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 L'UN DES PLUS BEAUX POÈMES D'AMOUR FRANÇAIS

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Localisation : Tarn

MessageSujet: L'UN DES PLUS BEAUX POÈMES D'AMOUR FRANÇAIS   Sam 21 Jan 2012 - 16:22

L'ÉTERNELLE CHANSON








Orpheline de père, Rosemonde Lee, dite Rosemonde Gérard, avait pour parrain Leconte de Lisle, et pour tuteur Alexandre Dumas.
Elle fait connaissance d'Edmond Rostand durant l'été 1886 à Luchon. Ils s'échangent des vers, et c'est une véritable poétesse de talent. La famille d'Edmond voit cette rencontre sentimentale d'un bon oeil et ils se marient en 1890.
Elle sera la première "fan" de son mari, publiera un recueil à compte d'auteur sans qu'il le sache, recopiera ses manuscrits illisibles, le poussera et le soutiendra lorsqu'il doute.

Rosemonde Gérard, si elle n'avait pas épousé Edmond Rostand, eût été connue et célèbre pour sa valeur personnelle; la gloire de son mari a éclipsé sa propre réputation.
En a-t-elle souffert en son amour propre d'auteur ? Elle ne l'a point dit. Sans ambition personnelle, elle a semblé toute dévouée à l'art et à la gloire de son mari.

Elle écrit pour son mari et lui dédie le poème L'Éternelle Chanson dont ces deux vers deviendront plus tard célèbres dans le monde entier:


« Car vois-tu chaque jour je t'aime davantage,
Aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain.
»





L'éternelle chanson


Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille,
Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs,
Au mois de mai, dans le jardin qui s'ensoleille,
Nous irons réchauffer nos vieux membres tremblants.
Comme le renouveau mettra nos coeurs en fête,
Nous nous croirons encore de jeunes amoureux,
Et je te sourirai tout en branlant la tête,
Et nous ferons un couple adorable de vieux.
Nous nous regarderons, assis sous notre treille,
Avec de petits yeux attendris et brillants,
Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille,
Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs.

Sur notre banc ami, tout verdâtre de mousse,
Sur le banc d'autrefois nous reviendrons causer,
Nous aurons une joie attendrie et très douce,
La phrase finissant toujours par un baiser.
Combien de fois jadis j'ai pu dire " Je t'aime " ?
Alors avec grand soin nous le recompterons.
Nous nous ressouviendrons de mille choses, même
De petits riens exquis dont nous radoterons.
Un rayon descendra, d'une caresse douce,
Parmi nos cheveux blancs, tout rose, se poser,
Quand sur notre vieux banc tout verdâtre de mousse,
Sur le banc d'autrefois nous reviendrons causer.

Et comme chaque jour je t'aime davantage,
Aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain,
Qu'importeront alors les rides du visage ?
Mon amour se fera plus grave - et serein.
Songe que tous les jours des souvenirs s'entassent,
Mes souvenirs à moi seront aussi les tiens.
Ces communs souvenirs toujours plus nous enlacent
Et sans cesse entre nous tissent d'autres liens.
C'est vrai, nous serons vieux, très vieux, faiblis par l'âge,
Mais plus fort chaque jour je serrerai ta main
Car vois-tu chaque jour je t'aime davantage,
Aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain.

Et de ce cher amour qui passe comme un rêve,
Je veux tout conserver dans le fond de mon coeur,
Retenir s'il se peut l'impression trop brève
Pour la ressavourer plus tard avec lenteur.
J'enfouis tout ce qui vient de lui comme un avare,
Thésaurisant avec ardeur pour mes vieux jours ;
Je serai riche alors d'une richesse rare
J'aurai gardé tout l'or de mes jeunes amours !
Ainsi de ce passé de bonheur qui s'achève,
Ma mémoire parfois me rendra la douceur ;
Et de ce cher amour qui passe comme un rêve
J'aurai tout conservé dans le fond de mon coeur.

Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille,
Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs,
Au mois de mai, dans le jardin qui s'ensoleille,
Nous irons réchauffer nos vieux membres tremblants.
Comme le renouveau mettra nos coeurs en fête,
Nous nous croirons encore aux jours heureux d'antan,
Et je te sourirai tout en branlant la tête
Et tu me parleras d'amour en chevrotant.
Nous nous regarderons, assis sous notre treille,
Avec de petits yeux attendris et brillants,
Lorsque tu seras vieux et que je serai vieille
Lorsque mes cheveux blonds seront des cheveux blancs.



Rosemonde Gérard




Hélas, Rosemonde n'a pas vieilli aux côté de son époux, comme elle l'imaginait dans ce si beau poème. Celui-ci, en effet, la quitte en 1915 pour l'actrice Mary Marquet, de 27 ans sa cadette.
Ah ! Ces hommes qui quitte leur femme pour de la chair fraîche... Leur passion - car il ne s'agit plus vraiment d'amour, là - ne durera que trois ans, puisque Edmond Rostand meurt de la grippe espagnole, le 2 décembre 1918.

Rosemonde, elle, s'éteint le 8 juillet 1953.

Mais, d'une certaine façon, la force de cet amour a vécu bien au-delà de sa mort et vit toujours.

En 1907, Alphonse AUGIS, joaillier à Lyon, crée "la Médaille d'Amour ", inspirée par les deux vers désormais célèbres de la poétesse, qu'il a l'idée de transcrire sous forme figurative gravée dans du métal précieux: Car, vois-tu, chaque jour je t'aime davantage, Aujourd'hui + QU'HIER Et bien - QUE DEMAIN. Ce délicat bijou, symbole de l'amour éternel, traduit dans de nombreuses langues, est depuis très apprécié dans le monde entier et rappelle toujours la ferveur des sentiments amoureux que Rosemonde portait à son époux.




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