoi l’État prend-il des mesures aussi risquées pour éviter les problèmes au Vatican et à la Couronne d’Angleterre ?

Y aurait-il autre chose ?

Il semblerait: Pierre Kruger précise qu’il a signalé en 1992 l’existence de ces charniers au gouvernement, réclamant une sépulture décente. Oui, mais: « nous avons rencontré des membres du gouvernement un vendredi de l'été 1992 », dit-il, « et, devinez quelles étaient les nouvelles, le dimanche suivant? Ils avaient envoyé des pelleteuses et des bulldozers, et avaient éventré tout le site, en détruisant tout. Bien sûr, ils voulaient nettoyer toute trace de preuves, pour de bon. Depuis, on n’a plus rien dit à personne. ».

Nous sommes alors en 1992, pas en 1902 ou en 1950… Pourquoi autant de moyens pour supprimer des preuves qui n’impliqueraient que des gens probablement déjà morts eux aussi ?




VI - Qu’y avait-il d’autre ?

À quoi servaient ces pensionnats, ces hôpitaux ?

Les enfants du Mohawk institute, par exemple, ont été enterrés juste avant la fermeture de cet établissement pour enfants Mohawks, en 1970, afin de camoufler les trop nombreuses tombes. Des instruments de torture ont été retrouvés dans ce pensionnat. Des survivants ont dit y avoir vu des prêtres en robe rouge torturer des enfants de manière rituelle.

Il y avait un aspect "mind control", c’est presque certain. À l’époque, on l’a dit, la CIA travaillait, via divers "médecins", sur le contrôle mental. Ce sont des projets tels que MK Ultra, ou Monarch, qui visent à programmer les gens après avoir fractionné leur personnalité par des chocs traumatiques de type viol, tortures, doublés d’une prise de diverses drogues par exemple. Cela, pour ensuite "programmer" chaque personnalité d’une certaine manière: on en fait une prostituée, une formatrice, une meurtrière, une messagère…

Ce travail s’est poursuivi d’Allemagne aux États-Unis et au Canada avec le transfert des scientifiques nazis à l’ouest, via les "ratlines": les monastères et autres établissements religieux italiens.

Sara Hunter (pseudo) est une fille d’officier canadien, qui a été victime d’expériences avec 25 autres enfants et autant d’adultes, au Lincoln Park air Force de Calgary en Alberta, entre 1956 et 1958[7]. C’est un docteur nazi qui avait un pseudonyme et le numéro 091374SS tatoué sur le bras. Sara Hunter dit avoir été la seule à survivre à ces deux ans de torture. La plupart des enfants tués étaient indiens, dit-elle, mais d’autres étaient des fugueurs ou des orphelins. Et on sait qu’en Ontario, les flics vendaient des enfants indiens à des laboratoires.

Le pensionnat de Kuper Island a été dirigé par l’Ordre Catholique allemand des Montfort de 1906 jusqu’à la guerre. Des médecins nazis y officiaient déjà en 1939, d’après plusieurs victimes. Mais les expériences ont cessé quand les flics du coin ont commencé à regarder ce qu’il se passait.

Un ancien militaire a expliqué à Annett comment les choses se déroulaient: « Un accord tacite a été mis en place au cours de ces années, disons à partir de 1950: l'Église fournissait des enfants de leurs pensionnats, et la police montée les amenait à quiconque avait besoin d'un nouveau lot de sujets; la plupart étaient des médecins - parfois du ministère de la Défense nationale -, il y avait presque toujours des Américains. C'était la guerre froide, et beaucoup là-bas recherchaient de l’argent du Pentagone, si vous aviez une nouvelle idée sur comment créer le tueur parfait sans âmes. Les Indiens, ils étaient déjà sous clé. Vous pouviez faire tout ce que vous vouliez avec eux. Les Églises étaient plus qu’heureuses de les faire partir, tant qu’ils avaient leur argent de ceux d'Ottawa. C'est pourquoi cela a duré si longtemps, même avec ce taux de mortalité énorme: il y avait beaucoup d'argent à faire. Et c'est pourquoi ce ne sera jamais reconnu officiellement. ».

Et finalement, ce qu’ont vécu les Indiens du Canada était une expérience de ce qu’il se passe aujourd’hui dans la société toute entière: des gens de plus en plus lobotomisés, coupés de leur humanité, souvent drogués aux médocs, à l’alcool, à la télé…

De plus en plus soumis et incapables de prendre de la distance.

Le trafic d’organes semblait être un des moyens de se faire de l’argent avec les petits Indiens. Ainsi, Esther Morris a été enlevée à six ans par une infirmière, en 1950, pour être emmenée au Nanaimo Indian Hospital, construit sur un terrain de l’armée. Là, elle passe six ans sanglée à un lit, subissant de nombreuses injections et autres décoctions. Elle ne bougeait qu’une fois par semaine pour être lavée. Elle raconte: « Il y avait des enfants indiens de tout le Canada, dans cet hôpital, et on nous disait que nous ne devrions jamais dire pourquoi nous étions là, à personne. Je ne savais pas que mon propre frère Ivan était là avec moi, jusqu'à ce que je le voie un jour. Il avait eu cette bizarre opération qu'avaient beaucoup d'enfants: ça lui laissait une énorme et longue cicatrice qui allait à travers son dos et remontait sous son bras gauche vers sa poitrine. Ils lui avaient pris un de ses poumons, alors qu'il était en bonne santé. Beaucoup de gens que je connais ont eu la même opération. Ils avaient la même cicatrice dans le dos. Le Docteur Campbell avait fait cette opération sur lui, et aussi le Docteur Gamble. ».

Marion McFarlane, qui a quitté le pensionnat d’Alberni en 1964, explique à Kevin Annett: « Nous utilisions le surnom de "maison blanche" pour l’école à cause de tous les gros bonnets qui se présentaient pour prendre les petits garçons et filles. Parfois, j'ai reconnu des juges locaux et des flics, des ecclésiastiques. Tout le monde était tranquille, comme s'ils savaient qu'ils n'auraient jamais à répondre de rien. Ils alignaient tous les enfants pour l'inspection, comme une vente aux enchères normale d’esclaves. C’était si triste. Ils prenaient un enfant et ils s'en allaient, et, la plupart du temps, vous ne revoyiez plus jamais l’enfant. Parfois, les filles revenaient enceintes, et elles étaient envoyées dans un hôpital de la côte ouest dans West Coast pour un avortement. Si la fille parlait, ils s’en occupaient. Si vous passez derrière le pipeline d’eau dans les collines derrière l’école, vous trouverez beaucoup de ces filles, et même certains de leurs bébés. ». Quelques années plus tard, une autre victime a subi des électrochocs quotidiens, en plus des drogues, dans cet hôpital, et toutes les femmes y étaient stérilisées. Le dossier médical de cette femme serait trop sensible pour lui être communiqué, d’après son médecin.

Irène Starr, qui a survécu à six années passées au pensionnat d’Alberni, raconte que « Beaucoup de filles tombaient enceintes, à Alberni. Les pères étaient les hommes qui travaillaient là, y compris le prêtre, et aussi les grosses légumes qui passaient par là et voulaient des filles pour la nuit. Des types du gouvernement ou de l'église. On n'a jamais su ce qui arrivait aux bébés, mais ils disparaissaient à chaque fois. Les filles enceintes étaient emmenées à l'hôpital du coin - le West Coast General Hospital de Port Alberni - et elles revenaient sans leur bébé. Je peux encore les entendre pleurer toute la nuit leur petit qu'elles avaient perdu. ». Et parmi ces "grosses légumes", y en a-t-il qui sont toujours au gouvernement ? Ou qui sont encore vivants et pourraient avoir à répondre de leurs actes ?

L’école d’Alberni, elle, était surnommée le "club des dignitaires", comme le dit un ancien employé du début des années soixante, « à cause de tous ces messieurs importants qu’on voyait arriver pour emmener une fille ou un garçon pour la nuit. ». L’employé en question a reconnu des juges et des flics parmi le gratin qui passait en revue les enfants, alignés en rang. Les filles qui tombaient enceintes étaient liquidées; on retrouvait parfois leur corps dans un champ, un peu plus loin.

Clairement, Annett explique que des réseaux pédophiles opéraient à partir des pensionnats - d’où la fréquence des avortements alors que les filles et les garçons étaient séparés strictement, justement pour "ne pas se reproduire". De nombreux survivants et d’autres témoins ont décrit la connexion étroite entre les Églises qui géraient ces établissements, et les réseaux de pédophilie.

Il semble qu’à partir des années 50, beaucoup de pensionnats se sont mis aussi à l’activité lucrative "d'élevage sexuel", comme l’écrit Annett. Et, en Colombie Britannique, ce business semble avoir prospéré avec la collaboration du très sélect Vancouver Club où les enfants - surtout des garçons - étaient livrés, et cela durant des années, au réseau pédophile qui régnait là[8]. Et qui semble y régner toujours, d’après certains. Ensuite, personne ne revoyait les enfants qui avaient été amenés au Vancouver Club.

Ainsi, on louait les enfants aux amateurs de chair fraîche. Annett dit que ces réseaux existent toujours, mais passent désormais par les chefs des conseils tribaux, ces Indiens – baptisés, évidemment - placés par le gouvernement pour gérer les communautés après avoir massacré les familles des Anciens. Aujourd’hui, nombre d’Indiens expliquent que leurs chefs les obligent à se taire au sujet des abus commis dans les pensionnats. Mais les fonctionnaires du gouvernement, les associations pour l’enfance liées à la police et aux tribunaux sont aussi, aujourd’hui, de gros pourvoyeurs d’enfants.

Un autre témoin et ancien pensionnaire de ces residential schools, William Combes, avait déclaré en 2010 qu’à la mi octobre 1964 - il avait alors 12 ans -, il a vu Elisabeth Windsor, reine d’Angleterre - chef d’État du Canada et de l’Église anglicane -, accompagnée de son mari le prince Philip, alors qu’ils visitaient un pensionnat d’enfants indiens où il se trouvait, à Kamloops en Colombie Britannique. Les tortures et meurtres habituels avaient aussi lieu dans cette "école".

Quelques enfants, dont William Combes, ont été amenés pour pique-niquer près d’un lac avec la Reine. Il se souvient que tous les enfants ont du lui baiser les pieds, ce qui 'lavait beaucoup surpris, à l'époque. Au bout d’un moment, la reine a choisi dix enfants, sept garçons et trois filles âgés de 6 à 14 ans, qu’elle a emmenés. Personne ne les a jamais revus ensuite.

Quant à William Combes, âgé de 59 ans et en bonne santé, il est mort subitement en 2011. Il était le dernier d’un groupe de trois garçons indiens qui avaient assisté à la même scène. Aujourd'hui, plus aucun de ces témoins, qui avaient gardé le silence durant des dizaines d'années, ne pourra plus parler.




VII - Et aujourd’hui ?

Aujourd’hui, les exactions continuent. Personne n’a été puni, ou si peu.

On constate des enlèvements et meurtres de jeunes femmes natives, comme on en voit depuis la même époque à Ciudad Juarez. Selon Annett, ou Georges Brown, un indien retraité de la police, le long de "l’autoroute des larmes", l’autoroute 16, plus de 500 femmes, souvent très jeunes, ont disparu depuis 1989, dont une grande majorité d’Indiennes.

Étrangement, la police, qui se montre "très réticente" à enquêter sur le sujet[9], déclare qu’il n’y a eu que neuf disparitions. Et les médias en sont à 18 voir 40 au maximum. Pourtant, chaque année, une marche est organisée pour rappeler l’ampleur du massacre.

On va probablement arrêter des types, auxquels on mettra sur le dos un meurtre, voir plus. Mais cela n’expliquera jamais 500 disparitions, à moins que tous les serial killers du pays ne se soient donné rendez-vous le long de la Highway 16.

Le profil de ces jeunes femmes est souvent le même: natives ou d’origine indienne, pauvres, parfois droguées, prostituées et violées depuis leur plus tendre enfance. Pour certaines, il a fallu des mois voire même des années, pour que la police ne daigne porter ces femmes disparues ou réagir[10].

Un Indien, Les Guerin, qui a mené sa petite enquête, explique que personne ne veut de ses preuves, y compris les policiers: « Aucun d'entre eux veut se pencher sur ça parce que les flics et les fédéraux sont impliqués dans ces disparitions. Dix des douze dernières femmes à disparaître ont été aperçues alors qu’elles étaient prises par la police montée hors de la "ferme à tuer" de Pickton[11]. Pickton a été le bouc émissaire d'une grosse opération, impliquant de la drogue, du trafic d'enfants, des snuffs movies, même du trafic d’organes. Ce sont les ragots. Nous savons que cinquante ou cent femmes et quelques hommes sont portés disparus chaque année dans les rues de Vancouver. Probablement plus. Quatre-vingt pour cent d'entre eux sont des autochtones. ».

Des policiers, mais aussi des politiciens, des chefs de rédactions dans divers médias, des militaires et des "hommes d’affaires" seraient impliqués dans ces enlèvements. Pickton travaillait avec les flics pour trouver des femmes et des quelques hommes à livrer aux tarés qui les commandaient.

Deux des frères Pickton, Dave et Willy, étaient chargés de nettoyer après les orgies aussi macabres que sanguinolentes de ces messieurs. Évidemment, les Pickton sont tous des tueurs isolés. Dans leur ferme porcine, les Pickton pouvaient faire disparaître quantité de cadavres.

Un témoin explique ainsi le "jeu de la pute" que les flics de Vancouver semblent adorer: « Les flics ramassent des filles dans la rue, les droguent avec de la scopolamine et les filment pendant qu’ils les baisent, dans un club de flics du centre-ville sur la Georgia Street. Puis, parfois, ils tuent les filles et les filment aussi, et ça se vend pour 25.000 $ en tant que snuff. ».

Quand Annett lui demande ce qu’il se passe ensuite avec les organes, la jeune femme poursuit: « C'est l'une des spécialités de Steve Pickton. J'ai rencontré tous les Pickton. Steve dirige une opération de snuff movie à Coquitlam, puis il vide le corps dans un camp de chasse à environ dix miles de Horseshoe Bay, près de l'autoroute Sea to Sky. Il s'agit d'un lieu de sépulture particulière, là-bas, avec des contenants hermétiques dans une citerne métallique. J'ai été là-bas, je l'ai vu. Il est surveillé par la police montée. ».

En 1999, l’UNESCO aurait cité Vancouver, en Colombie Britannique, comme l’une des trois principales villes du monde pour les réseaux pédocriminels et la prostitution infantile. On parle du Canada, pas de la Thaïlande… Et les "élites" du Vancouver Club étaient bien pointées du doigt. C’était il y a 13 ans… De fait, à cette époque, certains parlaient d’un véritable "pipeline de la prostitution" entre Vancouver et la Californie.

Aujourd’hui, les disparitions suspectes de jeunes Indiens continuent: même la Justice trouve que sept disparitions entre 2000 et 2011 à Thunder Bay, en Ontario, sont anormales. D’autant qu’on a retrouvé la plupart des corps dans une rivière. Ces sept jeunes avaient été forcés de quitter leur famille pour aller dans une école hors de leur réserve. Six d’entre eux allaient à la Dennis Franklin Cromaty School, le dernier au Marawa Learning center, gérée par un conseil tribal.

À Vancouver, aujourd’hui, un jeune enfant se loue pour 1.500$ à des pervers qui en feront ce qu’ils voudront. Quand on ne les place pas directement chez des pédophiles notoires. D’après des travailleurs sociaux dans des villages indiens comme Bella Bella expliquent que les chefs tribaux prostituent les enfants à des Américains bien portants, ou à des militaires canadiens, au vu et au su de la police et des autorités.

Il y aurait aussi du trafic d’organes. Au moins une douzaine de personnes disparaîtraient chaque mois à Vancouver. Leurs corps sont enterrés dans un endroit sécurisé, et on envoie leurs organes de l’autre côté du Pacifique.

Là encore, il peut être intéressant de se demander à quoi sont reliés ces crimes et à qui ils profitent. Mais, nous aurons l’occasion d’y revenir.



********


La pédophilie est aujourd’hui un fléau aussi important que l’alcoolisme et la drogue, dans les communautés indiennes. Tant de victimes ! Et si peu ont été reconnues.

Pour conclure, laissons la parole à l’un de ces survivants, Dennis Tallio: « C'est comme ça: on se déteste les uns les autres de s'être tenus bien tranquilles pendant ces années, d'avoir eu trop peur pour donner un nom à ce qui s'est passé, trop peur pour désigner ceux qui nous ont violés et qui ont tué tous ces enfants, ces tueurs qui pouvaient même être des nôtres. Et maintenant, on continue à se tenir tranquilles quand, aujourd'hui, nos propres chefs violent et sodomisent nos enfants, et s'en tirent sans histoires. Mais on a été entraînés à agir comme ça dans les écoles résidentielles. Nous ne savons plus qui nous sommes: des Blancs ou des Indiens? Dites-le moi... ».




source:
arc en ciel http://dondevamos.canalblog.com/archives/2012/10/27/25437034.html


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