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 SCANDALE DE LA CASA PIA

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invitée



Localisation : Tarn

MessageSujet: SCANDALE DE LA CASA PIA   Mar 15 Mar 2011 - 17:36

SCANDALE DE LA CASA PIA










L' Affaire de la Casa Pia (la Maison pieuse) a éclaté en novembre 2002, lorsqu´un des anciens pensionnaires, Fabio Cruz, un jeune garçon de 16 ans, a eu le courage de se confier à la journaliste Felicia Cabrita et a raconté son histoire dans l´hebdomadaire portugais Expresso. Son témoignage a été le départ d'une avalanche de révélations faites par des anciens pensionnaires tous victimes.

La Casa Pia est une institution caritative publique de renom, un foyer de jeunes orphelins et d´enfants défavorisés, fondé en 1780, et qui gère dans tout le pays une dizaine de centres qui accueillent environ 4 600 mineurs. C´est avec effroi que les Portugais ont ainsi découvert que durant près de trente ans, 128 enfants (mars 2003), dont la majorité étaient orphelins, mais aussi sourds et muets ou même handicapés mentaux, ont été abusés dans l´indifférence des directeurs de l´école et des autorités publiques.

Il s'agit du plus gros scandale de mœurs jamais connu au Portugal depuis la Révolution des Œillets en 1974. Plusieurs noms de personnalités ont été cités parmi les adultes impliqués dans ce vaste réseau de pédomanes, organisé par un ancien gardien de l´école, Carlos Silvino, alias Bibi. Celui-ci choisissait ses victimes « parmi les enfants spécialement vulnérables, en manque d'affection et sans références parentales masculines ».


Carlos Silvino dit "Bibi"

Le lundi 29 décembre, le procureur général de la République, José Souto Moura, a accusé formellement dix hautes personnalités d´avoir commis des « violences sexuelles sur enfants et d´exercer la prostitution de mineurs ». Parmi les inculpés figurent :

  • Des stars du show-biz, dont l´humoriste Herman José et le présentateur vedette, Carlos Cruz, 62 ans, qui devait être l´égérie du Portugal à la Coupe d´Europe de football de 2004. Il avait déjà été inquiété pour des faits similaires dans les années 1980 : on avait à l'époque retrouvé chez lui des cartons à chaussures pleins de photos d'enfants, mais ces pièces à conviction avaient mystérieusement disparu et les choses en étaient restées là.

  • Des notables comme l´archéologue Francisco Alves et le médecin Ferreira Diniz, connu du grand public pour avoir animé une émission quotidienne sur la radio catholique Radio Renascença, et faisait subir des examens aux enfants de la Casa Pia, afin de s´assurer qu´ils ne souffraient pas d´infections vénériennes avant leur introduction dans le réseau de ces pédomanes de la haute société.

  • Un dignitaire de la haute diplomatie, l'ancien ambassadeur Jorge Ritto, pour lequel, dans sa résidence, étaient organisées des orgies au cours desquelles des enfants de la Casa Pia étaient livrés par Bibi à des notables.

  • L´ancien ministre du Travail et de la Solidarité et actuel député socialiste Paul Pedroso, 38 ans, très populaire pour avoir introduit le RMI au Portugal.

  • Des anciens élèves ont évoqué d'autres orgies pédophiles qui se déroulaient dans une villa tranquille de l'Alentejo où Bibi les emmenait et où une soixante personnes auraient participé.

Les personnalités impliquées étaient toutes connues pour leurs opinions de gauche, or la pédocriminalité n’épargnant, a priori, aucun camp politique, les proches des accusés ont utilisé cette particularité du dossier, pour crier au complot politique et sont allés jusqu'à accueillir le député Paulo Pedroso comme un héros au Parlement, lorsqu'il a été remis en liberté provisoire. Selon Pedro Namora, ancien de la Casa Pia, aujourd'hui, avocat réputé, et qui coordonne le réseau des anciennes victimes : « dès que des notables ont été mis en cause, les politiques ont découvert qu’il fallait réformer le Code pénal et renforcer la présomption d’innocence. Ils sont vite passés des droits de l’enfant à celui des accusés. Et ils ont oublié les victimes ».

En fait, aucun des contrôles sociaux n’a fonctionné, ni aucune enquête de police, or le pouvoir connaissait depuis longtemps les éléments suivants : :

  • En 1975, déjà dénoncé par des professeurs de la Casa Pia pour « pratiques pédophiles », Bibi est interrogé par la police avant d'être relâché.

  • En 1982, la secrétaire d’État à la Famille Teresa Costa Macedo, donne l’alerte, en fournissant dans un rapport les preuves d'actes de pédomanie au sein de la Casa Pia, mais son rapport est classé sans suite. Elle accuse aujourd'hui Antonio Eanes (président de la République entre 1976 et 1986), d'avoir fermé les yeux. La police judiciaire a récemment reconnu que ces documents ont été détruits en 1993.

  • En 1989, le même Bibi est expulsé pour « pratiques pédophiles », mais sera réintégré deux ans plus tard par une décision de justice.
    Un reporter de la chaîne de télévision SIC commente : « Cela fait longtemps que les gens savent ce qui se trame dans la Casa Pia. Le scandale a été étouffé grâce à la complicité de hauts responsables de l'État ».

José Antonio Saravaia, chroniqueur vedette de l'hebdomadaire expresso a commenté ainsi : « Cela va être dur d´avoir à nouveau confiance envers les autorités de notre pays. Le malaise s´est installé dans toute notre société ».

Le président portugais, Jorge Sampaio, a promis que la justice serait appliquée « les yeux fermés » dans cette affaire qui secoue depuis novembre 2002 le Portugal : « Il faut que la justice se fasse, qu'on aille jusqu'au bout et que cette tragédie qui a perduré pendant vingt ans soit effectivement jugée pour que tous puissent respirer ». Quoi qu'il en soit, beaucoup de personnalités ne seront jamais inquiétées, car, prescription oblige, les juges ne s'attachent qu'aux viols commis depuis 1995.




Chronologie

  • Septembre 2001 : Paula Cruz porte plainte pour le viol par sodomie de son fils Fabio Cruz à l'âge de 9 ans, par un homme à tout faire de la Casa Pia, Carlos Silvino, alias Bibi, âgé de 46 ans.

  • 25 novembre 2002 : Fabio Cruz, ancien pensionnaire de la Casa Pia raconte son histoire dans l´hebdomadaire portugais Expresso. Son témoignage est le départ d'une avalanche de révélations faites par des anciens pensionnaires tous victimes.
    Le chauffeur de la Casa Pia, Carlos Silvino, est arrêté. L’homme, connu sous le surnom de Bibi, se serait rendu coupable d’une trentaine d’actes de violence sexuelle sur des mineurs. Il aurait aussi livré des enfants à de riches clients - une pratique qui remonte à plus de trente ans selon certaines victimes.

  • 22 mai 2003 : Arrestation de Paulo Pedroso, ancien ministre du Travail et de la Solidarité, député socialiste et numéro deux du PS. La consternation de l’opinion publique se transforme alors en un profond malaise politique et moral. Suite à cette rrestation de Paulo Pedroso, plusieurs responsables socialistes crient au complot et à la calomnie.

  • 29 mai 2003 : Le président de la République, Jorge Sampaio, fait une déclaration solennelle pour se porter garant devant le pays du bon fonctionnement des institutions.
  • 4 juin 2003 : Le secrétaire général du PS est à son tour convoqué par la justice portugaise pour avoir tenté de faire obstruction à l’enquête sur la responsabilité de Paulo Pedroso, ce qui a amené les socialistes à jouer profil bas.

  • Début juin : arrestation de six autres personnalités de la société portugaise.

  • 1er septembre 2003 : Les avocats de six des treize inculpés ont déposé un recours contre le juge en charge du dossier, Rui Texeira, accusé de partialité, car ce magistrat aurait porté atteinte aux droits de la défense en décidant que la confrontation entre les inculpés et une trentaine de victimes - toutes mineures - se ferait par vidéo interposée. Demande de dessaisissement rejetée par la chambre d’appel de Lisbonne.

  • 13 septembre 2003 : L’hebdomadaire Expresso révéle que dans les années 1970, des employés de la compagnie audiovisuelle publique, la RTP, auraient filmé des viols sur des mineurs de la Casa Pia, et auraient revendu certains enregistrements à l’étranger.

  • À l’automne 2003, une « marche blanche », a été organisée à Lisbonne pour canaliser l’émotion qui avait submergé la population. La nouvelle directrice de Casa Pia, Catalina Pestana, s’est a cette occasion résolument placée du côté des élèves en déclarant : « Je n’ai pas fait la révolution des œillets en 1974 pour arriver à un tel scandale ! ». Acclamée par la foule, elle a réclamé « justice pour les enfants ! » et elle apporte toute l’aide nécessaire aux autorités de police, rompant ainsi avec l’habitude complice qui conduit souvent un responsable à tenter d’étouffer ou de « régler le problème en interne », afin de ne pas ternir l’image de l’institution.

  • 19 octobre 2003 : Début du procès à huit clos de l'ancien chauffeur et gardien de l´école, Carlos Silvino, alias Bibi.

  • 28 octobre 2003 : Après avoir été reporté à deux reprises, nouveau rebondissement lorsque l'avocat de Carlos Silvino, alias Bibi, a réclamé le remplacement du magistrat qui préside le collectif de juges en charge du procès. Cette demande entraîne « une suspension du procès jusqu'à ce que la cour se prononce » sur cette question.

  • Lundi 29 décembre 2003 : Le procureur général de la République, José Souto Moura, a accusé formellement dix hautes personnalités d’avoir commis des « violences sexuelles sur enfants et d’exercer la prostitution de mineurs ».

  • 5 mai 2004 : Carlos Cruz, 63 ans, présentateur vedette de la télévision portugaise, en détention préventive depuis février 2003, et l’un des dix présumés pédophiles de l’affaire Casa Pia a été placé en résidence surveillée par une cour d’appel et a retrouvé la liberté jusqu’au procès. Il reste inculpé formellement de 9 chefs d’accusation différents, notamment pour abus sexuel sur enfants et relations avec un adolescent. Sur les 10 accusés, deux sont encore en détention préventive.

  • 16 juin 2004 : La cour d’appel de Lisbonne décide, au début de mois, de cesser les poursuites contre l’ex-ministre socialiste de l’emploi Paulo Pedroso, le célèbre présentateur de télévision Herman José et l’archéologue Francisco Alves. Le ministère public et les victimes ont fait appel de la décision alors que selon eux, il existe de «forts indices» permettant de les juger. Paulo Pedroso était accusé de 23 crimes d’abus sexuels sur des mineurs de l’institution publique Casa Pia.

  • 10 août 2004 : Le directeur de la police judiciaire portugaise a présenté lundi sa démission, dans le cadre d’une affaire d’enregistrements qui auraient été volés à un journaliste enquêtant sur le scandale pédophile de la Casa Pia.

  • 25 novembre 2004 : Ouverture du procès de l’affaire au tribunal de Boa Hora.

  • 4 septembre 2010 : 6 des 7 accusés sont condamnés à la prison par le tribunal de première instance de Lisbonne : Carlos Silvino, ancien chauffeur, 18 ans de prison ; Carlos Cruz, ancien animateur télé, 7 ans ; Ferreira Diniz, médecin de l'institution, 7 ans ; Jorge Ritto, ancien ambassadeur, 6 ans et 8 mois ; Hugo Marçal, avocat, 6 ans et 2 mois ; Manuel Abrantes, 5 ans et 9 mois. Gertrudes Nunes, propriétaire de la maison, est acquittée.


L'ancien présentateur de télévision Carlos Cruz




En marge :

  • La demande d'assistance judiciaire pour les frais du procès, que Paula Cruz avait déposé a été refusée : avec 197 euros de pension par mois comme seule ressource, elle n'a pas démontré, lui a-t-on répondu, qu'elle n'a pas les moyens d'y faire face.

  • Lorsque le présentateur Carlos Cruz a été inculpé, une manifestation de téléspectateurs a eu lieu devant le siège de la PJ pour le soutenir.

  • L'humoriste vedette de la télévision portugaise Herman José a été également inculpé mais laissé en liberté, et il a pu faire une grande émission télévisée d'autodéfense à sa gloire au cours de laquelle des « beautiful people » ont défilé pour le congratuler.





source:
freddy http://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_de_la_Casa_Pia




Dernière édition par invitée le Mar 15 Mar 2011 - 18:26, édité 3 fois
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Localisation : Tarn

MessageSujet: Re: SCANDALE DE LA CASA PIA   Mar 15 Mar 2011 - 17:43


« Ce procès a connu de nombreuses vicissitudes à partir du moment où il a cessé d'être traité comme une affaire d'abus sexuels sur mineurs pour devenir une affaire politique », affirme Me Miguel Matias, avocat des parties civiles, les 32 victimes présumées et la Casa Pia elle-même.

« Après le choc, il y a eu une attente, puis le doute et la méfiance se sont installés dans les esprits », se souvient Me Matias, ajoutant que « ce procès a été un calvaire pour les victimes ».

« Quelle que soit la conclusion du procès, rien ne sera comme avant au Portugal », assure pourtant Felicia Cabrita, la journaliste qui avait révélé l'affaire en publiant dans l'hebdomaire Expresso le premier témoignage d'une des victimes présumées.

« Quand certains d'entre eux ont commencé à parler, trois générations d'anciens élèves ont brisé la barrière de la honte, l'arme fondamentale des pédophiles », rappelle-t-elle.

En marge du procès principal de la Casa Pia, d'autres affaires d'abus sexuels au sein de l'institution ont été jugées depuis 2002, aboutissant à 13 condamnations, notamment d'anciens professeurs ou moniteurs de la Casa Pia.

Et, en mars 2006, sans attendre la fin du processus judiciaire, un tribunal d'arbitrage, créé spécialement, avait condamné l'Etat portugais à verser deux millions d'euros d'indemnités à plusieurs dizaines d'anciens pensionnaires de la Casa Pia.




source:
freddy http://panier-de-crabes.over-blog.com/article-24032190.html












Communiqué AFP du 02 septembre 2008 :

L'Etat portugais a été condamné mardi à payer 100.000 euros d'indemnisation pour la "détention illégale" d'un ex-ministre socialiste, Paulo Pedroso, incarcéré en 2003 dans le cadre du scandale pédophile de la Casa Pia, a annoncé mardi son avocat.
Selon Me Celso Cruzeiro, cité par l'agence Lusa, le tribunal civil de Lisbonne a considéré que « l'Etat, par l'intermédiaire de son agent, le juge, avait commis une erreur grossière, une négligence grave en décidant d'appliquer une peine de détention provisoire à Paulo Pedroso ». Le montant de l'indemnisation, fixée à 100.000 euros, est toutefois "bien en deçà" des 600.000 euros réclamés par l'ancien ministre socialiste du Travail (de 1999 à 2002), a reconnu son avocat.Le ministère public a indiqué qu'il s'opposait à cette décision et qu'il ferait appel. « Le ministère public va faire appel car il réfute la décision qui a condamné l'Etat à verser une indemnisation à Paulo Pedroso », peut-on lire dans un communiqué du cabinet du Procureur général de la République cité par Lusa.




source:
freddy http://www.thinesclaude.com/affaire-de-la-casa-pia.php









L'ancienne directrice de la Casa Pia, Catalina Pestana, retraitée depuis mai 2007, vient de porter plainte devant la justice de son pays. Elle affirme, dans une entrevue publiée le 5 octobre dans l'hebdomadaire Sol, que des réseaux pédocriminels externes continuent à abuser des enfants de la Casa Pia en les réduisant à un esclavage sexuel permanent. Le procureur général Fernando Pinto Monteiro a confirmé à la presse que Madame Pestana avait porté plainte et que celle-ci était en cours d’étude.

La plainte de Catalina Pestana est significative mais aussi très inquiétante car le procès est toujours en cours. Cela veut dire que, même durant l’instruction et après, les orgies ont continué. C’est ce que souligne cette ancienne directrice indignée.




source:
freddy http://www.enfancedanger.com/index.php?type=special&area=1&p=articles&id=4


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