TRANSITION ET ARCHE


 
AccueilPortailGalerieFAQRechercherS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 ILLUMINATI ET TRAFIC DE DROGUE

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
invitée



Localisation : Tarn

MessageSujet: ILLUMINATI ET TRAFIC DE DROGUE   Sam 4 Déc 2010 - 17:15

COKE EN STOCK





I - Le Boeing du désert






Dans l’actualité, de plus en plus souvent, tout tourne désormais sur la façon de présenter les choses. L’actualité récente en Afrique nous offre la possibilité de vérifier cette assertion communément acquise. Trois événements assez extraordinaires ce sont produits, qui n’ont pas eu l’honneur de la presse française, à peine un entrefilet pour le premier.

Ces trois événements sont liés à des avions: l’un est un crash, dans un endroit assez inattendu, l’autre est une saisie gouvernementale d’un appareil, le dernier l’atterrissage à répétition de petits avions contenant de la drogue, ayant traversé l’Atlantique on se demande encore comment. À propos de ces événements, dans les quelques articles disponibles sur le sujet, une propagande incroyable va se mettre tout de suite en marche, accusant un Etat, le Venezuela d’Hugo Chavez, pour ne pas le nommer, et une organisation terroriste, Al Qaida; mais ça, vous l’auriez deviné tout seul, je suppose.

Des accusations émanent notamment de chez l’agence Reuters, avec l’article signé Tim Gaynor et Tiemoko Diallo, intitulé «Al Qaeda linked to rogue aviation network» que l’on va retrouver partout, en quelque jours seulement, dans des proportions rarement vues sur le net (coupez-coller l’intitulé et faites une recherche, vous allez voir ! Sidérant !).

Des accusations qui ne seront en rien vérifiées par la presse, qui leur servira amplement de tambour de résonance, sans aucun discernement et sans aucun recul. L’article de Gaynor sera repris partout tel quel ! Les trois événements, en fait, sont liés au trafic de cocaïne mondial, qui ne seraient que le prolongement de ce que je vous avais décrit ici-même il y a quelques mois, à savoir avant tout celui d’un système mafieux, soutenu par des services secrets de tous bords, ou aidés par divers gouvernements. Rien de terroriste là-dedans: du trafic de drogue, mais avec de nouveaux moyens.

Les trafiquants on toujours innové, vous le savez. À l’époque, je vous avais trouvé des sous-marins en haut des montagnes; aujourd’hui, nous allons commencer, si vous le voulez bien, par un Boeing qui a atterri en plein désert… les histoires de drogue sont souvent ahurissantes, mais celle-là semble de loin se détacher du lot.

Le 19 mars dernier, Antonio Maria Costa, le directeur de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) en rajoutait une couche sur l’implication d’Al-Qaida, en parlant cette fois de «taxe» prélevée et non plus «d’organisation»; bel aveu, déjà, à peine deux mois après ! « La drogue est haram (illicite) pour les djihadistes, mais rien n’interdit à al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) de tirer profit des nouvelles routes africaines de la cocaïne pour diversifier ses revenus » affirme-t-on désormais: Al-Qaida n’est bel et bien PAS à l’origine du trafic, contrairement à ce qu’avait laissé entendre Tim Gaynor et Tiemoko Diallo !! Dans un sens, c’est bien un désaveu de la thèse développée en premier; Al-Qaida agît là-bas en opportuniste, sans plus.

Le problème, selon L’ONUDC, a été résolu par Al-Qaida de cette façon (nous y reviendrons plus tard si vous le voulez bien: « Les suspects ont déclaré dans leurs aveux qu’un débat sur la drogue s’est ouvert dans les campements clandestins d’al-Qaida. Il s’agissait de savoir s’il fallait s’opposer ou non au trafic dans les zones d’influence de l’organisation. » Des oulémas auraient tranché la question en proposant de prélever un impôt sur ce transit de marchandises destinées aux « impies des pays apostats ». Al-Quaida se greffe simplement sur un réseau sur lequel elle n’a aucun contrôle à l’origine !





La révélation du crash, en tout cas, est en effet fracassante, et démarre par une image d’avion calciné. En plein désert malien, un vieux Boeing 727 modèle cargo, crashé et incendié gît, abandonné. Étonnantes images d’un aussi gros appareil s’étant posé on ne sait comment au Mali, au lieu dit du Sinkrebaka (le «bélier aux cornes tordues», en touareg). On est en effet en plein désert, à Almoustras, dans la région de Bourem, aux confins du Tilemsi, à 200 km au nord de Gao.

La localité la plus proche s’appelle Tarkint. Tout le monde se demande ce qu’il fait là, et comment il a réussir à atterrir à cet endroit, le 5 novembre 2009 (du moins c’est ce que l’on pense comme date). Car, visiblement, il avait réussi à se poser intact, et c’est après son atterrissage qu’il aurait tenté de redécoller, a raté son coup, s’est écrasé, et qu’on l’a incendié pour tenter d’en effacer les traces de sa présence ou celles de ses commanditaires.

C’est du moins ce que l’on croît au départ, c’est l’explication que l’on donne en premier, ce qui est loin d’être sûr, en fait; nous le verrons plus loin. C’est en tout cas plutôt une superbe prouesse de pilotage, en premier, et en second seulement, un mémorable crash d’avion ! Evidemment, tout de suite, on sent le coup fourré d’un trafic qui ne peut être quelconque mais d’ampleur, vu les moyens ahurissants mis en œuvre. Ce n’est pas un avion charter égaré, il n’y a pas eu de morts: c’est un avion cargo, atterri là par la seule volonté de trafiquants de drogue.





À côté de l’appareil, des traces de pneus indiquent que les pilotes étaient attendus. Avec leur marchandise: de la cocaïne, énormément de cocaïne, dont on ne retrouvera pas de traces visibles; pourtant, l’appareil, un 727-200 cargo, peut en effet en transporter jusqu’à 10 tonnes.

Il est aussi un des rares avions à réaction de cette taille à pouvoir se poser sur des pistes en gravier malgré ses 95 tonnes de poids en charge. Seuls les immenses Ilyiushin 18 à turbopropulseurs ont osé le faire, avec des fortunes diverses, comme ici à Cabinda, en Angola, au bout d’une piste en dur, freins "cramés":



Et on ne voit pas, en effet, comment on aurait pu choisir un avion aussi imposant pour en transporter quelques kilos seulement. Le pays est rongé par un trafic énorme, en effet. En janvier 2008, par exemple, les gardes frontières Maliens avaient arrêté deux camions à la frontière algérienne, contenant au total 750 kilos de cocaïne !

« On se croirait dans la scène d’intro du «Clan des siciliens» d’Henri Verneuil, note justement Afriquifos, à part que l’autoroute a été remplacée par une piste fort sommaire en latérite, en plein désert, et le Douglas DC-8 du film par un Boeing 727. De l’audace, il en aura fallu pour réussir ce tour de force: les pilotes ne sont pas des manchots, la piste où il s’est posé est en latérite, mais quand même. Balisée par quelques pierres et rien d’autre.

L’appareil aurait été incendié après un décollage raté ? Ce n’est pas sûr. Il a très bien pu être brûlé, car, de toute façon, réservoirs à sec, il n’aurait jamais pu redécoller ! À noter qu’un bon nombre de sites, pour présenter son incendie, ont mélangé les vues, confondant cet embrasement avec celui qui a suivi le crash d’un vieux Boeing 707 soudanais à Sharjah, le 21 octobre 2009.

L’appareil avait visiblement perdu… un réacteur… Sharjah, l’aéroport géré par Sheikh Abdullah Bin Mohammed Bin Ali Bin Abdullah Al Thani, membre de la famille royale des Al-Thani, du Qatar. Sharjah, utilisé par les troupes de «Tempête du désert» pendant la guerre du Golfe, et en même temps le temple des Antonov de Victor Bout. Dirigé par Al Thani, que Ben Laden va rencontrer deux fois, en 1996 et en 2000.

En 1996 déjà, la CIA soupçonnait fortement le ministre de l’intérieur du Qatar, Abdallah bin Khalid al-Thani, d’aider les mouvements radicaux islamistes, dont Al-Qaida. Revoilà donc Al-Qaida sur la sellette ! Logique, donc, que son nom apparaisse ici et là; or, à vrai dire, il n’y aucun rapport ou presque avec ce qui ce qui vient de se passer en plein désert malien. Ça, c’est la version que voudrait imposer Gaynor, où ceux qui sont derrière sa plume.

L’avion malien, depuis, a été complètement dépecé par les touaregs qui revendent là-bas l’alumimium 1 500 F CFA le kilo; une véritable aubaine pour eux. Ils peuvent revendre l’aluminium, mais pas la rouille de la ferraille . Selon un rapport des autorités Bissau-Guinéennes, chez qui était donc enregistré l’appareil, l’appareil n’avait plus le droit de voler depuis le 31 octobre 2009 ! En gros, l’avion était venu finir ses jours au Mali !

Il a été crashé sciemment; la théorie du redécollage raté ne tient pas. L’avion était au départ sacrifié. C’est le premier point fort, exit la théorie du redécollage prévu. Les véhicules ayant embarqué la coke provenant, eux, du Niger, précise le même rapport. Dans l’appareil, les autorités ont relevé un carnet à moitié brûlé qui a révélé que l’avion est «immatriculé en Amérique du sud», dit-on officiellement. Tout le monde pense vénézuélien bien sûr. Mais aussi « qu’un important pays africain pétrolier pourrait avoir été le premier propriétaire de l’appareil », avant de le revendre… « à un pays d’Amérique du Sud ».

On songe à un émirat, bien entendu, et pas nécessairement à la Guinée Bissau plus connue pour sa noix de cajou. Visiblement, les enquêteurs qui ont «relevé les numéros» de l’avion, savent très bien à qui ils ont affaire. Mais la diplomatie veut qu’ils ne le disent pas. La chape de plomb médiatique vient de tomber sur cette affaire qui promet tout de suite d’être un beau scandale. Le Mali choisit de ne pas communiquer sur la question. Etrange comportement. On a à ce moment là un avion détruit dont personne ne veut parler, alors qu'il est possible de savoir d’où il vient et que les marques des tas de plaques de constructeur sont encore visibles, malgré l’incendie !

Le malaise persiste quand on découvre qu’une chape de plomb est tombée sur l’événement qui démarre par les photos du crash: en tout et pour tout, il n’existe aujourd’hui que trois photos seulement de l’accident ! Les trois premières que vous voyez dans cet article. Prises de manière à ce que l’avion, certes bien abîmé, ne soit pas aisément reconnaissable. Les ailes ont disparu: dépecées, mais de toute façon séparées de l’appareil lors du crash fatal. Restent un cockpit, renversé, une portion de train principal gauche, et, surtout, la queue, qui permet heureusement d’exclure l’hypothèse d’un 707 qui avait aussi été cité un peu rapidement dans les médias. Il n’y a pas que les trafiquants qui se sont efforcés d’effacer leurs traces !

Visiblement, l’appareil embarrasse certains ! L’étude attentive des documents laisse entrevoir en prime des retouches effectuées de manière à masquer certains indices de couleur. Il n’y a aucun cliché du côté du fuselage, là ou résident des traces de peinture, obligatoirement. Les gens qui distillent l’info la contrôlent, inévitablement, ou cherchent à la contrôler. En prime, l’info apparaît aussi plus d’un mois après le crash. Pourquoi donc, voilà la bonne question !

Reste en effet à trouver quel appareil, si on ne nous le dit pas … Retrouver l’appareil ? On peut chercher, tout d’abord… historiquement : des Boeing 727 venus d’ailleurs, ça nous dit quelque chose. Ça nous rappelle en fait une autre histoire incroyable: celle du vol d’un Boeing de ce genre en Angola, le 25 mai 2003 ! Oui, un vol, mais pas dans le sens voyage dans les airs. Un vol dans le sens d’un Boeing de 95 tonnes, subtilisé comme on vole une voiture !

Un «plane-jacking », en quelque sorte. Un appareil, numéro N844AA, un avion d’AmericanAirlines, appartenant à un société de Miami, Aerospace Sales & Leasing Co (et loué alors à TAAG Angola Airlines), qui avait été transformé en cargo pour transporter du fioul pour moteurs diesel, pour les mines angolaises. Dans de grands réservoirs internes en acier; nous y reviendrons plus tard, si vous le voulez bien. C’était comme «voler dans une bombe» dit à son propos le pilote chevronné qui était à son bord. Voici l’appareil, photographié ici à Opa Locka, en Floride (retenons ce nom, on ne sait jamais, dans l’enquête il risque de revenir !). Loué à TAAG, la compagnie aérienne nationale de l’Angola…



Pour «l’emprunt», ce 25 mai, deux hommes étaient montés à bord de l’avion resté 14 mois sur le tarmacet avaient réussi à le faire redécoller: Ben Charles Padilla, un ingénieur de bord américain de Pensacola en Floride (encore !), dont une partie de la famille vivait en Afrique du Sud, et John Mikel Mutantu, un mécanicien congolais. Il vaut mieux être deux sur ce genre d’engin aux commandes non électriques, bien entendu, étant donné son âge avancé.

On n’a jamais revu Padilla ni Muntantu, et leur appareil volé, malgré les vues satellites demandées et l’activation des recherches de la CIA et du FBI; c’est très étonnant. Mais l’appareil semble bien avoir été observé à Conakry (en Guinée) quelques mois plus tard sous le numéro 3X-GOM, prétendument enregistré N862AA, ou du moins on hésite alors sur son véritable numéro d’usine. L’avion fera la ligne Conakry - Cotonou Cadjehoun- Koufra- Beyrouth quelques semaines seulement: le 25 décembre 2003 il s’écrase au décollage au Bénin, tuant 151 passagers, quasiment tous des travailleurs libanais rentrant chez eux pour les fêtes. L’avion s’émiette littéralement en front de mer.… Exit le B-727 volé, réapparu comme un fantôme… a moins que… ce ne soit pas lui, tout simplement. Mais son frère jumeau !

Avant de disparaître, l’avion avait été modifié en cargos «ADV», avec des réservoirs supplémentaires en caoutchouc souple pour voler plus loin: le 727 limité à 2 500 miles, soit 4 022 km, pouvait ainsi effectuer 4.750 miles, soit 7 642 km. Comme ordre d’idée, un Paris–Caracas fait 7 517 km ! Evidemment, on avait retiré les réservoirs de fuselage dans le N° 3X-GDM pour y remettre les sièges. Pour l’instant, les réservoirs «en dur» du Boeing N844AA étaient destinés à transporter du fioul. L’avion a été entièrement désossé en interne de son habillage intérieur: c’est un avion de passagers transformé en avion-cargo. Il redeviendra passagers avant de se crasher. Enfin c’est ce que l’on pensait…




Le 3X-GDM n’est peut être pas l’appareil volé; il a sa propre histoire, en fait. La vie du Boeing 727-223 de numéro de série de série 21089 devenu de série N862AA le 13 mai 1977 chez American Airlines est un vrai roman, en réalité. Le 3 février 2002, après 25 ans de carrière, il est mis sous cocon dans le désert du Mojave, comme c’est la tradition, après 67 663 heures de vol et 40 720 cycles de décolllages/atterrissages.

Le 20 février 2002, il est vendu à la Wells Fargo Bank Northwest, puis part chez Pegasus le 31 janvier 2003, pour des tests pour la NASA. Là, il se fait réserver à l’achat au nom d’Ariana Afghan Compagnies le 11 mars 2003, mais l’offre est déclinée et il repart chez Pegasus où il sert à de nouveaux essais en vol de moteurs. Ce n’est donc pas notre fameux 3X-GDM volé.

L’appareil a été modifié. Pegasus appelle alors «Super 27» ces deux Boeing 727A loués à Aeropostal Alas, au Venezuela, et basés à Caracas. Le point fort du «Super 27» ? De nouveaux moteurs qui lui donnent une plus grande autonomie... On lui a posé des «kits» de chez BFGoodrich Aerospace Group et de Pratt & Whitney, qui rendent l’engin compatible avec les nouvelles normes de bruit et lui permettent de traverser l’Atlantique tout en consommant moins.

En 2000, Pegasus loue un Boeing 727-200 AHF (Advanced Hushkitted Freighter) à DHL Airways Inc, qui deviendra celui d’une autre société, Air Gemini. Pegasus en vendra aussi à Allegro, une société mexicaine, deux appareils immatriculés en «C» : C-GOKF et C-GNKF, trois en «N »: N369FA, N727FV et N728FV, les deux derniers anciens Carnival Airlines, et 16 appareils en « XA » (et donc bien mexicains). Enfin, le 28 juin 2003, le 21089 est vendu à l'UTA, l’Union des Transports Aériens de Guinée, où il devient 3X-GDM. Déjà, on a une belle confusion entre deux appareils… Entre le numéro 21089 et le 20985, notamment .

Des Boeings 727, on en rayé des cartes un bon nombre depuis quelques années. Le 11 septembre avait ravivé les craintes d’attentats à l’avion bourré d’explosifs chez les autorités américaines, au point que l’on avait remisé ou détruit vite fait un nombre impressionnant d’appareils de ce type dès 2001. Et ce, en raison surtout du passage d’un feuilleton prémonitoire d’avant le 11 septembre de la chaîne Fox, où figuraient des B-727…

Un feuilleton signé Chris Carter, l’auteur des X-Files ! L’épisode 4 du 4 mars 2001 surtout… qui annonçait le crash (raté à la dernière seconde !) d’un 727 sur les deux tours du WTC.







La diffusion a provoqué une véritable hécatombe dans les stocks de 727 restants: soudain, l’avion était devenu maudit !

Mais, très vite, pour notre appareil subtilisé, on s’est aperçu que c’était autre chose qu’une livraison destinée à Ben Laden et plutôt une sorte de règlement de (mauvais) comptes. Selon l’enquête menée, Maury Joseph, le président d’Aerospace Sales & Leasing Co, était en fort mauvais termes avec un broker d’avions de Miami, Mike Gabriel, qui lui aurait fourni le B-727 au Quatro de Fevereiro Airport, à Luanda, en Angola. Un homme qui avait eu maille à partir avec la police; il avait été accusé d’avoir importé cinq tonnes de marijuana, dans les années 80, dans un de ces avions !

Joseph n’étant pas plus clair lui-même en ayant, lui, traficoté ses comptes en faveur d’une autre compagnie qu’il détenait: Florida West Airlines. Une société d’avions-cargos qui desservait les Antilles, l’Amérique du Sud et les USA à partir de Miami. Elle desservait notamment Medellin. Bref, ça sentait plutôt l’inimitié entre personnes peu recommandables, rien de plus.

Une offre d’achat avait bien été faite également pour le 727 par un dénommé Keith Irwin de Johannesbourg, qui y avait créé Select Air, une société qui n’existait même pas en réalité: elle était restée fort justement sans suite. Irwin était un trafiquant d’armes d’Afrique du Sud connu. Résultat, on ne saura jamais si c’était Joseph ou Irwin qui avait «commandé» le vol de l’avion dont le pilote n’a plus jamais donné trace de vie depuis. Pas plus que Joseph, à l’annonce de la disparition de son propre avion !

Remarquez, voler des triréacteurs, le cas se produit plus souvent qu’il n’y paraît. Au Viet-Nam, on est toujours en train de chercher à qui peut bien appartenir un 727 (encore un) peint en rouge et blanc du nom d’une compagnie inexistante (« Air Dream ») et que personne ne réclame depuis deux ans ! un avion abandonné en effet depuis 2007 sur une piste du Noi-Bai International Airport de Hanoi ! Lui aussi est un «adv», capable donc de venir de loin… ou de voler loin; peut-être bien pour les mêmes choses que le 727 crashé au Mali ! L’avion serait Cambodgien d’origine, et aurait dû servir normalement à Royal Khmer Airlines qui, elle, est une compagnie qui existe bel et bien !

Selon certaines sources, quatre autres B-727 avaient disparu de la même façon de Luanda (mais il m’a été impossible de vérifier cette information, qui n’est ressortie que le 7 décembre dans la presse malienne !). Si, à l’époque, les magazines craignent qu’ils ne tombent aux mains d’Al-Qaida, la paranoïa aidant, d’autres pensent plutôt qu’ils ont été plutôt choisis par les narco-trafiquants d’Amérique du Sud, confrontés à la saisie de leurs fameux sous-marins, semi-submersibles, dont on retrouvait régulièrement des exemplaires au large de la Guinée-Bissau ou même de l’Espagne, maintenant !




Quand à savoir ce que sont devenus les autres 727… Récemment encore, les USA avaient offert un troisième 727 à la compagnie afghane Ariana. Nous y reviendrons, rassurez-vous. Il provenait du désert, mais du Mojave cette fois, là où on stocke les anciens avions encore en état de marche (après un bon «refurbishing» !), ou ceux servant de pièces détachées aux autres. Ou de finir de façon un peu honteuse parfois. Pour mémoire, celui-là, c’était l’avion du milliardaire Donald Trump. Oui, un des «ex» de la première dame de France, mais bon. Son nouveau mari lui a promis beaucoup mieux, paraît-il. Et possède déjà un imitateur à 4 réacteurs ! De quoi voir plus de pays !

Que sont donc devenus ces avions angolais, nul ne le sait. Il n’existe aucune confirmation de ce vol à cinq exemplaires. Ce qu’on note, c’est qu’on en trouve pas mal aux Etats-Unis ou au Canada, des vieux B-727 (on a construit 1832, il y a le choix !), tels ceux d’Halifax, quatre appareils dont un siglé SkyOne, un ancien Braniff dont on se posait la question récemment encore de savoir ce qu’il allait advenir. Halifax, où l’on trouve de vieux 727 cargos en provenance de Mexico, par exemple.

Halifax est (avec St Johns !) l’aérodrome le plus avancé du continent américain vers l’Atlantique, rappelons le, ce qui peut être tentant pour une traversée de fin de vie. On y trouve aussi les vieux coucous de Purolator, qui tentent de tanner ceux de Fedex pour s’emparer du marché du courrier USA-Canada. On trouve aussi des 727 fort vieillissants en Colombie, chez Aerosucre, dont un exemplaire trainait encore dans tous les journaux télévisés récents, piégé sur l’aérodrome d’Haïti, au milieu des C-130 déjà arrivés pour les secours. Ceux de la société LAS se promènent à La Martinique.

À Saint Martin on trouve mieux comme Cargo: SRX, une firme russe spécialisée en Antonov (12 et 26) et faisant voler aussi des 727 cargos… une société rachetée le 22 juin 2009 par Amerijet ! Une firme de… Miami !! Bref, des 727, on en trouve comme on veut, et à un prix défiant parfois toute concurrence, si on est pas trop regardant sur l’état général. Des Boeing de ce type, on en trouve à la pelle. Reste à trouver le bon: c’est ce que je vous propose de faire dès demain si vous le voulez bien.


Morice





source:
zamal http://morice.7duquebec.com/?p=31












II - À la recherche du Boeing perdu






Pour l’instant, à vrai dire, les éléments de l’enquête sont plutôt rares : trois photos, sélectionnées ou retouchées pour qu’on ne puisse pas découvrir la provenance de l’appareil au premier coup d’œil et fort peu d’articles de presse. Il faudra attendre celui de l’envoyé de RFI, qui s’est rendu sur place, pour commencer à distinguer ce qui est propagande des faits réels. A voir les précautions qu’ont pris les autorités pour qu’on ne découvre pas l’origine de l’appareil, on se dit tout de suite que on a affaire à une énorme histoire et très certainement à un colossal réseau de drogue. Les faits qui vont suivre ne vont pas nous démentir. L’histoire n’est pas qu’ahurissante : elle engage plusieurs états, elle concerne plusieurs pays et leur façon ou non de lutter contre le trafic, et possède des ramifications dans toute une partie de l’Afrique de l’Ouest, bref c’est un très gros dossier qui nous attend. Le Boeing du désert ce n’est à peine qu’un petit bout d’un iceberg qui va nous occuper pendant des semaines. Mais essayons d’abord de retrouver l’origine de l’engin calciné.

Des Boeing 727, vu le nombre d’appareils construits, il en reste en effet partout dans le monde. On ne voir aussi quelques uns en dépôt aux Emirats, à Fujairah, notamment, dans un beau dépôt où on trouve de tout, surtout des Antonov et des Ill-76, un dépôt où puisait régulièrement un certain Victor Bout. De lui, on trouve encore un 727 à Damas, en Syrie, les deux d’African Express, à la livrée discrète. Le 5Y-AXB, numéro de série 19565, et le 5Y-AXE, numéro de série 21611, le second étant loué à “Ishtar Airlines”, basé à Baghdad et à Dubai. Le fameux 5Y-AXE, est unancien HA Airlines de Jordanie, qui avait acheté trois 727 d’Iberia en 2001, une société devenue Star Air en 2004, installée à Damas et à Bahrain. Le fondateur de Star Air n’étant autre que Paddy McKay, le fondateur d’Air Leone, qui s’est installé à Freetown en Septembre 2004 : le vieux parcours du vendeur d’armes, encore un de plus, qui change d’aéroport quand ll est repéré. McKay possédait aussi un vieux 707, acheté à Phoenix Aviation le Boeing 707 5Y-AXG, (vu ici à Ostende !) numéro de série 19369 (ancien 9G-ACZ chez Phoenix) qui avait fini sa carrière à Kinshasa dans un crash mémorable. Mémorable, car c’est le jour où la dernière Caravelle construite encore en service à brûlé, le 14 avril 2000. Un incendie s’est déclaré dans le hangar où elle était garée avec le Boeing 707 de McKay : or le hangar a violemment explosé. L’avion de McKay était en fait bourré de munitions ! Il y avait eu 129 morts dans l’explosion, dantesque !

C’est à Freetown aussi que sera arrêté Yaïr Klein, le grand rival de Victor Bout, selon un mandat émis par le procureur de Bogota. Chez le leader de Medelin Jose Gonzales Rodriguez Gachan, on avait retrouvé 187 fusils d’assaut Galit ayant fait partie d’un envoi où figurait également 500 Uzi et 200 000 munitions. Dans l’enquête, le cas de la banque BCCI était ressorti. L’homme était recherché aussi au Sierra Leone, pour vente d’armes à des rebelles. Klein est toujours emprisonné (mais en Russie), comme il l’avait déjà été il y a quelques années déjà. Bref, avec un tel crash, dès que l’on cherche un peu on tombe sur l’internationale des revendeurs d’avion d’occasion… et les marchands d’armes qui vont souvent avec.





En Afrique, on voyage aussi beaucoup sur 727, au Congo notamment, recordman des avions poubelles – cercueils volants- comme le montre cet effarant reportage de TV 5 Europe (la reprise de « Complèment d’Enquêtes » de novembre 2006, ici en deuxépisodes). Qui annonçait le prix d’un 727 de 30 ans d’âge, stocké sur place : 1,5 million de dollars seulement, pilote russe ou ukrainien non fourni ! Et montrait un atterrant bricolage a faire peur autour des appareils volants ! Et effectivement : le 16 avril 2008, un avion d’Hewa Boras’écrasait en plein quartier de Goma ! L’accident est dantesque. Il y a bien une vidéo, mais je ne vous la montre pas tellement elle est horrible. En Afrique, incidents et crashs sont journaliers. Le 2 février 2010 encore,un 727 d’Hewa Bora fait demi-tour et revient à l’aéroport de D’Jili, à Kinshasa. « Manque de pression à bord ». La semaine précédente, c’était un autre appareil de la même société qui avait raté son décollage en raison d’une crevaison de pneu ! Enfin, pour oublier ces multiples incidents ou ces horreurs, ajoutons à cette liste ce qui peut représenter un gag : le président du Mali a acheté récemment un avion r c’est un… Boeing 727-200 rétrofité (avec winglets). immatriculé TZ-MBA. Il avait déjà un 707, le TZ-TAC. N’est pas Nicolas Sarkozy ou Ben Ali qui veut, sans doute.





Le Boeing 727, a contrario de ces collègues, est un avion sachant se poser un peu partout, c’est une de ses grandes caractéristiques de sa conception, avec sa solidité légendaire : »Une des particularités qui donnait au 727 sa capacité d’atterrir sur des pistes d’atterrissage plus courtes était la conception particulière de ses ailes. Grâce à l’extension de volets et au déploiement des bords de fuite, le 727 pouvait presque doubler sa surface portante, ce qui lui permettait de voler avec une grande stabilité à de très faibles vitesses ». Car poser un 727 sur de la terre, finalement, il y en a qui l’avaient déjà fait, en Afrique. Pendant 15 années même !!! Le reportage qui nous montre le mieux ce que pourrait être l’appareil du Mali est en effet celui-ci. Celui de France 5 sur « Transafrik », « Tankers en plein ciel » de Jacques Shmit, sorti en 2009, et produit par les films Jack Fébus. Un reportage ahurissant ! On reste bouche bée devant ces fous du ciel assez inconscients pour décoller ou de se poser sur des pistes en terre avec des B-727 bourrés de gas-oil inflammable (une ventilation forcée était installée dans la soute pour extraire les vapeurs de gas-oil !) ! La livraison de gas-oil par avion, un contrat de la Sonangol (Angolan Petroleum Company) signé avec Transafrik-Gemini Air. Aller livrer de quoi faire tourner les énormes camionsdes mines de diamants angolaises dans un pays qui sort d’une guerre où toute l’infrastructure routière a été détruite ! Les fameux avions angolais, les revoilà peut-être bien ! A regarder à tout prix si l’on veut trouver l’origine exacte de ces vols et de ces avions. Des bombes et des poubelles volantes, il y en a eues en effet, comme il existe des pistes avec des nids de poule géants !





L’interview de Joao Amaral, pilote mercenaire aventurier des cercueils volants d’Air Gemini est un grand moment d’aéronautique loufoque. Le moment, où, visitant une épave, il vous explique que le 727s’est vautré car les techniciens avaient oublié de fixer le siège du pilote est un grand moment ! Renversant, comme le siège : tout y est ! Avion en très mauvais état, pistes de décollage en terre de 1800 m seulement !!!… Au détour du reportage, une phrase symptomatique de l’état d’esprit pilote, passé aujourd’hui au vol de passagers (effrayant !) : »le fret, c’est mieux, ça ne parle pas, alors comme ça on n’a pas de réclamations » !!! Le reportage sur le français Jean-Pierre Barbe, son mécanicien en chef, achetant sur Internet ses trois Boeing brésiliens vaut le détour également, comme vaut la vision de la retape d’un volet sur un simple établi de garage ! On le retrouvera à négocier à trois millions de dollars les trois… au prix de gros, sans doute. Chaque appareil étant « amorti en 3 mois à l’époque » grâce aux vols payés 10 000 dollars chacun, nous dit le commentateur (les aviateurs faisant rotation sur rotation 7 jours sur 7 pour alimenter lesénormes bennes des mines angolaises !). Les pilotes »volaient 300 heures par mois » (?), et parfois « pendant 3 jours d’affilée » ! Une vie de dingue !!!

Chez Transafrik, l’un d’entre eux, acier et dessous de nez blanc pourrait très bien être notre candidat au suicide malien. Une photo du site montrant l’arrière du seul 727 restant dans la société est très intrigante (voir la 14 eme photo du catalogue)… on y décèle la même fatigue de métal que sur notre crash. L’avion a été bien plus « brillant » que cela : le voici aux temps de sa splendeur. Avec un détail de la queue ici, un avion Immatriculé S9-BAV… c’est un ancien American Airlines N871AA. Construit en 1978, et de numéro d’usine 21383. On comprend vite la méthode de peinture appliquée à l’économie à l’époque : l’avion tout métal ou presque d’American Airlines ne voit que ses bandes bleues et rouges recouvertes ici de jaune et de vert. Le reste demeure « tout métal »… Dans l’étonnant reportage, Joao Amaral, qui a constaté qu’en 15 ans il avait volé autant qu’un pilote normal en quarante, estime qu’il n’est encore »qu’à 50% de son potentiel » : aurait-il été tenté ces derniers temps par une nouvelle et tentante aventure (et rémunératrice, on suppose) ???





Son avion, le S9-BAV, traversait bien l’Atlantique : le voici le 21 septembre 2001 à Recife. Le11 septembre 2001, il était encore au départ à Washington Dulles International Airport. Etrange coïncidence ! Sous le nom d’American Airlines, toujours. A l’aéroport d’où est censé être parti le vol 77, et le même jour… (étonnante découverte !). En cherchant un peu, on découvre qu’il a été retiré des registres quelque temps après, le 23 décembre 2001. Il avait eu un incident sérieux à Harlingen, Texas le 8 février 1988 pourtant, mais volait encore. Et a été exporté après 2001 à Sao Tome & Principe, au nom de la société Air Gemini. Sao Tome, une île en face du Gabon et la Guinée Equatoriale pour abriter une société angolaise ? Voilà qui mérite toute notre attention ! Chez Transafrik, il y a comme dirigeants Andy Collins-Orford et Jim Barnes, deux américains, un africain du sud, Bryan Davis, un anglais, Alan Spooner et … un angolais, Pimentel Araujo.

Tansafrik est une société « intéressante » : elle opérait également, en 2005, dans la plus grande discrétion, en plus du sien qui sert de couverture, onze des Hercules de la CIA travaillant en Afrique sous le nom de Southern Air Transport. Derrière SAT, il y a « Aircraft Management Consulting Ltd », dont le siège est dans les îles Turks et Caicos. Si vous ne savez pas où c’est, ne vous inquiétez pas, on va y faire un tour très bientôt avec notre enquête. C’est un endroit magnifique ! Tout ce beau monde a tourné autour de la fameuse et richissime Sonangol, la firme qui a été au milieu du scandale Elf-Aquitaine celui dans lequel ELF a copieusement arrosé les élus locaux et nationaux. Celui aussi où la Sofremi, de Charles Pasqua avec Arkadi Gaydamak et Pierre Falcone ont fourni des armes tchéques sorties de Slovaquie, de chez ZTS Osos. Bref, a remonter la filière du Boeing crashé on retombe en terrain miné : celui des vendeurs d’armes en Afrique. Et de leurs liens politiques évidents.





Dans son livre, « Dans le secret des princes » (en 1986), Alexandre de Marenches, grand patron du SDECE (mort en 1995), revient sur la période angolaise décrite dans le film. Le décor qu’il décrit est ahurissant : »nous avions des photographies montrant des ingénieurs de la Gulf Oil, au Cabinda, s’embarquant dans un avion militaire cubain protégé par des soldats communistes cubains en armes. C’est un consortium pétrolier américain, dont font partie certains membres distingués de la Trilatérale, qui aide à maintenir au pouvoir le gouvernement métis prosoviétique en Angola de Luanda… C’est l’une des contradictions d’un conflit essentiel. L’argent prime tout pour certains capitalistes qui croient au veau d’or. » Il évoque aussi un président doutant des activités de Jonas Savimbi (tué en 2002) : »Le président Giscard d’Estaing m’a demandé si j’étais bien sûr que Savimbi et ses partisans avaient saboté le chemin de fer de Benguela, qui transporte vers Lobito, le grand port angolais sur l’Atlantique, les minerais zaïrois. L’ambassadeur de France à Luanda, qui ne sortait jamais de la capitale de l’Angola, faute d’autorisation, lui avait affirmé le contraire. J’ai vu le président hésitant, aussi décidai-je de lui apporter une preuve indiscutable. Je me suis dit, comme Mao, qu’une image vaut dix mille mots. J’ai donc envoyé un de mes officiers sur le terrain, par la bande de Caprivi, cette bande de terre très mince au sud de l’Angola. » De Marenches enverra crapahuter trois mois à pieds un de ses agents, qui reviendra avec les clichés montrant la voie ferrée sabotée en plusieurs endroits : seuls des avions pouvaient désormais ravitailler les mines ! Toute l’infrastructure routière du pays y était aussi passée.





La firme Air Gemini en avait cinq, de B-727, elle en a perdu un sur accident, le 5 janvier 2001, à Dundo en Angola. Il était immatriculé 9-SBAI. Il y est toujours,visible par Google Earth. Un ancien avion de la Poste US. Reste le Boeing 727-116C, un combi-cargo immatriculé ZS-IJH,ancien inter-air, qui a circulé sous les couleurs de l’ONU. Le D2-ERN, un Boeing 727-25C au logo air gemini, couleur jaune et rouge, devenu S9-BAU. Le S9-BAR, ancien Reeve Aleutian Airways et ancien United Airways devenu ainsi. Le S9-BOE, un Boeing 727-22C, stocké comme le précédent en blanc intégral stocké sur l’aéroport de Polokwane Intl, anciennement Pietersburg (en Afrique du Sud), un ancien DHL et ancien Air Canada combi-cargo. Air Gemini n’avait plus ces cinq Boeing 727 depuis longtemps : une photo nous les montre à Uptington, en Afrique du Sud en janvier 2007, « entretenus en état de vol ». Tous en fin de vie, mais entretenus, ils feraient d’excellents candidats au suicide désertique. On y voyait les S9-BOC, S9-BOD, S9-BOG et le S9-BAG. Dans une interview de RFI sur le Boeing crashé, un témoin parlera d’un « gros avion blanc », en effet. Blanc ou métal brossé par le sable du désert ? En tout cas on ne peut le confondre avec le Lockheed L-100 numéroté S9-BOP, détruit à Luzamba en Angola, le 28 décembre 1999, alors qu’il portait un numéro Kazak, UN-485, deux mois après avoir été livré à Transafrik ! L’avion n’avait pas réussi à freiner en bout de piste, et été tombé dans un ravin. A bord, du carburant pour diesel dans un réservoir interne : le contenu habituel ! Dans le reportage cité, on voit au début d’une séquence des employés de Gemini coller le sigle UN (Nations Unies) sur un Hercules LOCKHEED L-100-30 (382G-23C) d’Afrique du Sud numéroté S-9 BOQ, ancien ZS-ORC. Le 12 février 2000, Transafrik avait déjà perdu un autre, de B-727 : le S9-NAZ qui se cassait littéralement en deux à l’atterrissage après avoir raté son approche ILS de l’aéroport de Luanda-4 de Fevereiro.



Au total, arrivé à ce stade, malgré nos intenses recherches, on n’a pas encore retrouvé avec certitude l’appareil. Tout ce que l’on sait, c’est qu’il aurait transféré en une seule fois davantage que les 5,7 tonnes de cocaïne, saisies de janvier à septembre 2007 sur l’ensemble du continent africain ! En revanche on a découvert de sacrés casse-cous, capable de lever un avion de 75 tonnes et plus à partir d’une piste de sable. Chapeau bas ! Pour l’avion, donc, aucune certitude pour l’instant. Il y a bien des pistes, mais aucune ne paraît la bonne. Car très vite aussi, pour brouiller davantage encore ces pistes tortueuses, un individu va débarquer pour expliquer à tout le monde d’où provenait l’avion, et qui en était le commanditaire. Un homme va profiter de l’occasion suscité par l’incroyable crash pour reprendre une propagande qu’il va reprendre quelques semaines plus tard avec conviction : l’avion était destiné à Al-Qaida « bien entendu » et la drogue venait obligatoirement du Vénézuela (bien sûr !) ! Cet homme est évidemment américain, c’est un membre du Homeland Security ! Rien que le sous-titre de son rapport, déjà, annonce la couleur : « le développement le plus significatif dans l’exploitation criminelle des avions depuis 9/11″. Fichtre, voilà qui mérite bien une longue enquête en effet ! En réalité, historiquement, ce n’est pas tout à la première fois qu’un avion gros porteur sert à transporter autant de drogue, mais nous avons le temps de le voir dans les semaines à venir, cela. Pour l’instant c’est plutôt « mystère et boule de sable » à vrai dire.Demain, ou après demain, nous le tamiserons un peu plus, ce fameux sable malien, si vous le voulez bien.

En attendant le prochain épisode, rien ne vous empêche de regarder « Tankers en plein ciel »… Ça semble bien contenir l’une des clés de l’affaire:




Mais aussi le « Complèment d’Enquêtes » de novembre 2006, premier et second épisode:






Morice




source:
zamal http://morice.7duquebec.com/?p=40


Dernière édition par invitée le Mar 8 Mar 2011 - 17:00, édité 10 fois
Revenir en haut Aller en bas
invitée



Localisation : Tarn

MessageSujet: Re: ILLUMINATI ET TRAFIC DE DROGUE   Mar 14 Déc 2010 - 19:09

III - Un Boeing et des Touaregs






Hier, donc, ou plutôt avant hier, nous avons appris l’incroyable nouvelle: un Boeing 727 de 95 tonnes s’est posé en plein désert, il y a trois mois maintenant, contenant une lourde charge de drogue, et a été incendié par ses occupants. Fichtre, voilà qui aurait mérité davantage de publicité dans nos chers journaux télévisés ! Oui, mais voilà: l’endroit où il s’est écrasé à beau être un désert, c’est quand même une région particulièrement malfamée, ou s’écharpent des groupes ethniques, des tribus, aux revendications les plus floues, et où sévit surtout un trafic incroyable de drogue, mêlant haschich et cocaïne, l’opium afghan utilisant d’autres chemins pour remonter en Europe. Bref, si l’on n’a pas eu de reportage télévisé, ça s’explique par la dangerosité du coin. Ce qui s’explique moins, c’est que, dans la région, particulièrement instable et dangereuse au moins depuis des années, on y trouve certains individus, venus en touristes ou en humanitaires. Auraient-ils été tentés, pour certains, de venir voir de près cette soudaine apparition en forme de mirage, telle est la question. L’autre étant l’appareil crashé en lui-même, ou du moins ses expéditeurs et ses réceptionnistes.

Un peu plus tard après la découverte de l’épave, on apprend quelques bribes supplémentaires sur l’invité express du désert. Les autorités Maliennes révèlent en effet un numéro: le QB-312. Qui ne correspond à rien comme pays. L’OB-312 aurait pu exister, au quel cas il aurait été… péruvien. En OD il aurait été Libanais… et en OO…. belge (pour les civils) ! Pour mémoire, voici les pays africains qui auraient pu être concernés: J5 (Guinée Bissau), TZ (Mali), 3C (Guinée Equatoriale), 3X (Guinée Conakry), 6V ou 6W (Sénégal), 5T (Mauritanie), 5U (Niger), 7T (Algérie), XT (Burkina Faso). La Colombie est en HK, le Venezuela en YR… Selon Alexandre Schmidt, le responsable régional de l’Office de l’ONU contre la drogue et le crime (ONUDC), il n’y a pas de doute, l’avion était bien «vénézuélien». Or, l’implication est loin d’être démontrée, on a bien affaire avant tout à un simple trafic de drogues, plus évolué, mais sans lien direct avec la politique, à part les implications locales des politiques avec les barons de la drogue.. Selon Princeton Lyman, ancien ambassadeur au Nigeria et expert au Council on Foreign Relations, « beaucoup de ces pays ont des gouvernements très faibles et le potentiel de les transformer en narco-états est très effrayant. Il y a déjà beaucoup d’argent de la drogue le long de la côte d’un bon nombre de l’Afrique de l’ouest…beaucoup de villas nouvelles à Dakar sont maintenant possédées par des parrains de la drogue ». À l’autre bout, lui répond en écho Tareck El Aissami, le ministre de l’Intérieur vénézuélien: « nous sommes en train de vérifier si l’avion est effectivement parti du Venezuela. Mais le fait qu’il s’agisse d’un avion qui n’a pas d’immatriculation vénézuélienne, mais retrouvé en Afrique et sans que de la drogue ait été saisie, ne permet pas d’affirmer que l’avion venait du Venezuela ». On est allé un peu vite en attribuant la nationalité vénézuélienne à cet appareil, visiblement. C’est bien une volonté manifeste de mouiller Hugo Chavez ! Et cela, on sait d’où ça ne peut que venir: des USA, bien entendu ! Le QB-312 est bien un faux ! Le gouvernement malien, impliqué sans aucun doute au plus haut point dans l’affaire, cherche visiblement à brouiller les pistes ! Qu’à-t-il donc à se reprocher ?





Non, malgré ce que pouvait en dire le net, les pistes s’avéraient infructueuses… En fait, pour le «pays pétrolier africain» cité on possède une bien meilleure idée, qui va se confirmer, et même un aéroport, celui de Bangui M’Poko. Il fallait abandonner la fausse piste de Guinée Bissau ou des appareils angolais, et chercher ailleurs. Les avions de Transafrik peuvent très bien faire l’affaire, mais il y a peut-être mieux encore. Ailleurs, où ont stagné pendant des mois de vieux Boeings 727 comme l’incroyable TL-ADY de Centrafrique Air Express vu ici également à Sharjah. Un avion dont le point d’attache était Bangui, mais plus souvent vu à Sharjah ou au Caire, comme ici, «spotté» par un touriste allemand, le 22 avril 2009: l’avion, malgré son apparence déplorable, volait encore en effet en début d’année 2009 ! Comme ce Midwest A310, bien moins fringuant qu’il y a 5 ans. Au point de décrépitude extérieure où il en était en 2008, ce 727 il fait en réalité le candidat parfait. Il fut un temps où il était nettement plus brillant, lui aussi et volait même encore en 2006, et même jusqu’en, 2009 comme le montre l’étonnant cliché du Caire.





Mieux encore, à la lecture des photos, on découvre une fort étrange similitude entre notre pensionnaire de Sharjah, encore aux couleurs de Centrafrique Air Express etnotre célèbre B-727 prétendument crashé à Cotonou. Sur l’arrière de la queue, l’emplacement du petit drapeau américain d’American a été maladroitement poncé, et le »A » d’American apparaît encore en filigrane… Revoilà notre avion fantôme ! Ne serait-ce pas plutôt lui notre fameux appareil… volé ? «Stolen», en tout cas, c’est ce qu’indique la base de données de Boeing ! Qui indique aussi «WFU» (Permanently) Withdrawn From Use; retiré définitivement du service ! Dans le rapport sur la catastrophe de Cotonou, on citait le 3X-GDO comme appareil crashé… le second B-727 d’UTA. À l’origine, le N862AA en fait. Retrouvé stocké au Mojave Airport – KMHV en mars 2003 à côté du N863AA. Au milieu d’autres collègues. On comprend le mode de peinture rapide appliquée pour passer de l’American Airlines à un avion plus «neutre»: il suffit de repeindre la barre du bas des hublots en bleu au lieu du rouge, et de masquer en bleu clair les anciens insignes visibles. C’est donc le N862AA qui s’est donc crashé, et notre invité du désert est peut être bien l’autre appareil de Sharjah, le N844AA. Son numéro de sortie des ateliers de Boeing étant le 20985. Et cela, les autorités du Mali doivent obligatoirement le savoir. Le numéro est présent à plusieurs endroits sur les restes de l’appareil !

En tout cas, c’est très certainement le meilleur candidat au suicide par immolation dans le désert. Des traces de peinture bleue sur les vestiges de la queue semblent bien correspondre, comme l’absence notoire de peinture du fuselage. La peinture n’a pas brûlé sur la queue, car à cet endroit, il n’y en avait pas et il n’y en a jamais eu. Et là, autant vous dire que ça devient tout de suite plus croquignolet: l’avion volé, c’est tout simplement, lui aussi, un des avions de notre inamovible ami Victor Bout, racheté autrefois à Damascene Airways, à Damas, et photographié à plusieurs reprises à Sharjah, en mars 2008 encore, par exemple, une autre ville située dans un «pays pétrolier»… ça concorde plutôt bien, dirait le féru d’aviation. Selon certaines sources, l’immatriculation de l’avion aurait été de Guinée-Bissau. On découvre qu’il est vraisemblablement saoudien, et qu’on l’a affublé d’une fausse identification; nous allons apprendre, durant cette longue enquête, que c’est une pratique fort courante, en effet. On le voit donc, aussi, très vite débarque la langue de bois. Personne ne veut dire qu’il s’agît de l’ex TL-ADY/N844AA. On sait quel est l’appareil, mais le révéler causera un scandale phénoménal. À moins de le demander à Pierre Camatte qui passait comme par hasard par là, de le confirmer, on ne le saura peut-être jamais. Car l’homme qui a défrayé récemment la chronique était bien dans les parages lors de l’événement.

D’autres enquêteurs, heureusement, au bout de quelques semaines, ont reconstitué l’itinéraire du 727 incendié. Il est très étonnant. Et il confirme notre seconde piste. L’avion serait effectivement parti de Sharjah puis aurait rejoint Mombasa (à 3 720 km en ligne droite) sur la côte Est de l’Afrique, puis Conakry, sur la côte Ouest (à 6 000 km de là !); et c’est à partir de cette ville qu’il aurait décollé pour Panama. Le vol Mombasa-Conakry a-t-il servi à tester la distance ? C’est fort probable: il y a 6 000 km entre Praia et Tocumen ! En plus de la distance, ce qui déjà étonne, c’est le trajet; car c’est au retour, qu’il aurait chargé la drogue. Décollant de Tocumen, direction Maracaïbo-la Chinita dans le district de Julia, à la frontière colombienne, où la drogue aurait été chargée. Les autorités du pays auraient gardé son plan de vol qui indiquait comme point d’arrivée le Mali. Pour ce qui est de l’aire d’atterrissage malienne, une petite indication parvient du… Canada: « de plus, deux semaines avant l’arrivée du Boeing dans le nord du Mali, un petit avion de « type PA 32 (10 places) est passé «très probablement en repérage» dans la zone, selon un responsable de la tour de contrôle de la ville de Gao. » L’avion n’aurait donc en fait même pas tenté de redécoller: on avait prévu dès le début de le sacrifier ! « Pour reconstituer les faits, il faut remonter au 15, voire au 16 octobre 2009. Un PA32, petit coucou d’une dizaine de places, ronronne dans le ciel du désert. La tour de contrôle de Gao repère rapidement l’appareil. Il se dit en «détresse», et «se débrouille» pour atterrir sur une piste de fortune. L’avion était, en fait, en repérage » précise RFI.

Un Piper PA 32 Cherokee Six au Mali ?? C’est peut-être bien la piste tchadienne alors, se dit-on: car, au Tchad, il y en a un de très connu de Piper Cherokee, mais nous en reparlerons un peu plus loin si vous le voulez bien… Vous le connaissez bien, mais vous l’avez sans doute oublié. La drogue aurait donc disparu, dit-on. Ce n’est pas entièrement vrai. Car, au 31 décembre, les 10 tonnes de drogue étaient à encore à la frontière du Mali, en effet. Selon certaines sources, la drogue avait été embarquée dans les pickups Toyota de «la bande des arabes du Mali» des environs de Tilemsi, dans le cercle de Bourem, qui avaient l’habitude de payer leur octroi à des Touaregs Kel Ifoghas à la frontière, cruciale pour la remontée de la drogue entre le Mali, le Niger et l’Algérie. Mais, ce jour là, les Touaregs, prétextant un droit de passage précédemment impayé, accueillent les passeurs avec des balles de Kalachnikovs. Et réclament aussi 30 millions de dinars algériens de droit de passage. Très vite, l’histoire de drogue prend un virage «politique»: les fondamentalistes s’en mêlent en effet. Échange de mots, puis de tirs, puis prise d’otages: la drogue pouvant très bien à ce moment-là changer de mains également. Et de pays; selon certains, la drogue serait passée par le Tchad.

Les Touaregs sont dirigés par Halid Ag Mohamed, de la tribu Kounta. Les Kountas sont une tribu arabo-berbère qui va, au final, après refus de payer, bataille, prise d’otage et échange de tirs, le folklore local sans doute, finalement se charger elle-même de faire remonter les 10 tonnes vers le Tchad puis vers l’Egypte: le chargement a été… volé. Le 15 février, ce même Halid Ag Mohamed sera arrêté à Tamanrasset, en Algérie, avec trois de ses coreligionnaires maliens. On nage en plein chaos politique entre le Mali et l’Algérie, avec lui: c’est le fils aîné de Mohamed Ag Intallah, un député de la région de Tin-Essako, et le neveu d’Alhabass Ag Intallah, le député de Kidal qui est aussi le président du «Réseau de plaidoyer pour la paix, la sécurité et le développement au Nord-Mali »… qui n’a que le nom de façade. Selon plusieurs informations recoupées, Halid Ag Mohamed doit son arrestation à la DEA américaine qui le pistait, c’est le mot, depuis des mois. Les pseudo-fondamentalistes ne sont que de vulgaires trafiquants. Mais il ont bien des liens avec le pouvoir malien en place !





Quelques mois avant, au Tchad, le responsable du Front Islamique Tchadien (FIT), Ahmat Ismael Bichara, emprisonné depuis, en avait en effet sorti une bonne, de phrase, pour justifier ce genre d’action de type mafieux. L’islam, on le sait, condamne fermement l’usage de la drogue ou de l’alcool. Qu’a cela ne tienne, selon Ahmat Ismael Bichara, voilà tout à coup que « le trafic de drogue autorisé pour combattre l’Occident ». Les dix tonnes ont aiguisé les appétits. Ou comment on transforme un mouvement islamiste en trafiquants. Certains disant même que c’est plutôt l’inverse: de vrais trafiquants à la base, devenus islamistes par pur calcul et intérêt politique. Des mafieux, avant tout: la «bande des arabes», en représailles, avait en effet pris le doyen des Kountas, Baba Sidi Elmoctar, 88 ans, le 22 janvier dernier, ce qui avait déclenché les hostilités dans le secteur, qui est une vraie poudrière, à vrai dire.

Pour expliquer rapidement la situation, il faut savoir que l’AQMI est est le nouveau nom donné en 2007 au «Groupe salafiste pour la prédication et le combat» (GSPC) algérien, des terroristes islamistes de sinistre mémoire. Lui même créé en 1998 par Hassan Hattab, en dissidence à l’extrême violence déployée par les Groupes islamiques armés (GIA) contre les civils. Un groupe nouveau, en fait, «surveillé» de près par le Département du Renseignement et de la Sécurité (DRS) algérien. Sa créature, disent certains, la même relation qu’entre Ben Laden et la CIA. Aujourd’hui encore, le leader de l’AQMI, Abdelmalek Droukdel (alias Abou Mossab Abdelwadoud), est supposé être «drivé» de près par le DRS qui manipule beaucoup de monde, décidément, dans le pays. Une façon de faire qui intéresse au plus près les français, soucieux de ce qui se passe en Algérie depuis toujours. Au DRS, le dirigeant était, jusqu’à sa mort en 2007, Smaïn Lamari, chef du contre-espionnage, très ami avec le français Raymond Nart, l’ex-numéro deux de la Direction de la surveillance du territoire (DST), aujourd’hui retraité. Les français suivent toujours les opérations algériennes de près, par tradition dirons-nous. Et s’intéressent aussi aux Boeings pleins de drogue, par «tradition» également, nous le verrons plus loin.

Hassan Hattab est un peu le Ben Laden local, donc; on l’a souvent annoncé arrêté ou mort, pour finalement s’être rendu le 6 octobre 2007, paraît-il. Depuis, c’est comme Ben Laden, on ne sait rien de lui; il n’est dans aucune prison algérienne, en tout cas. Tout le monde pense à son égard à un membre de plus du DRS qu’il faut entretenir, cacher et protéger ! Un jour mort, un jour disparu, on ne sait plus trop bien quoi en faire; un Ben Laden maghrébin, en quelque sorte ! On annonce son procès, on le reporte, et on finit par dire qu’on ne sait même pas où il est ! Même chose pour Amari Saïfi, alias Abou Haïdara, alias Abderrezak El-Para, un ancien parachutiste de l’école militaire de Biskra devenu terroriste au GIA puis au GSPC. D’où son surnom. Un personnage extrêmement sanguinaire. C’est lui l’auteur de l’embuscade du 4 janvier 2003 contre un convoi militaire près de Batna qui a fait 43 morts. Et c’est lui également l’auteur de l’enlèvement de 32 touristes allemands qui lui ont rapporté 4,6 millions d’euros en échange de leur libération ! Il a été arrêté il y a cinq ans par les autorités algériennes, et depuis on ne l’a pas revu non plus. Il aurait disparu, lui aussi ! C’est fou ce que les pires islamistes arrêtés «disparaissent», en Algérie ! Des Ben-Laden, finalement, il y en a plus qu’on ne croit en ce bas monde ! Le 19 mars 2010, le Figaro, via Thierry Oberlé, s’aperçoit enfin de ce qui se passe et titre justement: « Al-Qaida au Maghreb taxe les trafiquants de drogue ». Des Ben Laden, ce n’est pas ce qui manque, en effet ! Le commentaire est juste: « les djihadistes ont vu monter en flèche leurs prélèvements «douaniers» avec la transformation du Sahara en autoroute de la cocaïne en provenance d’Amérique du Sud. La «poudre blanche» qui passe par le désert est transportée par avion de la Colombie vers l’Afrique de l’Ouest. Puis, elle remonte vers l’Europe via le Sahel. Les contrebandiers suivent les anciennes routes des caravanes des marchands de sel. Ils y croisent les colonnes d’al-Qaida. Des alliances conjoncturelles se nouent entre les groupes ». Des « des alliances conjoncturelles» la formule ne manque pas de sel, en effet…

Selon beaucoup de sources, Abderrezak El-Para serait donc lui aussi un agent du DRS. Selon Alain Rodier, ancien officier supérieur des services de renseignement français, la plupart des chefs d’AQMI sont des Agents du Département du Renseignement de la Sécurité algérienne (DRS). À commencer par l’ancien chef du GSPC (Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat) algérien, rebaptisé AQMI: Amari Saïf, alias El-Para. « Le but du jeu ? Il est simple »… pour Jeremy Keenan, anthropologue britannique, « El-Para n’a pour autant jamais cessé de rouler pour le DRS (services secrets algériens) ». Ses opérations, sous couverture, vise, selon lui, un double objectif: « permettre à Alger de resserrer les liens avec les Etats-Unis, dans le cadre de sa guerre contre le terrorisme post-11septembre, tout en offrant à Washington l’occasion d’amorcer son contrôle militaire du Sahel ». De multiples provocations, destinées à implorer l’aide américaine !

Or le «ravisseur» de Pierre Camatte, Abdelhamed Abou Zaïd (celui qui l’a littéralement acheté à ses ravisseurs véritables !), était le proche adjoint du fameux Para ! Finalement, notre «agent» se serait tout simplement fait piéger par d’autres ! Pourquoi serait-il venu vérifier le contenu d’un Boeing ? Car ça doit rappeler quelque chose à la France, tout simplement, un Boeing bourré de coke, comme nous le verrons plus loin… avec un peu de patience, si vous le voulez bien.





Qu’on m’explique donc ce qu’il faisait-là, notre humanitaire découvreur de plantes anti-paludisme. Le 14 décembre 2008 dans la région de Tillaberi, dans l’ouest du Niger, deux diplomates sont enlevés: Robert Fowler, envoyé de l’ONU, ancien ambassadeur du Canada au Niger et Louis Guay, chargé du Soudan à Ottawa. Ils seront libérés le 22 avril 2009. Le 22 janvier 2009, à la frontière entre le Mali et le Niger, alors qu’ils revenaient d’assister au festival de culture nomade « Tamadachit N’Azawagh » d’Andéramboukane, quatre touristes on été enlevés: le britannique Edwyn Dyer, les Suisses Werner et Gabriella Greiner et l’Allemande Marianne Petzold. Le 22 avril, les deux femmes sont libérées à Gao. En juin 2009, Edwyn Dyer est tué par ses geôliers… Selon Fowler, on les avait suivis depuis le début. En décembre 2008, il avait rencontré le ministre de l’intérieur du Niger, Albadé Abouba, à qui il avait confié son trajet. Pour lui, il n’y aucun doute, c’est bien le Niger qui est en cause… La responsabilité du Niger et celle de la Guinée, Alexandre Schmidt, de l’ONUDC, la met également en cause en dénonçant la présence de laboratoires de transformation de la cocaïne dans le pays, le 16 novembre à Dakar. Des laboratoires contre lesquels on ne fait rien, selon lui. Outre le fait que ce sont des matières chimiques pour la production des stupéfiants, ce sont également des produits qui représentent un très haut taux de toxicité vis-à-vis de la population. Il y a donc un problème de santé publique. Ça peut polluer, c’est inflammable, ça peut exploser. Or, visiblement, les freins pour les détruire existent: à la mi-octobre, l’ONUDC a soumis au gouvernement militaire de la Guinée une proposition de plan pour détruire les substances et attend toujours une réponse, selon des officiels de l’ONUDC. La junte a demandé l’assistance de la communauté internationale pour détruire les produits chimiques, disant qu’elle n’en avait pas les moyens. Des moyens, ou une politique déficiente pour lutter contre la drogue ? Pour quelle raison exacte ? Car on y participe ?





On est donc en présence d’une région où la drogue circule et où des touristes ou des diplomates se font enlever à tire-larigot, et un se fait assassiner en juin de cette année là. Les ambassades sont censées prévenir les personnes se rendant en région dangereuse. Et Pierre Camatte arrive après ces événements ou il y est déjà ? Sans prendre conscience du danger depuis janvier 2008 ? Selon le ministère français il s’y rendait «régulièrement». Selon les maliens, il était sur place depuis 2008… « à la tête d’une ONG locale et gèrait aussi un hôtel ». Rien que l’intitulé malien prête à sourire. Les américains de la CIA, quand ils surveillaient le Nicaragua, «géraient» aussi un établissement, le célèbre Maya Hotel à Tegucigalpa, au Honduras ! Dans la presse, Camatte avait été arrêté «dans un hôtel». Mais on ne se doutait pas qu’il en était le gérant... pour un dirigeant d’ONG… Rarement vu otage libéré si bien entouré. Sans aller jusque là, certains sur place confirment bien sa présence depuis 2008, et l’otage aurait bien été la victime d’un réglement de comptes mafieux entre factions Touaregs. Enlevé au départ par des «Ifoghas et des Chamanamass, réputés être des éléments de l’Alliance du 23 mai pour le changement», opposés donc au pouvoir local et désireux de le montrer de cette manière. Ok; mais pourquoi, en ce cas, à son retour, se lancer dans une telle diatribe envers Al-Qaida ? Ça n’a aucun sens. Sauf celui de sortir la parole diplomatique souhaitée, en mission commandée. Un rappel indirect de la situation de 2008 avec les otages d’Areva au Niger ? Un porte-voix des Touaregs ? Ça gronde dans tout le secteur et ce n’est pas bon du tout pour… Areva !

En fait, le Mali s’est retrouvé, avec cette épave, avec sur les bras dix tonnes de coke qui ont ébranlé sa fragile république. Tout fonde à croire que le vieil homme (Baba Sidi Elmoctar, ndlr) est au centre d’un règlement de compte sur fond de narcotrafic. Le genre qui déchire aujourd’hui le nord du Mali, malgré tout ce qui nous est dit. Les bandes s’affrontent, s’entretuent et, il faut le reconnaître, les montants en jeu expliquent parfois la radicalité des méthodes employées. C’est le cas du conflit ouvert qui oppose présentement deux de ces gangs autour d’une saisie-confiscation de cocaïne dont la valeur dépasserait une cinquantaine de milliards de Fcfa. Sur place, on a bien compris que cela n’a strictement rien à voir avec Al-Qaida… c’est un narco-trafic, rien d’autre. Et un beau sac de nœuds, en tout cas. Surtout que le SITE Group de Rita Katz s’en mêle, avec une photo assez étonnante. De terroristes…en baskets ou chaussures de marche qui font les déguisés parfaits.





Le 3 février, on apprenait que le ravisseur de Camatte, Chedani Ould Inamey, avait été avait été lui même enlevé


Morice





source:
zamal http://morice.7duquebec.com/?p=61












IV - Boeing, Touaregs… et espions !






Nous voici donc au Mali : en Afrique, le pays occupe une position particulière : au Sud, il touche aux pays de l’Afrique Noire débouchant sur l’Atantique Sud. A l’est, il a comme voisin la Mauritanie et au Nord-Est il touche l’Algérie, et à l’Est enfin le Niger. Tous des pays impliqués dans des trafics de drogue, dont la cocaïne mais aussi la marijuana, qui passe habituellement vers le Maroc via l’Algérie, en provenance des bateaux de la côte Ouest africaine. Parfois aussi dans l’autre sens, le Maroc étant également producteur. Si les pirates ont décidé de cracher leur avion là, c’est parce qu’ils voulaient brûler une étape pour arriver plus vite encore en Europe, où leur avion est interdit de vol pour vétusté. Car visiblement, ce n’est pas une panne qui aurait obligé l’appareil à atterrir là : non, selon plusieurs témoignages, il était bien attendu. C’est à dire aussi qu’il bénéficiait sur place de pas mal de complicités, ce que nous allons découvrir aujourd’hui si vous le voulez bien.

Mais revenons-en aux avions entrevus. Un Piper (belge ?) aurait tourné autour de la zone, donc, disions nous : peut-être bien. Et comme la DGSE suit les affaires de Boeing, comme nous le verrons un peu plus loin, depuis une autre affaire remontant à dix ans maintenant, ont est en droit de se demander ce qu’un françaiscensé faire dans l’humanitaire faisait dans un hôtel de Ménaka, une communauté de 63048 habitants, et la capitale des Iwillimiden. Etait-il allé vérifier les inscriptions figurant sur les restes du Boeing et que ne veulent pas divulguer les autorités maliennes ? Un français sur place lors de la découverte du crash de l’avion, quelle aubaine ! Camatte est là et ce n’est pas un hasard. La DEA, derrière laquelle se cache la CIA, aussi. En 2004, déjà, la DGSE et la CIA jouaient déjà au chat et à la souris avec Pierre Brochand, patron alors des services secrets français, venu en personne surveiller comment les américains surveillaient les champs pétroliers algériens… Voilà qui nous ramène à tout autre chose qu’un simple avion bourré de drogue !

Brochand, l’homme qui était derrière l’expédition Julia en Irak. Juia, débarqué sur place flanqué de Bruno Carnez un ancien directeur à l’Unesco, un professeur d’histoire à la Sorbonne, Philippe Evano, des « réseaux Foccart » et d’un ex-commando de marine, pilote d’hélicoptère et nageur de combat, Philippe Brett, ancien gros bras de Bruno Gollnisch… De véritables pieds nickelés, venus rencontrer l’homme qui en savait beaucoup sur l’affaire deux otages français en Irak : Moustapha Aziz, l’ homme d’affaires saoudien (ou marocain), un marchand d’armes, ancien proche de Mobutu et très lié à Laurent Gbagbo… Avion de la drogue ou avion de marchand d’armes ? Drogue contre armes, le vieux plan habituel ? Trafiquants colombiens ou CIA ? Voilà un excellent sujet pour la DGSE, comme pour la CIA ! On se bouscule, chez les nombreux conseillers présidentiels, pour savoir ce que représentait véritablement cette surprenante épave du désert… selon un magazine, je cite « les américains profitent du besoin des groupes armés algériens en armes pour tirer d’avantages de renseignements susceptibles d’aider à éliminer ce groupe en Afrique. La région du sahel est devenue un espace ouvert aux services de renseignements de plusieurs pays qui tirent profit du cahot et du vide qui y règne. » Alors qu’on nous annonce, dans ce fatras, qu’un français qui se serait fait passer pour un humanitaire aurait été un espion de plus dans le coin, pensez bien… qu’on ne pense pas deux minutes à la version officielle !

Durant l’enquête qui suit le crash, quelques uns ont remarqué une chose : le rôle trouble du maire de Tarkint, où s’est écrasé l’avion. « L’accident remonte t-il à bien avant le 2 novembre comme semblent le penser certains ? Possible. Le fait est que la découverte officielle de l’épave date du 2 novembre. » Mieux encore :« l’incontournable arabe (le maire de Tarkint) connaît le désert comme sa poche et a été de toutes les négociations pour les libérations d’otages gardés dans le Nord malien, de 2003 avec les otages allemands à 2008 avec les otages canadiens. Il agira toujours avec discrétion et tact et ne laissera transparaître sa déception qu’une fois avec l’affaire des Canadiens révélée, il y a un trimestre par le Mail and Guardian »… l’homme qui a négocié la rançon des otages en servant d’intermédiaire est celui qui aurait retardé l’information sur le crash ? Le même quihabitait à deux pas de l’épave ? A Tarkint, les jeunes du coin en savent bien davantage, visiblement…





Selon d’autres sources, de l’autre côté de l’Atlantique, on a effectivement bien pisté un B-727 dans le secteur du Venezuéla. Selon d’autres informations, un Boeing 727 « immatriculé J5-GCU de Guinée-Bissau« , a bien été vu en train d’atterrrir à l’aéroport international de La Chinita, à Maracaibo, à 11h heures du matin, le 16 octobre, en provenance de Panama, où il n’est resté qu’une heure, le temps de faire le plein. Son équipage a présenté aux autorités un plan vol à destination de Bamako… au redécollage, lors du survol de Barinas, le pilote a signalé à la tour de Barquisimeto qu’il avait des problèmes et devait s’écarter de la route prévue. Le trajet indiqué est troublant : l’avion descend plein sud-est vers Barinas, et indique à tour située plus au Nord qu’il ne prendra pas sa direction première. Or, de Maracaibo vers Bamako… il y a 6 900 km, et ça ne passe pas au dessus de Barinas. Même chose vers Praia au Cap Vert. Visiblement, le B-727 se dirige alors vers le Brésil, vers Sao Luis ou Recife… On verra plus tard que non en fait. Ce n’est pas la seule erreur d’interprétation qui sera faite. Les internautes confondront très vite, hélas, l’immatriculation J5-GCU avec celle du J5-GGU, celle d’un Boeing 707 vu encore le 25 mai 2009 à Sharjah, en état de marche. Et vu à Mombasa le 25 novembre 2009 également. Car l’épave maliennne est bien celle d’un B-727, c’est l’arrière qui nous le prouve. C’est indéniable : ce n’est pas un Boeing 707 qui a brûlé sur place.

C’est à Maracaïbo, un des aéroports les plus proches de la Colombie, finalement, que la drogue d’origine colombienne aurait été chargée, donc, selon un schéma bien connu maintenant, l’avion se ravitaillant alors en carburant, notamment dans ses indispensables réservoirs souples de soute. A la Chinita, il y a pourtant une base militaire, celle d’Aérea Rafael Urdaneta. C’est après que les radars vénézueliens perdent quelque temps sa trace : le pilote a éteint son transpondeur. Il le rallume au sortir de l’espace aérien vénézuélien et se retrouve suivi par le radar de Trinidad et Tobago : il a donc changé de route et se dirige bien vers le trajet « habituel » de traversée et non vers le Brésil. La direction que donne le contrôle aérien vénézuélien est en effet très nette : l’avion se dirige vers Praia, au Cap-Vert : la route étant fort étrange pour un 727, les autorités vénézuéliennes lancent un appel d’alerte. Sans réservoirs supplémentaires en soute, dont ils ignorent l’installation à bord, il va droit au crash. L’avion est donc surveillé par les autorités de plusieurs pays, et le Venezuela n’a pas cherché à cacher quoi que ce soit, contrairement à ce qui a pu être dit (par qui on sait !). Après l’escale de Praia, il va s’écraser en plein désert malien après être rentré profondément en Afrique. Fin du périple, après s’être ajouté plus de 12 000 km au compteur (avec l’aller-retour) !





On conçoit alors une chose : le prix de l’avion, sacrifié dans l’affaire, celui de la prime de risque accordé aux pilotes et celui du kérosène, à bord, représentent un investissement certain. Il ne peut y avoir qu’une cargaison de cocaïne imposante pour l’exliquer. Pour faire 4 450 km dans sa version normale, un 727-200 consomme 37 tonnes de carburant. Financièrement ce n’est qu’une paille pour lui, pourtant, et son fonctionnement : à 45 000 dollars le kilo (30 500 euros), prix moyen aux USA,les dix tonnes de coke valent au bas mot 450 millions de dollars (305 millions d’euros !), sur le marché actuel, pas loin d’un demi milliard ! D’où une bande de pillards qui s’écharpent à la frontière pour son contrôle, et qui finissent par revendre la drogue à un prix très inférieur à des égyptiens qui ne l’attendaient peut-être pas, finalement. La drogue a très bien pu être vendue par des personnes autres que celles prévues au départ ! L’autre question qui reste en suspend étant : si l’avion s’est crashé au redécollage seulement, cela pourrait aussi signifier que d’autres l’ont peut-être précédé, et ont réussi à repartir, eux ! A moins que la « date de péremption » de l’appareil incluait sa fin dans le contrat de départ, tout simplement, ce qui est bien plus probable ! De toute façon, il n’aurait pas eu le droit de revoler après selon les autorités ! Pour ce qui est de ceux qui l’auraient précédé, on peut essayer les alentours du 15 août, au Cap Vert, par exemple. Ça ne vous dit rien ? Mais si, réfléchissez un peu, vous allez retrouver. Avec une image, peut-être. Ou deux. Voire trois. C’est la Mauritanie qui serait visée, avec son port de Nouakchott. Ou Praia, tout simplement, au Cap Vert. Si un autre avion avait fait le trajet en juillet ou début août, quel aurait été l’autre moyen possible d’évacuer la drogue vers l’Europe, directement ? Par cargo bien sûr ! Tous les cargos vraquiers ont une coque double, dans laquelle il est facile de dissimuler des ballots de drogue. Il n’y a pas nécessairement ce que cherchent les douaniers sur le pont ou dans les cales !

A son arrivée à Praia, un radar prend bien en charge notre 727, mais pas à l’arrivée sur la côte africaine : là où il va, il n’y en a pas : « Y avait-il aussi des complices dans une tour de contrôle de la sous-région ? Pas sur. « Officiellement, toute l’Afrique de l’Ouest est couverte par des radars de l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique (Asecna). En réalité, il y a des zones d’ombre, notamment dans le nord de la Mauritanie, confie un pilote malien. Si l’équipage de l’avion n’a communiqué avec aucune tour, il a pu voler incognito depuis les côtes de l’Atlantique jusqu’a Gao. » Résultat, il est entré sans se faire remarquer dans l’espace aérien mauritanien ! En Afrique de l’Ouest, aucun radar digne de ce nom ne protège la côte ! C’est bien cela le problème ! Toute la côte Ouest est un gigantesque gruyère à surveillance radar !

L’avion brûlé, ses pilotes volatilisés. Epilogue de l’histoire dans la presse malienne, passablement écœurée : « C’est le plus tranquillement du monde, par l’aéroport deBamako,que l’équipage du vol « coke 007″ s’est volatilisé, apprend-on de bonne source. Venu du Venezuela, le Boeing 727 des trafiquants de cocaïne avait atterri début novembre sur une piste de fortune au nord de Gao. Comme les pilotes étaient de type européen, ils ne passaient pas inaperçus. Ils se sont donc procuré de faux papiers, ont pris la route Gao-Bamako et ont quitté le Mali par un vol régulier. Étonnés d’une telle audace, les enquêteurs cherchent activement d’éventuelles complicités du côté de la sécurité d’État ». A, là, en effet… on a une petite idée de la nationalité des pilotes. On va même traduire assez vite « européen » par… belge. On pourrait aussi tenter portugais remarquez, à se remémorer les exploits de ceux de Transafrik. Mais cela, nous le verrons plus loin si vous le voulez bien.





Tout en apprenant que les atterrissages clandestins continuent : le 6 février dernier encore, c’est un Raytheon-Beechchraft 300piloté par quatre « sud-américains », qui a atterri dans la région de Kayes, (à 360 km à l’ouest de Tombouctou) avec à son bord 4 tonnes de cocaïne. Selon des témoins, l’avion avait carrément été « réceptionné » par des officiels locaux. Une nouvelle fois. Des noms sont même cités dans la presse : Baba Ould Cheikh, Cherif Ould Tahar, Hanouni Ould Labiadh, Ould Lagwinate. Toujours selon la presse locale, « l’avion, sous pavillon sud-américain, a décollé le lendemain dans l’après-midi. C’est une patrouille de l’armée malienne, composée de trois véhicules de la caserne de Nampala, région de Ségou, qui a procédé au balisage du terrain avant l’atterrissage de l’avion ». On ne peut être plus clair. Bis repetita le 9 févier, trois jours plus tard avec le même type d’avion à Aïn In Esséri, à 300 km au sud-est de Tinzaouaten (près du Niger cette fois). « Il a été accueilli par le même groupe de Tarkinte, de Gao, en coordination avec des Arabes venus du Niger. Il s’agit en réalité des mêmes personnalités proches du pouvoir central et qui avaient constitué des milices pour combattre la rébellion touareg avant de s’associer plus tard aux groupes terroristes d’Aqmi, avec des véhicules et des armes mis à leur disposition par le pouvoir ».Arabes du Niger, AQMI, Touaregs : même scénario que pour les 10 tonnes du Boeing ! Et un appareil cette fois très certainement… volé. Car à Barcelona, le 11 janvier qui précédait, un Beech similaire immatriculé N1844S et appartenant à Stephens Group Inc, de Little Rock, dans l’Arkansas (qui possède aussi un Falcon 50 N1829S), avait été tout simplement subtilisé par trois hommes sur l’aéroport, à l’insu de tout le personnel de la tour de contrôle. L’avion avait fui en rase-mottes en évitant les radars en direction d’Higuerote, dans l’état de Miranda. De fortes probabilités existent pour qu’on ait affaire au même appareil pour au moins un des deux arrivages. Dans le Figaro, cela donne sur le Boeing 727 : « Dix tonnes de cocaïne seraient parties en fumée. L’enquête a révélé que l’appareil affrété par un cartel sud-américain avait fait escale en Guinée-Bissau, la plaque tournante des mafias, avant de remonter vers le nord en pilotage manuel sans être repéré par les radars. D’autres vols ont sans doute eu lieu avant le crash. » Pas « sans doute » donc, le Figaro n’a pas été très loin dans son enquête,visiblement…. le « grand reporter au service étranger » aurait pu trouver tout le reste… à savoir tous les autres avions dont je vais vous parler…

Le fin mot de l’histoire de la présence ou non de membres de la DGSE, c’est l’analyse subtile de la Tribune d’Alger du 7 mars 2010 qui nous la donne : « cela étant dit, nul n’est dupe des autres motivations américaines. Washington a toujours inclus dans ses approches stratégiques un paramètre non moins important : le pétrole. Le rapport de l’ex-vice-président américain Dick Cheney,paru en 2002, éclaire plus d’une chandelle sur ce sujet. Ce dernier qualifie l’Afrique comme une des ressources énergétiques stratégiques nécessaires pour les Etats-Unis à l’avenir. D’où leur volonté d’installer, à tout prix, des bases dans cette région. Les Américains, qui continuent à nourrir les espoirs de voir un jour les pays de la région accepter l’installation de leur Africom, observent de près les manœuvres françaises au Sahel. La France, ancienne force coloniale, sait plus que tout le monde que sa présence sur les lieux est le seul moyen de lui assurer, entre autres, l’accès aux richesses naturelles et particulièrement aux ressources énergétiques ». C’est le syndrome de l’Irak qui recommence. Les américains pensent pétrole tout le temps. Quant à savoir qui était Camatte, il semble que l’affaire soit conclue : « La prolifération des associations françaises dans la région offre le bon couvert à bon nombre d’agents de la DGSE et permet à l’ancien colonisateur d’avoir les informations qui renforcent sa présence et ses ingérences dans la région. Le dernier exemple en date, et non des moindres, est celui des pressions exercées par Paris sur Bamako pour l’élargissement de quatre terroristes en contrepartie de la libération d’un agent des services de renseignements français. Une politique dangereuse d’autant qu’elle prouve, une fois de plus, que la politique sécuritaire française est tributaire de ses propres intérêts. » Ancien prof de sport au collège Notre Dame et au Lycée St Joseph à Epinal (3 eme ne haut à gauche), joueur de hockey (il aurait été champion de France 1978) et arbitre aux « Dauphins » de la même ville l’homme en serait-il ? Dans ce cas, c’est une vocation sur le tard !

De fort graves accusations à propos de l’état malien donc, relayées par un autre arrivage clandestin de bien plus grande ampleur : celui du 25 janvier 2010, sur la piste de Mema, près de la localité de Kita, à 76 km seulement de Tombouctou (Mali). Un avion décrit comme un « cargo » cette fois, peut-être un bimoteur Antonov 26 (comme celui des forces maliennes) ou un Fokker Friendship, permettant plus de 6 tonnes d’emport, à moins que ce ne soit un Dash 800, avec à bord pas moins de 250 bidons de cocaïne, selon les témoins locaux. Il aurait fallut quatre trajets de 6 gros véhicules 4×4 pour décharger tout le chargement, sous une forte escorte armée, avant de disparaître. A ce stade, avec un tel nombre de fûts, on est en droit de se demander si on a pas affaire à plus gros encore, genre quadrimoteur Antonov 12 ou même un IL-76 : si chaque fût fait ne fait que 50 kilos, on en a pour 12,5 tonnes ! L’avion, resté toute la nuit sur place ne repartant que le 26 janvier sans que la police ou l’armée maliennes ne visite l’appareil ! Une chose confirmée par plusieurs témoignages locaux, et mis en ligne par des journalistes différents. Si ce n’est pas une compromission gouvernementale…

Mais il y a mieux encore : le 5 février, ouf, tout cela ça va s’arranger : on apprend en effet que la CIA va s’en occuper désormais personnellement, et qu’elle a même une liste déjà de 57 maliens suspects ! Que vient faire la CIA dans cette affaire, c’est une autre histoire connue, à vrai dire. La CIA et la drogue, ça a toujours été cul et chemise, comme l’histoire l’a suffisamment déjà démontré. Il y bien déjà la DGSE et le DRS dans le secteur, la CIA ne devrait pas être loin… en effet, comme le soulignait la Tribune d’Alger. Manque plus que l’ex-KGB ! C’est tout de suite évident : des Etats sont impliqués jusqu’au plus haut rang, leurs services secrets également. Si ça n’est pas pour l’avion, ça l’est au moins pour la fuite de ses pilotes et de leurs complices au sol, sans oublier bien sûr l’énorme chargement du B-727, qui n’a pas dû être unique non plus. Celui-là, sans son incendie, nous ne serions jamais aperçu de l’existence de pareils atterrissages. Combien se sont déjà posés avant lui ? Impossible à déterminer. Mais après avoir vu le reportage sur les pilotes en Angola, et déterminé le nombre incroyable d’avions disponibles, on se dit qu’au final, pour ce genre d’aventuriers du manche, ce n’a rien d’extraordinaire. Nous ne sommes déjà plus dans un simple système mafieux traditionnel ou de narco-trafiquants classiques. Notre visiteur du désert et l’une des pierres d’un vaste édifice, et peut-être pas la première. Le désert est tellement grand qu’on ne peux y entendre tout ce qui s’y passe.

Nous ne sommes pas encore au bout de nos découvertes… surtout qu’entre temps on a trouvé un autre avion abandonné. En Sierra Leone, cette fois, tout au bord de l’Atlantique… beaucoup plus petit. Mais intact, celui-là. Et bourré de drogue lui aussi.


Morice




source:
zamal http://morice.7duquebec.com/?p=55


Dernière édition par invitée le Mar 8 Mar 2011 - 17:00, édité 3 fois
Revenir en haut Aller en bas
invitée



Localisation : Tarn

MessageSujet: Re: ILLUMINATI ET TRAFIC DE DROGUE   Mar 14 Déc 2010 - 21:08





Dernière édition par invitée le Mar 8 Mar 2011 - 16:41, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
invitée



Localisation : Tarn

MessageSujet: Re: ILLUMINATI ET TRAFIC DE DROGUE   Mar 8 Mar 2011 - 16:40

V - Des trafiquants héritiers de Mermoz







Ah, Mermoz, vous vous souvenez de ses traversées du pot-au-noir, à bord de son célèbre « Arc-en-ciel » (Couzinet) et des avions et hydravions Latécoère : quelle épopée (et quels bricolages). Déjà à l’époque, le problème essentiel d’une bonne traversée était le calcul exact de l’essence à aborder à bord. A l’essence, éternel problème de l’aviation ! Les bidons de Cap Juby, les paysages de Tarfaya décrits par St-Exupéry, en quelque sorte. En 2006, encore, deux pilotes chevronnés, Thierry Caland et Jean-Marie Cazenave, avaient fait vivre leur expédition-rallye jusque Dakar, une superbe idée germée en 1983. Sans le savoir, nous avions survolé avec eux des paysages que d’autres survolent aujourd’hui quasiment sans relâche : les trafiquants de drogue qui atterrissent sur la côte Ouest de l’Afrique, en faisant comme Mermoz la traversée de l’Atlantique, parfois sur de bien étranges montures. Hier, nous avons vu qu’un 727 s’était lancé dans l’aventure. Aujourd’hui, nous allons descendre un peu plus bas encore que Nouadhibou et Saint-Louis. En nous rendant en Sierra Leone, pour commencer, pour y trouver un tout autre appareil.

Plusieurs précédents ont donc eu lieu à notre expédition de Boeing malien, là encore passés totalement inaperçu comme celui datant de 2008. Un précédent supplémentaire, qui cette fois encore concerne un avion, un trafic de drogue et un pays d’Afrique : aujourd’hui, c’est la Sierra Leone. Un pays où au bord de la mer, face à l’Atlantique, il y a un petit aéroport. fort pratique. Appelé le Lungi International Airport, celui associé à Freetown. Où se posent parfois de bien gros avions aussi. Et où aussi parfois, certains ratent le coche. Vraiment. La latérite, ce n’est pas tout à fait du macadam.

En mai 2008, en pleine nuit, un avion va demander à se se poser en urgence sur cet aéroport en prétextant à la tour des ennuis techniques graves : il serait à court d’essence ! Il se pose en catastrophe à 3 heures du matin, visiblement en panne sèche en effet, c’est un petit bimoteur Cessna 441 Conquest venu directement de l’océan. Ce Conquest est un « bon choix » pour faire de longues routes : c’est le premier bimoteur équipé de turbines plus efficaces et moins contraignantes en entretien de chez Cessna. Dans le numéro 689 d’Air&Cosmos d’octobre 1977, on annonçait ainsi son arrivée »en présentant deux « Conquest », l’un au sol, l’autre en vol, Cessna prenait pied, pour la première fois, sur le marché des biturbopropulseurs dont il était paradoxalement absent puisque le N°1 mondial de l’aviation générale ne commercialisait jusqu’à maintenant que des mono ou bimoteurs et des biréacteurs ». Mieux encore : dans le même numéro, on apprenait qui avait été le premier intéressé par la bête »certifié le 24 septembre (1977) le premier « Conquest » a été livré à un client vénézuelien » ! On insiste sur sa vitesse (540 km/h à 25 000 pieds) avec 6 personnes à bord, sa faible consommation (9,65 km par gallon avec 10-12 personnes à bord-pilotes compris-, soit 0,25 litre au km/passager) et sur son autonomie : 3700 km à 33 000 pieds, de quoi relier Los Angeles à Baltimore, cite le magazine. Mais pas de quoi traverser l’Atlantique ! Dans Aviation Magazine, spécial Salon du Bourget, une belle photo du Conquest »dont le prototype a volé en 1975″ (voir photo fournie en bas de l’article), accompagné de son rival direct le Beechraft 100, King Air ayant « volé le 20 mars 1975″ … Les avions de la drogue affichent la trentaine bien passée !





Le Conquest, un appareil aussi apprécié que le Beech 200, tel ce N157A ou le N312ME d’« Aviation Specialties » de Beltsville, voire le N4042J de Stevens Express Leasing ou même ce clone de Tempest numéroté N1210Z de Nevada Conquest Aviation, ou le N612CC d’une société installée à Coral Gables, en Floride : retenez bien ce nom, on ne sait jamais, on pourrait en reparler plus tard. On risque fort en effet de le croiser à nouveau dans notre enquête. Des avions tous notoirement répertoriés comme étant de la CIA, quel curieux hasard. Tiens, ajoutons-y aussi un Gulfstream Aerospace G-IV : N475LC de chez Braxton Management Services d’Alexandria, en Georgie. Un autremystère celui-là… Un avion de Braxton Management Services d’Alexandria, en Virginie, comme celui qui a servi à kidnapper un islamiste en Italie, et qui sera photographié plusieurs fois sur la base de Nellis… (et ici à son arrivée à Tel-Aviv… et ici en 2005 en Hongrie, sous une autre décoration)… décidément, on tourne souvent autour des mêmes choses.





L’avion d’aujourd’hui posé à Lungi est venu de loin : équipé de réservoirs supplémentaires, il vient du… Vénézuela, selon son registre, mais on pense (à tort !) qu’il a obligatoirement fait une pause au Cap Vert, par exemple. Rien que pour faire le trajet vers le Cap Vert, il y a en effet plus de 4 200 km : le pilote vient de réaliser une véritable prouesse et est donc obligatoirement un pilote chevronné et confirmé. Normalement, le rayon d’action du Conquest ne fait que 2 078 km maxi : lui faire traverser l’Atlantique est une prouesse de pilote-mécanicien de bord, qui doit jongler durant tout le vol avec les robinets à essence entre chaque bidon supplémentaire emporté. Le pilote est nécessairement un gars doué, capable de gérer seul le centrage-décentrage de son appareil lourdement chargé. Le modèle peut embarquer 4 tonnes et en pèse deux seulement. Robuste et fiable, disposant d’une large cabine, il sert souvent dans les missions humanitaires, comme ici en Australie avec le « Royal Flying Doctor Service Western Operations. »

A bord, le poids de la drogue est largement dépassé par la charge supplémentaire en carburant, l’essence est en cabine, qui a été « désossée » de ces sièges arrière, et la drogue en « bagages », dans le nez et la soute arrière. L’engin est une bombe volante en puissance avec ses 34 bidons blancs de 90 litres à bord : il y en a au total, en effet, pour 3 000 litres de carburant ! Un pilote extrêmement chevronné, un copilote et un mécanicien de bord sont donc nécessaires à sa conduite : le vol est très long et il faut veiller au grain à chaque instant, à brancher les bidons les uns après les autres. D’autant plus qu’il y a une cargaison de valeur à bord. Avec ses 700 kilos de drogue à bord, l’avion vaut en effet plus de 31,5 millions de dollars !





A peine posés, les trois individus montent à toute vitesse à bord d’un véhicule qui les attendait, une « jeep noire », et partent comme des fous en défonçant une grille avant de sortir : manque de chance pour eux en effet, la police est déjà là. Elle découvre un appareil totalement vide d’essence, car les 34 bidons blancs à bord sont à sec ! En en faisant le tour, les policiers plutôt surpris découvrent qu’il a deux immatriculations : une à droite et une à gauche de son fuselage : le SQ 2261 grossièrement écrit, et le YV1647 d’origine. Surprenant. Au dessus de la queue, ont été collés des symboles de la croix rouge sous forme d’auto-collants. Drôle de leurre. Le drapeau dessous est vénézuélien. Un peu grossier comme procédé. Un blog fait remarquer intelligemment que les Farcs avaient bien été dupés par les symboles de la Croix-Rouge peints sur les hélicos colombiens… !!! Dans les coffres avant et arrières de l’appareil, la cocaïne est toujours là. Prête à être envoyée ailleurs… Par route. Ou par mer.

Un journal local indique justement qu’une heure et demie avant que l’avion n’arrive, un mystérieux « bateau rapide » (comme celui qu’utilisent les trafiquants de cigarettes albanais vers l’Italie) est arrivé sur la côte, avec 6 hommes à bord, quatre blancs et deux « nigériens ». Ils auraient dû logiquement arriver à Lungi Mahera, une plage utilisé par un hovercraft, celui de « Diamond Airlines« , mais avaient visiblement raté leur cible de débarquement. Il y a bien du professionnalisme, dans l’organisation du trafic, mais aussi pas mal d’amateurisme semble-t-il. Ou trop de confiance en soi, donné par le sentiment de ne pas être inquiété par les autorités locales. Les receveurs sont bien trop voyants. L’hovercraft local de 2,5 millions de dollars n’aurait pas pu servir au transport de drogue : il est hors service depuis le 23 Mai 2008, ayant heurté un ponton, il avait déjà été « saboté » en 2006, et avait failli couler en 2007. L’engin est le même que celui utilisé à lîle de Wight depuis 1965. Un pêcheur local a remarqué pas loin de l’arrivée du bateau une autre « jeep noire ». Un autre témoin décrit la « jeep » comme étant neuve, avec des plastiques protégeant encore les sièges. C’est la deuxième fois que l’on voit le même type de véhicule dans cette histoire. Il y a bien une organisation structurée à la réception, utilisant bateaux et grosses voitures neuves.

L’appareil posé, est fort intéressant lui-même ; avant d’être le YV1647, il portait le numéro N441TF, avec comme propriétaire Burlington Aviation LLC, surpris ici le 6 septembre 2006 à voler de Fort Lauderdale en Floride à l’Aéroport General Jose Antonio Anzoategui International, au Venezuela, situé à Barcelona : l’appareil, c’est net, est un habitué du trajet Floride- Venezuela, avec comme point de chute Barcelona : très intéressant : c’est certainement son point de départ de la traversée. Sept mois avant à peine avant le vol vers la Sierra Leone donc, l’avion fait déjà un chemin soupçonné être celui des trafiquants de drogue, avec des vols en provenance de la Floride, le nœud du problème depuis toujours, on n’a de cesse de vous le dire ici. En Afrique, pendant ce temps, sur le tarmac, la police dispose les 703 kilos de cocaïne en cartons découverts dans les soutes de l’avion, pleines à ras bord. Les enquêteurs découvriront aussi à côté de l’avion abandonné 5 fusils mitrailleurs : 4 AK-47s et 1 AK-58 avec 369 balles de munitions. On n’a pas affaire à des amateurs. Aujourd’hui, l’appareil est enregistré chez une société Corporacion Aerostar, située 521 C.A. of Avenue Los Laboratoios, Edif. Quorum, Piso 1, Los Ruices, Caracas.

Le pilote échappé est localisé assez vite, et arrêté, comme ses co-pilotes : ce sont George Aritstizabal Archilla, qui est colombien comme ses acolytes, tel Victor Arauzo Lastrato (Jnr). Un troisième est le « mécanicien de bord », le gérant de l’essence en cabine : Julio Cesar Morales Cruz, déclaré lors de son audition devant la police comme simple « peintre ». Lecircuit emprunté est clair, il a été visualisé ici, (et là et ici également) Lors de son interrogatoire, Archilla allait faire de très intéressantes révélations. On y apprenait que le vol incroyable avait été fait d’une traite, à partir d’un aérodrome officiel à »200 km de Caracas » (c’est un véritable record donc que son vol !), que le pilote s’était vu offrir 300 000 dollars pour son exploit, que c’était son premier vol vers le Sierra Leone mais qu’il l’avait déjà fait pour la Guinée Bissau en août 2007, où il avait empoché 250 000 dollars, des mains d’un « colombien ». Nous en reparlerons. A bien regarder, l’aéroport à 237 km de Caracas est… Barcelona, plus avancé vers l’est (toujours ça de gagné en carburant !).

Selon le pilote, toujours, ce sont les nombreux appels de téléphone satellite qui avaient dû alerter les « policiers américains » accourus sur l’aérodrome. Il craignait de rater l’aéroport en bord de mer et craignait surtout pour sa jauge : c’est, rappelons-le, un véritable exploit que cette traversée avec un avion aussi chargé et autant d’essence à bord. Ce qu’il ne savait pas, c’est que les policiers du pays étaient nombreux à l’aéroport, car le lendemain était attendu la visite d’Ernest Bai Koroma, le président de Sierra Leone, et que ce soir là aussi, manque de chance complet, des travaux en cours pour la venue présidentielle, sur l’aéroport, avaient empêché d’allumer les feux de piste ! Voilà des pirates sans agenda local ! Et ce que ne sait pas non plus notre homme, c’est comment les « américains » ont intercepté ses communications satellitaires…

L’autre aveu de taille des trois pilotes est d’avoir été en relation pour les « deals » de transferts avec le fils de l’ancien président de la Guinée Bissau, Lansana Conteh (décédé le 22 décembre 2008), à Conakry. C’est lui qui possédait une « jeep Hummer » noire, justement. Son père était un ancien militaire engagé dans l’armée française en 1955 et ayant fait la guerre d’algérie, ayant pris le pouvoir après la mort d’Ahmed Sékou Touré. Des révélations étonnantes mais qui n’étaient pas vraiment une surprise : dans un classement mondial, le pays est en effet le deuxième le plus corrompu du monde ! Et ça se confirme vite : le ministre des transports Ibrahim Kemoh Sesay et son jeune frère Ahmed Sesay sont également mis en cause, et vite accusés d’avoir eux aussi leur part de responsabilité : lors de l’enquête, on a découvert que le premier à autorisé l’atterrissage d’un « Antonov 12″… à la tour de contrôle de l’aéroport, qui s’avèrera être en fait le fameux Cessna des trafiquants (Ahmed Sesay est aussi le « Team Manager » de l’équipe nationale de football des Leone Stars). L’avion et le trajet étaient donc connus en haut lieu et… hyper-protégé ! Le 5 août 2008, Ibrahim Kemoh Sesay est officiellement démis de ses fonctions de ministre. Pour de simples trafiquants de drogue, nos trafiquants paraissent bénéficier de jolis passe-droits dans le gouvernement. Confirmation le 24 juillet 2008, où les 19 inculpés au total ne se voient plus accusés de rien du tout… oublié le trafic d’héroïne ou de coke ! L’Etat protège bien le trafic !





Or, les Antonov 12, ça devrait interpeller, là comme ailleurs. Le 31 décembre 2007, un de ces appareils d ’Africa West Airlines, du Togo, avait vu son train d’atterrissagegauche lâcher sur l’aérodrome de Lungi même ! L’avion avait souvent été « spotté » à Ostende. Sous le nom de Khors Aircompany, installée à Kiev en Ukraine. On songe à nouveau à notre célèbre Victor Bout ! Un appareil de ce type,immatriculé 9Q-CZB de la compagnie aérienne congolaise Business and Cargo Compagny, affrété en leasing à la société russe KNG-Transavia de Voronezh (la patrie d’Antonov au bord de l’Ukraine) a complètement disparu le 29 septembre 2007, pour se retrouver à Khartoum où il aurait été vu plus tard… Une société dirigée par Victor Vladilmir Panevin, via sa filiale de Sarjah, à Dubaï. On tourne toujours autour des mêmes personnes et des mêmes endroits. L’appareil était parti de Goma direction Kisangani. Parmi les passagers se trouvait Michel Shetebo Byamungu, le conseiller du ministre de l’Energie, membre du Parti du peuple pour la reconstruction et le développement (PPRD) et avocat au barreau de Kinshasa. On ne l’a plus jamais revu vivant depuis ! En fait, l’Antonov était régulièrement affrété par les Forces Armées de la République Démocratique du Congo qui semblent à un moment avoir oublié de payer Victor Vladilmir Panevin. L’Antonov était en 2001 un 3C-AAL, vu ici à Goma en 2006, dans la livrée de sa disparition. A Lungi, il y avait donc déjà d’étranges choses qui se passaient déjà, avant même cette arrivée surprenante de nuit.

Selon le pilote, donc, la drogue avait été confisquée par l’armée locale. L’homme se trompait : la drogue saisie a été en réalité placée sous l’autorité de la police anglaise de la Serious Organised Crime Agency (SOCA) . Dans un bâtiment où s’entraînent les militaires, dirigés par 58 officiers et soldats anglais : c’est paraît-il un des plus grands secrets du pays, à ne pas révéler ! Le 12 mai 2009, la SOCA faisait paraître un communiqué à la BBC : selon elle, le trafic de cocaïne serait en train de régresser… en raison de son prix, monté à 50 000 euros le kilo contre 35 000 en 2007. La SOCA, fortement critiquée dans ses méthodes, pensait-elle ainsi se disculper ou minimiser le rôle exact de la cocaïne au sein des pays où des militaires anglais jouent les hommes de l’ombre ? Le 27 janvier, George Aritstizabal Archilla évoque devant le juge de Sierra Leone la présence d’éléments des services secrets anglais dans cette histoire. Confirmant les doutes sur la saisie de la drogue par la fameuse SOCA. Le même indique que celui qui lui a proposé le convoyage au Venezuela s’appelle Juan Armido, et que c’était bien destiné à Mohamed Sesay, et qu’il a déjà fait le même voyage en Guinée au profit du fils de l’ancien président Lansana Conteh !!! Décidément, les états sont mouillés jusqu’au coup dans ces affaires de transferts de drogue ! Sesay avait une société écran anglaise pour les transactions nommée Leona Investment. On en est donc déjà à trois pays de cités : le Mali, pour le 727, aujourd’hui la Sierra Leone et l’Angleterre, via des services secrets qui mettent la main sur des chargements de drogue. Ça promet pour la suite.

Après le 727 crashé au Mali, le tour du Cessna de Sierra Leone, en effet. Et ce n’est pas fini : un an avant ce crash, un autre avion avait fait un atterrissage d’urgence en Guinée Bissau, un autre appareil… dans son interrogatoire, George Aritstizabal Archilla, on vient de le voir, a en effet affirmé s’être posé en Guinée Bissau en juillet 2007 pour un colombien qui l’avait payé 250 000 dollars. Le même pilote, à un autre endroit, et avec un autre avion ? Oui, mais pas n’importe lequel non plus ! Pour sa part, Julio Cesar Moreles Cruz, indique au même juge qu’il a été recruté pour « peindre des avions » et qu’il « en a déjà peint plusieurs ». Fichtre, voilà un atelier clandestin de maquillage. Mais situé où ? On a affaire en tout cas à une belle mafia de transporteurs de drogue, qui changent de pays d’atterrissage en vertu de l’appareil qu’ils possèdent où des gens qui les attendent sur place. Une mafia, à l’échelle non plus d’un seul pays, mais de plusieurs, se dit-on à ce moment là de nos découvertes. Une mafia internationale. Façon cartel, serait-on tenté de dire.

On n’en est pas au bout, de nos découvertes. Pendant le procès qui suit, on découvre que Victor Arauzo Lastrato (Jnr), l’un des deux pilotes, avait un oncle, Victor Manuel Araujo Lastreto, mouillé dans une autre affaire de trafic de drogue…au Venezuela ! Le 27 octobre 2008, en effet, un Cessna immatriculé YV2014 avait été contraint à un atterrissage forcé sous la menace des Broncos de l’armée vénézuelienne de la Base Air Rafael Urdaneta, qui avait détecté un vol suspect entre Carora et Barquisimeto. A bord du petit Cessna de la drogue, bien entendu. L’avion appartenait à Victor Manuel Araujo Lastreto, lui aussi trafiquant de cocaïne ! Selon la presse, la drogue était celle d’un « mexicain » surnommé « El-Senor ». Le Mexique, la Colombie ou le Venezuela ? D’où vient donc exactement la drogue ?

Pour l’instant, nous allons en rester à un verdict. Le 21 août 2009, la juge Nicholas C. Brown-Mark de la Freetown High Court N°1 déclarait 21 personnes au total coupables de trafic de cocaïne. Victor Arauzo Lastrato (Jnr) hérite de Vingt ans de prison avec ses coéquipiers. La drogue, ça rapporte toujours gros, à tous les niveaux. Mais on n’en a pas encore fini avec les atterrissages intempestifs sur la côte africaine : il y a eu d’autres candidats, et d’autres arrivées. Une vraie épidémie de sauterelles bimoteurs…

« J’ai refait tous les calculs… notre idée est irréalisable. Il ne nous reste qu’une chose à faire : la réaliser ! » (Pierre-Georges Latécoère)


Morice




source:
zamal http://morice.7duquebec.com/?p=58












VI - Avion oublié, pilote connu, les deux Guinées







On a déjà vu deux beaux cas d’espèce de transport transatlantique de drogue d’origine colombienne vers l’Afrique de l’Ouest. Il y a quelques mois auparavant, on en était resté au transfert par sous-marins artisanaux. Aujourd’hui, il semble que les trafiquants aient choisi de passer la vitesse supérieure en choisissant des avions gros porteurs à réactions ou de petits avions de tourisme bourrés d’essence. Reste l’avion d’affaire pour VIPs qui n’a pas encore servi pour le trafic. C’est chose faite, remarquez, au milieu de l’été 2008, avec un autre avion encore. Et un autre pays également. Après le Mali, la Sierra Leone, place à la Guinée Bissau, voisine de la Guinée-Conakry.

Le 12 juillet 2008, un avion immatriculé N351SE , un Gulfstream G1159B de 1969, censé apporter des médicaments destinés aux militaires du pays se pose lui aussi en catastrophe en Guinée Bissau, en prétextant lui aussi un incident technique. Il y a bien une méthode d’accès qui a été mise au point, quel que soit l’avion ou le pays. L’avion est aussitôt entouré de militaires, et deux pilotes et un mécanicien sont à bord. : Carmelo Vásquez Guerra, Carlos Luis Justiniano Núñez et Daniel Aguedelo Acevedo. L’avion appartient à LB Aviation Inc, installé à Yorklin, dans le Delaware, un village perdu de 300 habitants entre Hockessin et Greenville, la patrie de DuPont. A bord, plus de 600 kilos de cocaïne. La DEA et Interpol sont prévenus mais n’arrivent que cinq jours plus tard (un fâcheux hasard ?) : la drogue a alors disparu ! La police avait été empêchée durant tout ce temps de monter à bord, une interdiction menée par les militaires locaux. »Les agents de la douane avaient été empêchés d’accéder à bord de l’appareil et à la cargaison transportée et cela avait augmenté les suspicions à propos des produits transportés », précisait le procureur général du pays, Amine Michel Saad.





L’avion est un Gulfstream assez ancien, c’est le 64eme seulement produit (le premier de la série II a volé le 2 octobre 1966 !) et qui a aussi porté le n°N940BS. Mais aussi N43RJ,N95SJ, N940BS, N950BS, N341NS, N95SV, bref un habitué de la valse des étiquettes, photographié souvent à Fort Lauderdale, symptomatique de malversations possibles. On retombe sur la Floride ! Il avait reçu le droit de se poser en provenance des forces aériennes du pays, selon le procureur toujours, et de l’aviation civile de Guinée Bissau. L’avion venait d’Espagne, pour apporter des « médicaments » aux militaires, paraît-il. Trois jours après, l’avion avait tenté de rédécoller, mais le même problème technique persistait, le forcant à revenir sur place. On pense plutôt qu’il venait d’ailleurs et partait en fait en Espagne… Le 17, l’ ASENA lui interdisait de quitter le territoire, sur décision d’un juge, ainsi que le G5-JIA venu lui prêter assistance, ce même jour.. Ce dernier était l’ancien C-GWXD canadien, un très (trés) vieux Fokker 300M d’Air Africa Associates, une compagnie totalement inconnue. Vu ici à Segunda-Feira, à Rio de Janeiro, le 16 mars 2009 : lui aussi aime les traversées de l’Atlantique, visiblement (on l’a vu aussi à Lyon et à Genève). Et de le pister pourrait être passionnant : dans cette pièce de théâtre, le second rôle pourrait détenir des indications précieuses. L’avion, dans les années 80, travaillait pour l’ONU sous le numéro HB-AAZ. Affrêté par Balair, une société suisse ayant comme base… Jérusalem, ça ne s’invente pas !

Les enquêteurs saisissent quand même sept téléphones satellitaires à bord du Gulfstream. Leurs relevés indiquent que l’avion venait du Panama, de Tocumen, en fait, et non d’Espagne, avec de l’équipement sanitaire, paraît-il. Il avait été photographié à Fort Lauderdale sous une autre livrée le 3 mars 2008, quatre mois seulement avant. Une livrée bien ressemblante en fait, comme si on s’était contenté de repeindre le dessous pour changer l’apparence extérieure de l’appareil. Un de ces plans de vol du 21 mai 2008 indiquait qu’il volait de Fort Lauderdale à Las Americas à Saint-Domingue : était-il alors en train déjà de préparer sa traversée ? Ou de charger sa cargaison ? Toujours est-il qu’il ne rentrera plus jamais aux Etats-Unis après cette date !





Et pourquoi donc l’avoir repeint ainsi ? Car sa livrée d’origine est fort similaire à cet appareil. Un autre Gulfstream, le N°75 de la série, numéroté N211SJ et appartenant à Mobarak Aircraft LLC, vu en mars 2007 sous ce nom. Il suffit de peindre le dessous seulement couleur bordeaux pour obtenir le N351SE ! La société est évidemment une société de Floride, résident à Fort Pierce. Or Mobarak Aircraft à une spécialité : la peinture ! Justement ! L’appareil, soupçonné d’avoir servi au trafic de drogue au Vénézuela avait été carrément saisi et donné ensuite à l’armée vénézuelienne, qui l’avait rebaptisé 0010, pour s’en servir comme avion de VIPs pour ses généraux. Il avait été photographié à Caracas à La Carlota (General Francisco Miranda) en juin 2008 encore. Des spotters malins l’avaient pris en photo auparavant avectrois autres prises de guerre des vénézueliens (Un Cessna Citation numéro 2470 et deux Aero Commander). Tel quel, si on ne répertorie pas le numéro de série de l’appareil, il se pourrait donc très bien aussi que l’appareil soit celui saisi par Chavez et simplement à moitié repeint : seule sa présence ou non sous sa robe ancienne et sa présence au sein de l’armée permettrait d’éluder la question. On ne doit pas exclure non plus l’idée. La comparaison des deux appareils (voir le montage en bas de cette page) est édifiante. On n’a jamais pris Chavez pour l’ange qu’il se prétend être parfois. A noter aussi que ce N351SE ressemble comme deux gouttes d’eau à un appareil déjà décrit ici : le N475LC, celui du kidnapping d’islamiste italien par la CIA… Là, il n’y a plus que la décoration de queue comme différence.





Mobarak possédait d’autres appareils dont le N500MA, un Gulfstream de même type, G1159B. Et Mobarak est justement et effectivement spécialisé dans la… peinture d’appareils, à t-on constaté. Reste à savoir s’ils avaient du Bordeaux comme teinte au fond de leur atelier ! En tout cas, on a bien cherché en même temps à le camoufler, et en même temps à le laisser reconnaissable cet appareil : dans quel but ? Celui d’induire en erreur, ou de laisser planer le doute ! Peindre à moitié avec les caches sur les filets argentés et gris de peinture du modèle précédent requiert plus de temps que de repeindre l’avion en totalité : ceux qui ont fait ça ont donc une autre idée derrière la tête que de simplement changer la couleur de l’appareil ! Il y a donc une volonté manifeste dans ce camouflage assez soigné. Du travail de pro !

L’enquête menée par le procureur et un juge de Guinée Bissau va vite démontrer ce dont on se doute : les militaires de l’aéroport étaient bien dans le coup et on tout fait pour empêcher la saisie de la drogue qui leur était donc destinée. Très vite aussi, l’emprise du gouvernement sur l’affaire va être démontrée également. L’enquête de la police va être en effet désastreuse pour le pouvoir en place. Elle indique tout de suite nommément comme commanditaire Ousmane Conté, le fils aîné du président Lansana, de Guinée (et non de Guinée Bissau) décédé en 2008. Le 24 février 2009, l’affaire éclate en effet au grand jour dans le pays voisin : Ousmane Conté est arrêté et il avoue aussitôt sa participation à un trafic de drogue : »Je reconnais être impliqué dans le trafic de drogue en Guinée (Conakry). C’est vrai je suis dans cette affaire de drogue, je le reconnais, mais je n’en suis pas le parrain ». L’homme affirme à la presse avoir une cassette résumant tous les coups tordus de ces anciens alliés. Il semble décidé à tout balancer, façon cassette Méry. Arrêté et molesté on le croit mort. Le 5 mars, il est obligé de faire une mise au point en affirmant que les rumeurs sur son décès sont infondées.

Dans cette affaire, en réalité, il y en a un qui a vite compris l’intérêt à se saisir de l’histoire. C’est Moussa Dadis Camara, le nouveau leader de la junte de Guinée qui a pris le pouvoir à la mort de Lansana Conté père, qui n’hésite pas à interwiever en direct à la télévision deux pilotes colombiens arrêtés ! A chacun son programme de télé-réalité ! Ousmane Conté n’est pas le seul inculpé en Guinée Bissau : le capitaine Rui Na Flack et le lieutenant Augusto Ar mando Balanta, qui avaient été pris en flagrant délit de transfert des 634 kg de drogue, sont aussi de la fête. Tous accusent également lors de leur inculpation Tagmé Na Waié, l’ancien chef de la police militaire devenu chef d’état-major des armées, comme étant à la base du trafic. Tout l’entourage présidentiel de Guinée Bissau et de Guinée est gangréné : « Outre Ousmane Conté, un autre fils du feu général–président, Ansoumane, Conté ainsi que son beau frère, Saturin Bangoura et même la première dame, Henriette Conté, sont dénoncés par des présumés narcotrafiquants. » Plus loin encore, Les Afriques ajoute :« Selon des informations relayées en Afrique de l’Ouest, les aveux des narcotrafiquants et de Ousmane Conté, vont plus loin que la hiérarchie policière, militaire et administrative de la Guinée et touche directement des élites en Guinée Bissau et éclabousse quelques palais présidentiels de la région. Une cassette des aveux complets aurait été confisquée. » Difficile de faire pire, il me semble. Cette fois, le scandale touche déjà deux états voisins. Et a des ramifications jusqu’au Niger et au Sénégal !

Mais le 2 mars 2009, la donne avait changé quelque peu en Guinée Bissau avec l’assassinat du président Joao Bernardo Vieira par des militaires qui l’avaient rendu responsable de l’assassinat, justement, de celui de Tagmé Na Waié, tué le 1er mars 2009. Les deux se détestaient cordialement depuis des années, et le pays avait depuis sombré dans le plus complet chaos. La constatation lapidaire à faire est que les militaires dirigent véritablement le pays et veulent imposer leur loi, c’est une évidence : la dictature est proche. Et ce dans les deux pays. On en est persuadé à entendre aujourd’hui le mot « crime contre l’humanité » à propos de certaines de leurs exactions. 157 morts dans un stade de Conaky, en Guinée, nous annonce Fatou Bensouda, du CPI. Cette partie de l’Afrique est à feu et à sang. Résultat, victimes de factions et de vieux conflits ethniques, ils se dévorent entre eux, ces militaires assoiffés de pouvoir politique : en moins de 10 ans, trois chefs d’Etat major de l’armée de Guinée Bissau ont été assassinés dans le pays : Ansumane Mane (en 2000),Verissimo Correia Seabra (en 2004) et , (on vient de le voir) !

Selon certaines informations, le 26 février 2008, un avion similaire, ou peut-être bien le même, était arrivé trois jours seulement avant l’assassinat de Tagme Na Wai. L’avion s’était posé et avait redécollé quatre heures à peine après (direction l’Espagne et Marbella ?), mais l’aéroport n’avait rien gardé comme preuve de son passage. Le même jour, 200 kilos de drogue avaient disparu d’un hangar de la Marine nationale de Guinée-Bissau. On avait vu ce jour-là certains soldats restés loyaux à l’ancien président charger à bord la drogue. L’attaque du 23 novembre 2008 contre « Nino » Vieira. avait été précédée par une tentative de coup d’Etat organisée, justement, par le chef d’état-major de la Marine bissau-guinéenne, l’amiral Américo Bubo Na Tchuto. L’homme avait du fuir en Gambie, à la suite de sa suspension par le gouvernement… On le voit, on a bien assisté à une passe d’armes et à un règlement de comptes mêlant les politiques et l’armée. »Des observateurs de la scène politique bissau-guinéenne n’excluent pas l’hypothèse que l’assassinat du chef d’état-major, ainsi que du président de la République soit un ménage effectué ou ordonné par des parrains de la drogue, en établissant une liaison entre les assassinats de Bissau au décès du fils de l’ancien président guinéen, Ousmane Conteh, passé à table la semaine dernière au sujet du trafic des narcotiques dans la sous-région. » Affirmait la presse, en, tablant comme beaucoup sur le décès du fils de l’ancien président. Drogue et Etat, intimement liés. En 2006, 674 kg de cocaïne saisis par l’Etat de Guinée-Bissau avaient disparu mystérieusement du Trésor public…

Le pays est cette fois bien secoué : le ministre des Télécoms, l’ancien ministre de l’intérieur et de la Sécurité, mais aussi l’ancien Directeur national de la police routière, et surtout le directeur Général de l’Office de lutte anti-drogue en personne, Bakary Thamit Mara, sans oublier le chef de la Brigade de répression du banditisme, Victor Traoré, sont aussi arrêtés : tous ont participé au trafic : c’est bien une gangrène générale à la tête du pays ! Et la situation rappelle par trop celle de la Colombie au temps d’Escobar, désormais ! Michael Bernardo Vieira soutenait ouvertement le trafic. La présence du responsable de l’anti-drogue et de la brigade anti-banditisme explique facilement les interceptions ratées et la drogue qui se fait la malle en trois jours. Mais ce n’est pas cela qui explique un autre phénomène tout aussi inquiétant., qui démontre à quel point les rouages du pays sont bloqués.

Car dans toute l’histoire, et dans toutes les personnes incarcérées, il manque un personnage important. Carmelo Vicente Vázquez Guerra, l’un des trois pilotes arrêtés, qui n’est autre que le propre frère du pilote du fameux DC-9 de Ciudad del Carmen, dans l’Etat du Campeche, Miguel Vicente Vázquez Guerra, celui de SkyWay et de Royal Sons Motor Yacht Sales déguisé en avion gouvernemental ! Le DC-9 lesté de 5,5 tonnes de coke ! C’est bien là l’un des grandes surprises de ce nouvel arrivage, qui relie directement ces affaires à de plus anciennes, dont nous nous étions déjà fait l’écho ici-même. On tourne autour de la même mafia, celle qui a Miami comme plaque tournante et Mohammed Atta comme visiteur régulier ! Et comme d’habitude dans ce genre d’affaires, certains, comme Atta, vont se faire la belle, incognito. Car Carmelo Vicente Vázquez Guerra va bénéficier d’un coup de main inattendu en la personne du juge guinéen, Gabriel Djedju. Celui-ci, en aout 2009 va lui accorder la liberté provisoire, à lui et à ses deux complices qui ne se font pas prier pour quitter le pays et partir vite fait direction le Malawi. Le juge est aussitôt limogé, mais notre pilote et ses compagnons sont ibres ! Comme son célèbre frangin, celui qui a franchi les rangs de l’armée mexicaine incognito (nous y reviendrons !). Incroyables histoires, qui sentent toutes le versement de gros bakchichs ! Incroyable !! Tous au dessus des lois, quel que soit le pays !

Heureusement, on avance un peu et on apprend par exemple lors de l’enquête menée comment se passaient les transferts. Parfois les avions n’allaient pas jusque là côte et s’arrêtaient dans l’archipel des Bijagos, juste en face de la Guinée Bissau, où se touve une minuscule bande d’atterrissage, utilisé à une époque par un antique Antonov-2 pour faire le trajet vers l’île deBujaque. Ou débarquaient plus à l’est, à Cacine. On apprend aussi que le 26 février 2009 encore, trois jours à peine avant l’assassinat de Tagme Na Wai, un avion s’était posé au même endroit que le Gulfstream, le jour où 200 kilos de drogue saisis précédemment avait disparu. On y avait vu des militaires restés fidèles à Joao Bernardo Vieira charger la drogue dans l’avion ! Même chose un peu plus au sud, en Guinée : entre août et Septembre 2009 encore, un petit Cessna monomoteur s’était souvent posé à Faranah dans la ville de Boke, à 268 km au nord de la capitale Conakry, avec à son bord de la drogue : Boke est l’une des villes les plus proches de la Guinée Bissau, et l’avion provenait lui aussi des Bijagos.

Comme épilogue, on apprenait le 16 décembre 2009 que l’avion vé né zué lien retenu de puis juillet 2008, était dé sor mais pro prié té de l’Etat bis sau-gui néen, par un ar rê té signé par le Pro cu reur gé né ral de la Ré pu blique. L’Etat faisait ce qu’avait fait Chavez avec un avion équivalent (à moins que ce ne soit le même !). Mais on constatait aussi un autre phénomène qui explique beaucoup de choses : si l’avion avait été saisi, c’est pour en espérer de l’argent à la revente. Sur les 183 millions de dollars promis par les organisations internationales pour aider la Guinée-Bissau à enrayer le trafic de drogue, en effet, seuls 2 millions avaient été versés en mars 2009 : il n’y a pas que les trafiquants pour freiner la lutte sur place !!! L’Express dressait le bilan fort justement : « pour l’Algérien Saïd Djinnit, représentant du secrétaire général des Nations unies en Afrique de l’Ouest, la tuerie de Guinée-Bissau s’apparente à un avertissement que le reste du monde ne peut ignorer : Les narcotrafiquants ont établi dans tous les Etats côtiers des comptoirs qu’ils peuvent activer à tout moment. Au risque d’embraser la région. » En Guinée et en Guinée Bissau, déjà a feu et à sang, on l’a vu, la drogue est un fort mauvais carburant social, on le sait. Mais un excellent incendiaire pour provoquer l’intervention de pays extérieurs au nom du devoir d’ingérence… les avions apporteraient-ils ce carburant ? Les deux pays s’enfoncent, en tout cas.

Et le bilan est lourd, pour la Guinée notamment : »bien que l’on ignore la quantité exacte de drogue qui circule via la Guinée, Sakho Moussa Camara, le nouveau directeur de l’OCAD, a expliqué à IRIN que plus de 1 000 kilos avaient été saisis dans le pays, en 2007. Le bureau, a-t-il ajouté, a également saisi 7 499 kilos de drogue entre le 19 août et le 15 septembre 2008. » L’accroissement du tonnage inquiète, mais ce qui inquiète bien plus c’est la corruption : « Je me bats non seulement contre les trafiquants de drogue, mais aussi contre certains membres de la police et de l’armée guinéennes, qui s’enrichissent grâce au trafic de drogue », a indiqué à IRIN M. Camara de l’OCAD, ajoutant : « Vous n’imaginez pas à quel point certains barons de la drogue sont bien établis [ici ; ils agissent] sous les yeux des représentants de l’ordre, et [sont] protégés par de hauts responsables ». On ne peut pas être plus clair.

D’autres lieux d’atterrissages sont répertoriés, qui ne sont pas sur la côte mais en profondeur des terres désormais : « Selon le responsable de l’OCAD dont le nom n’a pas été divulgué, la drogue quitte la Colombie à bord de petits avions Cessna, qui volent à une altitude de 2 000 mètres, pour éviter d’être détectés par les radars. Ces avions atterrissent, souvent la nuit, dans des villes comme Faranah, dans le centre de la Guinée, à 455 kilomètres de Conakry, et de là, la drogue est acheminée sous haute surveillance jusqu’à la capitale, où elle est entreposée, a-t-il indiqué. En août et septembre, de petits avions Cessna, chargés de drogue, ont atterri « à de nombreuses reprises » à Faranah, et dans la ville de Boké, 268 kilomètres au nord de la capitale, selon le responsable ». Et là encore, on a découvert les mêmes compromissions : »Les habitants de la région ont averti l’OCAD le 4 septembre, lorsqu’un petit avion chargé de drogue a atterri à Boké au milieu de la nuit. L’information a abouti à l’arrestation du gouverneur, du maire, d’un commandant de l’armée, du commissaire central et du contrôleur aérien, selon le responsable du ministère de la Sécurité. Tous sont actuellement détenus à Conakry en vue d’être interrogés ». C’est bien une confirmation de gangrène généralisée.





Des voix s’élèvent aujourd’hui pour dénoncer clairement les liens du pouvoir avec la drogue : »le capitaine Moussa Dadis Camara savait bel et bien que des cartels de la mafia sud américaine fournissaient régulièrement des cargaisons de cocaïne à son ami et frère d’arme, Ousmane Conté. Dadis savait aussi que toutes les livraisons de cocaïne à son “ami“ étaient acheminées vers Conakry sous haute escorte militaire (…) Dadis sait comment se faisait à Boké et à Faranah, l’approvisionnent en kérosène de ces petits avions Cessna bourrés de cocaïne en provenance de l’Amérique latine après la livraison de “la marchandise“ du Parrain » précise adroitementGuineepresse.info, bien au courant des lieux mêmes du trafic. Et mettant en cause »Ousmane Conté, fils de narco-président », selon lui. Le journal termine par une sentence sans appel : »Dès le départ Dadis avait choisit son camp : celui de défendre de la famille du défunt président guinéen Lansana Conté et ses cartels de la mafia sud américaine et nigériane.“ Les deux Guinées de 2010, c’est bien la Colombie des années 70-80. Conséquence première : le 22 janvier 2010, la Guinée Bissau s’en remettait à un autre pays, et signait un accord avec les USA pour rouvrir une ambassade, fermée depuis 1988, et »signé ce jeudi un accord qui va permettre l’envoi d’un procureur américain qui va travailler conjointement avec le mi nistère public dans la lutte contre le trafic de drogue et le crime organisé ». Est- ce la bonne solution ? D’une certaine manière, c’est l’abandon d’une forme de souveraineté. Incapable de régler le problème, le pays s’offre à un autre. Ça tombe bien, il n’attend visiblement que ça…

Conclusion : dans certains pays d’Afrique de l’Ouest, ce sont les narco-trafiquants qui font aujourd’hui la loi, et même pas la junte au pouvoir, qui ne peut que composer avec.quand elle ne se déchire pas entre militaires. La région, c’est simple, est devenue l’Amérique du sud des années de Pablo Escobar, avec la même violence endémique. On retourne quarante ans en arrière. Un trafic énorme a été mis en place, et personne n’arrive à l’endiguer. Les années terribles du Cartel de Medellin recommencent, dans d’autres pays : en Afrique cette fois.


Morice




source:
zamal http://morice.7duquebec.com/?p=68


Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: ILLUMINATI ET TRAFIC DE DROGUE   Aujourd'hui à 9:37

Revenir en haut Aller en bas
 
ILLUMINATI ET TRAFIC DE DROGUE
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
TRANSITION ET ARCHE :: PLAN DE NOS PRÉDATEURS :: Instauration du Nouvel Ordre Mondial-
Sauter vers: