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 L'AFFAIRE SAVILE ET SES MULTIPLES RAMIFICATIONS

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Localisation : Tarn

MessageSujet: L'AFFAIRE SAVILE ET SES MULTIPLES RAMIFICATIONS   Mer 22 Jan 2014 - 17:25

LA STAR PÉDOPHILE DE LA BBC, JIMMY SAVILE,
SÉVISSAIT JUSQUE DANS LES ORPHELINATS





13 octobre 2012 - L’affaire Jimmy Savile fait les gros titres en Angleterre depuis quelques jours. Jimmy Savile n’a pas vraiment d’équivalent français. Icône de la télévision pour jeunes, DJ à l’émission Top of the Pop, animateur de Jim’ll Fix It, Savile avait un cercle de relations des plus vastes et hétéroclites. Il est mort il y a un an, et c’est aujourd’hui que le scandale éclate: Savile profitait de sa renommée pour violer des enfants de 9 ou 10 ans et des ados. Et cela, durant plus de cinquante ans. Peu à peu, on s'aperçoit que beaucoup d'animateurs de la BBC partageaient ce type de pratique en toute impunité...




Sir Saville - puisqu’il a été anobli en 1990 - est mort il y a un an, auréolé de gloire, à l’âge de 84 ans. Vieux garçon qui se vantait de ne vouloir vivre avec une femme, il a été connu dans les années soixante à la radio.  

Les viols les plus anciens qu’on lui prête remonte à cette période. Savile était tellement sûr de lui qu’il se permettait de violer des gamines de tous milieux, certaines venues assister à l’enregistrement de ses émissions télé. Le scandale couve depuis quelques mois, mais la BBC, dont Savile était un animateur phare, a tout fait pour balayer ces "allégations" d’un revers de main. Il y aurait actuellement 340 chefs d’accusation contre la star de la BBC.

On a d’abord appris que trois, puis cinq, puis dix, puis une quarantaine de femmes témoignaient avoir été violées par Savile. Selon The Mirror du 6 octobre, « près de 100 victimes clament désormais avoir été agressées par la star de la télé ». Huit auraient porté plainte. Dans les locaux de la BBC, chez lui ou dans sa caravane, à l’hôtel, dans divers établissements scolaires et foyers, souvent de manière violente, sans que les filles ne s’y attendent. Il aurait aussi violé un de ses neveux, qui vient de commencer à parler, à 59 ans.

Les histoires se ressemblent.

L’une, Fiona, dit qu’elle a été violée par Savile à l’arrière de sa voiture. Elle avait 14 ans et était écolière. Il avait pris pour l’après-midi quelques gamines et en a profité pour violer Fiona pendant que les autres étaient plus loin. Elle en a parlé, mais personne ne l’a crue à l’époque. Fiona explique qu’elle a revu Savile et il a recommencé, y compris dans sa chambre à la BBC. Un endroit cité par d’autres victimes.

Aujourd’hui, c’est l’actrice Julie Fernandez qui dit avoir été violée par Savile, dans « une pièce pleine de monde », et cela quand elle avait 14 ans. En fait, les témoignages se succèdent depuis deux semaines, et on se demande quand cela va s’arrêter. Ces révélations amènent à entrevoir l’existence d’un véritable système de corruption de mineurs au profit de Savile et d’une élite, s’accompagnant d’une chape de plomb qui a permis à Savile de sévir pendant 50 ans.

On peut se demander comment il se fait que rien n’ait filtré depuis tout ce temps, et pourquoi Savile n’a cessé de recevoir des honneurs au cours de sa carrière. En réalité, il semble que beaucoup de choses aient filtré, justement. Mais on a systématiquement regardé ailleurs et tout cela ne passait que pour des "rumeurs", des "ragots. Les victimes ont ce point commun qu’elles étaient toutes persuadées qu’on ne les croirait pas, tant l’image de Savile, qui se voulait un grand "philanthrope", était rayonnante.

Il était intouchable, personne ne pouvait le critiquer, comme « une figure divine », déclare une de ses victimes. L’individu était aussi connu pour ses bonnes œuvres,  pour lesquelles il aurait levé 40 millions de livres.

De premières accusations ont eu lieu contre Savile en 1973, mais les victimes avaient perdu et avaient été citées publiquement.

En 2007, une plainte avait été déposée contre lui. Un détective privé, Mark Williams-Thomas, a mené l’enquête pendant 12 ans et a parlé à plusieurs victimes de celui qui a été, pendant 42 ans, la star de Top of the Pops. Son enquête avait servi de base pour un court documentaire sur les viols de Savile. Le documentaire a été acheté par la BBC, qui avait décidé de ne pas le diffuser parce qu’il impliquait des dirigeants de la chaine, et aussi parce que la BBC préparait une émission à la gloire de Savile pour Noël.




Les "soirées pédophiles"

Le neveu de Savile qui a parlé, Guy Marsden, explique qu’il avait 13 ans en 1967 quand Savile l’a emmené à Londres dans la villa d’une célébrité du moment, « pour la première d’une série de réunions sociales sordides ». Pendant 18 mois, Marsden et des camarades ont été emmenés dans de nombreuses soirées, où des garçons, dont les plus jeunes avaient une dizaine d’années,  étaient violés par des hommes.

Marsden raconte que lui et ses amis servaient d’intermédiaires pour fournir des gamins plus jeunes lors de ces partouzes. Étrangement, il dit qu’il n’y avait jamais de femmes à ces soirées. Il dit qu’il n’a jamais vu les viols d’autres enfants mais qu’il les voyait partir dans les chambres avec des hommes. Parmi ces hommes « plusieurs grands noms du show business » qui étaient des habitués.

Certains enfants venaient probablement d’orphelinats ou de foyers. Personne ne l’a cru quand il a parlé de cela. Et à sa mort, l’année dernière, il a été parmi les premiers à lui faire des louanges tout en sachant qu’il était parfaitement hypocrite. D’ailleurs, d’autres membres de sa famille continuent à se dire outrés par les accusations qui viennent à la surface en ce moment.

Marsden est le fils de la sœur de Savile, qui a eu 18 enfants et vivait dans un HLM. Alors, quand l’oncle Jimmy arrivait pour leur faire faire des tours dans sa Rolls Royce, c’était la fête. Et un jour, alors qu'il a 13 ans, Savile emmène son neveu et trois de ses amis à Londres, pour une virée qui dure finalement cinq semaines. Ensuite, ce genre de sorties s’est répété avec la même équipe. En récompense, et pour acheter son silence, Savile a payé à sa sœur un meilleur logement.

Marsden dit qu’il n’a jamais vu Savile abuser d’enfants, car cela se passait dans les chambres, mais il ajoute que « il était membre d’un réseau pédophile lors de ces soirées ».




La DJ connexion de la BBC

Saville était l’un des ancêtres des DJ. Un milieu pointé du doigt après diverses révélations. Par exemple, une jeune fille de 15 ans s’est suicidée en 1971. L’ado, qui avait dansé plusieurs fois dans l’émission Top of the Pops, expliquait que des DJ de la télévision la droguaient et la violaient lors de soirées dans des villas.

La jeune fille a été décrite ensuite comme mythomane et instable, bien que ses proches aient toujours dit le contraire.

D’autres personnages de ce monde des DJ, comme le producteur et présentateur Jonathan King - de son véritable nom, Kenneth King - de Radio 1 ou Chris Denning, étaient même carrément pédophiles. King a d’ailleurs été condamné en 2001 à sept ans de prison pour avoir abusé de cinq garçons de 14 ou 15 ans dans les années 80. Il les ramassait notamment en faisant des virées à Londres avec sa Rolls. King a été libéré sur parole en 2005 et est occupé à réhabiliter son image de star de la pop[1].

Comme pour Polanski et d’autres, il y a eu des soutiens publics pour King, comme le producteur de X Factor Simon Cowell, qui a versé un tiers de sa caution lors d’une première arrestation, soit 50.000£, avant que King ne soit à nouveau arrêté deux mois plus tard.

Denning, quant à lui, a été condamné pour avoir abusé de garçons entre 10 et 14 ans, et cela de 1967, alors qu'il travaillait à la BBC où il était l’un des premiers DJ, jusqu’en 1983 - du moins pour la période infractionnelle retenue. Il a été extradé d’Angleterre où il était en voyage. Il résidait en Slovaquie, où il a été condamné, et où il a été envoyé pour y purger sa petite peine. Denning avait aussi vécu à Prague en République Tchèque jusque fin 2004. Il a quand même poussé le vice jusqu’à clamer que ses droits avaient été bafoués car ses crimes étaient "consensuels" et anciens.

De fait, la pédophilie semble aujourd’hui "consensuelle", comme le fait de battre sa femme et de frauder le fisc, ce n’est pas pour cela qu’il faut rendre cela légal et laisser faire.

En 2008, il a donc été condamné en Slovaquie à cinq ans de prison, pour production de pornographie enfantine[2]. On apprend aussi qu’il avait été condamné en 1974 pour indécence, puis à 18 mois de prison en 1985, à trois ans en 1988, à trois mois en 1996, à quatre ans en République Tchèque en 1998, et à cinq ans ensuite en 2008. Selon lui, toutes ces condamnations étaient "injustes". En 2001, la Grande Bretagne a demandé son extradition de République Tchèque où il purgeait sa peine de trois ans de prison pour avoir abusé d’un gamin de 11 ans. Son pays natal l’attendait pour répondre de neuf accusations d’abus sexuels au début des années 70.

Comme King, Denning fréquentait une boite dans les années 70, le Walton Hop, où traînaient de nombreux ados. Contre rémunération, ou pas, on embarquait quelques uns d’entre eux dans des soirées où on les droguait pour mieux abuser d’eux.

Apparemment, deux autres DJ sont accusés de viol par cette ado qui s’est suicidée. Selon elle, des émissions comme Top of the Pops étaient un terrain de chasse pour divers prédateurs sexuels. De fait, certains se demandent aujourd’hui s’il n’y avait pas un réseau de prostitution qui avait la BBC pour QG.

La police serait en train d’enquêter à ce sujet, autour de Savile et d’un complice. Celui-ci, employé de la BBC, était chargé de procurer des filles à Savile et à d’autres pour qu’ils abusent d‘elles. Deux femmes l’ont dénoncé.

Gary Glitter, autre célèbre DJ animateur de la BBC, a été accusé de faire partie d’un réseau de partouzeurs pédophiles. De fait, dans les années 70, il a violé une gamine de 13 ans dans la chambre de Savile à la BBC, pendant que Savile et une autre "star"[3] abusaient de deux gamines de 14 ans. En 1999, Glitter avait fait quatre mois de prison pour avoir téléchargé des images pédopornos, et, en 2008, il a fait de la prison au Vietnam pour avoir abusé de deux fillettes de 11 ans.

Alan Freeman, autre DJ de Radio 1, qui appartient à la BBC,  possédait un magasin de disques à Londres, dont on a appris récemment qu’il était aussi un lieu de partouzes où Jonathan King, dont on vient de parler, avait ses habitudes. Savile et quelques parlementaires en vue comme Jeremy Thorpe[4] semblaient également apprécier le rendez-vous. Les enfants venaient de différents homes.

La BBC, elle, se dit « horrifiée » par toutes ces allégations…

Pourtant, deux anciens chauffeurs de la BBC ont déclaré qu’ils auraient été virés s’ils parlaient des viols commis par Savile, et que la chaîne employait même des chaperons pour éviter que des adolescentes n’entrent dans la chambre de Savile.




De la BBC aux écoles, hôpitaux et foyers

La BBC n’était pas le seul terrain de chasse de Savile. Celui-ci trouvait aussi des ados dans des écoles, notamment l’école de Surrey, la Duncroft Boarding School, destinée aux filles "émotionnellement dérangées", que Savile visitait régulièrement dans le cadre de ses "œuvres de charité". Une des victimes de Savile, qui était dans cette école, dit que « Jimmy prenait l’établissement pour une boutique pédophile ». De fait, une dizaine de victimes de Savile, qui étaient élèves de cette école, ont parlé après sa mort. Le point commun de ces ados était d’être laissées pour compte, autant par leurs familles que par les institutions. Saville les embarquait dans sa Rolls, les violait et les ramenait. Et personne n’a jamais posé de questions.

L’enquête s'oriente également vers l’hôpital de Leeds où Savile, dans sa grande bonté, était bénévole dans les années 60 et 70. Un témoin explique en effet l’avoir vu abuser d’une patiente handicapée. Il aurait commis les mêmes actes au Stoke Mandeville Hospital qu’il visitait régulièrement. Il y avait même une pièce qui lui était dévolue - une chambre avec un lit[5] -, destinée à ses œuvres, nous dit-on, et qui lui a été retirée au bout de vingt ans. D’ailleurs, là aussi tout le monde savait très bien ce qu’il se passait, et il paraît qu’on faisait chaperonner Savile lors de ses passages, pour qu’il ne viole pas la première gamine qui lui passait sous la main. La direction était, semble-t-il, parfaitement au courant que Savile était pédophile, ce qui ne les a pas empêchés de lui donner tout confort pour s’adonner à son vice.

D’autres recherches sont également menées à l’hôpital Broadmoor - un hôpital de haute sécurité à Londres, pour handicapés mentaux -, où une personne dit avoir été victime de Savile, qui avait obtenu là-bas le poste de chef de l’équipe de supervision de l’hôpital en 1988. Les flics seraient en train d’examiner le rôle qu’aurait tenu la BBC dans cette nomination[6].

Un ancien patient, qui a aujourd’hui changé de sexe et avait été abusé depuis ses trois ans, et qui a quitté Broadmoor en 1984, a dit avoir été violé par Savile. Celui-ci, étrangement, détenait les clés de l’hôpital. Une ancienne infirmière psychiatrique a expliqué que Savile y avait commis de nombreux viols sur une autre patiente au début des années 80, au cours de rapports extrêmement violents. Savile aurait été volontaire à Broadmoor depuis le début des années 60. Dans cet hôpital, il y avait aussi, par exemple, le serial killer Peter Sutcliffe. Sutcliffe a déclaré qu’il a commis ce meurtre car il avait entendu des voix. Dans son délire, étrangement, il désigne aussi la maison où vivait Savile.

Savile est aussi passé à Jersey, dans cet orphelinat tristement célèbre, le Haut de la Garenne, où des abus sexuels et des meurtres d’enfants ont eu lieu durant plusieurs décennies. À ce jour, seules trois personnes ont été condamnées, et l’affaire est bouclée. Pourtant, au terme de sept ans d’enquête, 192 victimes potentielles avaient mis en cause 151 abuseurs présumés. L’affaire a été si bien enterrée[7] qu’une journaliste, Leah McGrath, qui a enquêté sur l’étouffement en question, n’a plus le droit de mettre un pied en Angleterre.

Saville, qui a toujours nié avoir mis les pieds à Jersey, est cité en 2008 dans le dossier pour un abus sexuel commis dans les années 70. Mais il parait que, comme il n’existait pas de preuve, on n’a pas poursuivi le vieil animateur télé.

Apparemment, Savile était un visiteur régulier de Haut de la Garenne à la fin des années 60 et au début des années 70. Et quand The Sun, le journal de Murdoch, a évoqué des liens entre Savile et l’orphelinat de Jersey, Savile a engagé des poursuites contre le journal.

Cependant, une femme, qui a aujourd’hui une cinquantaine d’années, explique qu’elle et sa sœur ont été violées par Savile quand elle avait 9 ans et sa sœur 11 ans. La première fois, c’était à l’orphelinat de Haut de la Garenne, à Jersey. Ce jour là, des tas d’enfants venus de toute l’île étaient présents à l’orphelinat pour rencontrer la star. Cette victime a signalé cela à la police en 2007, mais elle explique que l’affaire a « été mise sous le tapis ». Un homme vient aussi de signaler que Savile l’a violé quand il avait 10 ans et était pensionnaire du home.

D’après Alan Collins, un avocat qui représente 56 victimes potentielles de l’orphelinat de Jersey, « plus de cinq personnes » parmi ses clients ont déclaré avoir été violées par Savile à Haut de la Garenne. L’avocat demande aujourd’hui une enquête sérieuse sur ces histoires.

Pour Lenny Harper, ancien chef de la police de Jersey, Savile était impliqué dans le scandale de Haut de la Garenne et il n’y a aucune raison de douter qu’il ait abusé d’adolescentes dans cet orphelinat.

Et justement, à Haut de la Garenne, de nombreuses personnalités défilaient, comme Edward Heath, premier ministre de 1970 à 1974. Lui venait pour les petits garçons, semble-t-il, qu’il embarquait sur son yacht, le Morning Cloud. Il semble que plusieurs "yachtmens", des nababs en yachts de luxe, abusaient des enfants de l’orphelinat.

Un autre home où Savile est soupçonné d’avoir sévi est le Kincora Boys’ Home, situé à Belfast en Irlande du Nord, et qui était destiné aux garçons.

Comme par hasard, là aussi il y a eu un scandale d’abus sexuels qui a éclaté en avril 1980, quand trois employés du home - dont le très trouble directeur William McGrath[8] - ont été poursuivis pour de nombreux abus dont des violences sexuelles, commis sur les enfants. Il est apparu que, là aussi, tout le monde savait mais personne n’a rien dit, y compris les autorités et même les services secrets. En outre, de hauts membres de l’armée étaient impliqués dans l'affaire, ainsi que Lord Moundbatten, le conseiller du prince Charles.

Récemment, un autre pédophile qui s’était rendu à Goa en Inde a déclaré à Scotland Yard y avoir vu Savile embarquer des fillettes dans des villages... Bref, il est très probable qu'on n'ait pas fini d'avoir des révélations sur la véritable vie de l'incône de la BBC.




Les relations de Savile

D’après Phil Dampier, reporter royal qui a croisé Savile à la BBC il y a des années, « il était ami avec le prince Charles et la princesse Diana », ce que confirme le conseiller en communication de Charles, un certain Dickie Arbiter. Savile aurait été même était invité par Charles à sortir Sarah Ferguson de ses ennuis[9], et aurait joué un rôle dans son mariage ainsi que dans celui du prince Andrew. D’après Diana, Savile était « une sorte de mentor » pour Charles.

Savile se vantait aussi d’avoir passé pas moins de 11 réveillons consécutifs du 1er de l’an avec Margaret Thatcher dont il était devenu le grand ami. Ce que nie aujourd’hui la fille de Thatcher.

Mais Thatcher n’était pas le seul premier ministre dont Savile était proche, soi-disant en raison de ses œuvres au Stoke Mandeville Hospital. Au nombre de ses récompenses, le béret vert des Royal Marines, qu’il est le seul civil à détenir. Il l’aurait obtenu peu après une simple formation.

D’après certaines sources répercutées par News of the World, Savile était connu pour fournir des enfants à différents parlementaires et politiciens afin qu’ils soient abusés sexuellement. Savile a été vu par un témoin alors qu’il faisait monter des jeunes garçons sur le yacht d’Edouard Heath, l’ex-premier ministre conservateur.

Comme par hasard, Heath a fait son coming out au moment il a été cité dans l’affaire de Jersey, ce qui ressemble à un contre-feu typique. Comme ça, tout le monde se concentre sur le débat de son homosexualité, au lieu de regarder du côté de la pédophilie.

Apparemment, Savile était si célèbre qu’il voyageait gratuitement et en 1ère classe sur le Queen Elisabeth II.

Parmi ses nombreuses récompenses, Savile a reçu en 1979 une médaille de la part d’Israël pour services rendus, après avoir favorisé une rencontre en 1977 entre Menahem Begin, 1er ministre israélien, et Anwar Sadate, le président égyptien, pour tenter d’arrêter le conflit entre les deux pays, dit-on.

Savile était déjà venu dix jours en Israël en 1975, à la demande, a-t-il dit, du président Ephraïm Katzir pour le conseiller sur « un délicat problème de sécurité », et cela avec, comme couverture, de se rendre à une soirée des membres de la d’amitié anglo-israélienne. Savile était aussi là pour participer à une émission télé, mais en a profité pour voir le président, qui lui a demandé de répéter sa prose à tout son cabinet. Accessoirement, Savile - qui était pourtant issu d’une famille catholique de Leeds[10] - a tenu des propos complètement sionistes à Katzir. Savile avait été approché pour organiser cette rencontre en raison de ses liens avec la femme de Sadate, la fille d’une amie de Savile.

Il a revu Moshe Dayan, alors ministre des Transports et futur 1er ministre d’Israël, à Londres peu après. Il se montre aussi très généreux aux diners de charité et à différents meetings de la communauté juive en Angleterre.

Il a été décoré de l’ordre de l’Empire Britannique en 1971. Il a un doctorat honoraire en droit de l’université de Leeds.

En 1990, il reçoit un prix de la reine Elisabeth pour ses actions de charité, et, la même année il reçoit du pape Jean Paul II le titre de Chevalier Hospitalier de l’Ordre de Saint Jean de Jérusalem, c’est-à-dire l’ordre de Malte.




********


Cette affaire sent le roussi, c’est le moins qu’on puisse dire. Ou bien il y a un nombre incroyables de manquements de toutes parts - BBC, hôpitaux, foyers, parlementaires, protection de l’enfance,  etc. - et cela durant une cinquantaine d’années, ou bien nous sommes face à un système.

Il est impossible que les relations de Savile n’aient pas su de quoi il retournait, que ce soient ses relations à la BBC ou ailleurs, dans les hautes sphères. Savile était-il un fournisseur d’enfants ? L’affaire de Jersey le laisse penser.

Le fait qu’autant d’institutions censées protéger les enfants et leur venir en aide aient collaboré à ces perversions est également révélateur. On ne me fera pas croire à l’incompétence de tous ces gens, même si c’est probablement la thèse qu’on va nous servir.

La police pourra-t-elle tirer les ficelles des connexions de Savile ? J’en doute. À l’heure actuelle, ni l’affaire de Jersey ni aucune autre n’ont pu se poursuivre, dès lors que des gens trop haut placés sont impliqués.




Ajout du 19/10/2012:

On apprend que Jimmy Savile se servait de son accès illimité à l'hôpital Broadmoor pour emmener des enfants dans les soirées où il officiait en tant que DJ dans les années 70. Il appelait ça du "divertissement thérapeutique". Rappelons que Savile avait un rôle important dans cet hôpital dit "de haute sécurité". Là-bas, dit un témoin, « Savile faisait ce qu'il voulait et personne ne pouvait l'arrêter ».

Le Mirror déclare que Savile a aussi arrangé une sortie prématurée de Broadmoor pour une soixantaine de patients, dont des meurtriers.

Pour les patients qui restaient, Savile utilisait son statut à l'hôpital Crowthorne pour organiser des excursions d'une journée à l'arrière du jardin de la Reine, à Windsor, ou à bord d'un bateau de luxe sur la Tamise.

Il a aussi organisé des visites de groupe dans les hôpitaux, et même chez les patients, comme par exemple chez le tueur en série Peter Sutcliffe ou le chef de gang Ronnie Kray, pour y organiser des concerts.

Avec l'aide des Amis de Broadmoor, une oeuvre de charité, il organisait des soirées pour les patientes.

Actuellement, la police est en train d'enquêter sur cinq "personnalités" accusées d'avoir violé des adolescentes.




[1] Il a, par exemple, porté plainte contre la BBC - et gagné - parce qu’il a été retiré d’une vidéo consacrée à l’émission Top of the Pop.

[2] Et, comme par hasard, on sait que de nombreux films pédophiles sont tournés en République Tchèque, Slovaquie, Pologne, Ukraine.

[3] Tous les regards se sont tournés vers le comédien Freddie Starr, qui a d’abord nié. Il avait déjà gagné quand une femme l’avait attaqué pour un viol qu’il aurait commis lors d’une soirée. Ce témoin expliquait que Starr avait présenté à Savile une fille de 14 ans au cours d’une soirée au début des années 70.

[4] Les partouzes y auraient pris fin quand ledit Thorpe a commencé à être pisté par les flics pour son goût pour les jeunes garçons des rues.

[5] Mais il semble que « le personnel de plusieurs hôpitaux a procuré à Jimmy Savile une chambre privée ».

[6] Il semble que Savile ait été nommé à ce poste après que le secrétaire à la Santé Ken Clarke ait viré l’équipe de direction de l’hôpital. La police se demande pourquoi Savile avait un jeu de clés de cet hôpital de haute sécurité, alors qu’il était censé s’occuper de sa gestion. Toutefois, la police attendait le feu vert pour enquêter sur un éventuel trafic d’enfants lié à la BBC.

[7] Par exemple, en 2011, le gouvernement de Jersey voulait retirer le dossier à l’enquêteur principal Lenny Harper, qui était jugé trop proche des médias, mais son supérieur a refusé. D’après News of The World, le magazine aujourd’hui disparu de Murdoch, Harper expliquait que « Les dernières révélations sont explosives. Elles vont provoquer des vagues massives dans le monde politique et judiciaire susceptibles amener l'ensemble de l'infrastructure de Jersey à s'écrouler. L'un des points les plus graves dans l'enquête est que les enfants sont régulièrement prêtés aux plaisanciers fortunés afin qu’ils " fassent avec ce qu’ils veulent durant la journée " » .

[8] Homosexuel notoire, paramilitaire anti-irlandais d’extrême droite et dirigeant d’un groupe anti-communiste, Tara. Il a rejoint le home en 1971, et l'a pris en main pour en faire une boite à partouzes pédophiles. Il y invitait ses petits copains paramilitaires. Apparemment, McGrath était un agent du MI6 depuis les années 60. Le MI5, par contre, l’aurait dégagé en raison de sa pédophilie, ce qui me semble très, très étonnant. Au contraire, d’autres disent que le MI5 se servait de cet orphelinat pour coincer des personnalités.

[9] Via des conseils en communication lors de son divorce avec le prince Andrew.

[10] Il disait qu’il était très proche de sa mère - avec laquelle il a vécu jusqu’à sa mort -, au point qu’il communiquait toujours avec elle après sa mort en 1973. Certains journaux ont aussi mentionné que Savile avait passé sept jours seul avec le cadavre de sa mère. Sa famille mérite le détour, semble-t-il. En 1980, son frère ainé, John Henry, a été viré de son job dans un hôpital psychiatrique de Londres pour avoir agressé sexuellement une patiente.





source:
 freddy  http://dondevamos.canalblog.com/archives/2012/10/13/25325908.html


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MessageSujet: Re: L'AFFAIRE SAVILE ET SES MULTIPLES RAMIFICATIONS   Mer 22 Jan 2014 - 19:15

RÉSEAU PÉDOPHILE D'ÉLITE EN GRANDE BRETAGNE:
LES SERVICES SOCIAUX AU SERVICE DES PÉDOS





Que s’est-il passé dans les orphelinats du Pays de Galles, et ailleurs en Angleterre? Depuis que le scandale Jimmy Savile a explosé, on dirait que la parole se libère. D'anciens hommes politiques et encore en vue sont cités, on parle de protections, et on revient sur certaines affaires un peu trop vite enterrées.

Comme celle des orphelinats du pays de Galles qui a défrayé les chroniques dans les années 90. Les choses sont graves, et en Angleterre comme en France, on commence à parler de "pédophilie institutionnelle"
[1].




Reprenons.

Il a fallu trois ans d’investigations et 13 millions de livres dépensées pour finir par conclure que tout compte fait, il ne s’est rien passé ou presque dans les orphelinats.

Les recherches portaient sur de nombreuses allégations d’abus sexuels et de violences commis dans deux comtés du nord du Pays de Galles, presque toujours sur des garçons. L’orphelinat de Bryn Estyn à Wrexham figurait parmi les hauts lieux de sévices entre 1974 et sa fermeture en 1984. D’ailleurs, Jimmy Savile y avait ses petites habitudes, selon plusieurs victimes.

Pendant toutes ces années, les dénonciations n’ont jamais cessé, presque toujours enterrées[2] par les personnes impliquées et leurs amis.

Au milieu des années 80, une certaine Alison Taylor, éducatrice dans un de ces orphelinats, commence à entendre un certains nombre de témoignages, tous similaires, évoquant des abus sexuels dans différents foyers. Elle se rend compte que plusieurs rapports ont été rédigés par des travailleurs sociaux, mais qu’aucune procédure disciplinaire n’a jamais suivi.

Taylor saisit donc sa hiérarchie au sujet de six enfants dont les cas sont bien documentés, mais ô surprise ! C’est elle qui a des ennuis. Et rien ne se passe, faut-il encore le préciser ?

En 1986, Alison Taylor raconte donc tout aux flics. Mais rien ne se passe, et Taylor est suspendue en 1987 au motif que la « communication est rompue » entre elle et ses collègues. En réalité, dès qu’elle signalait des maltraitances, cela se retournait contre elle[3].

Cependant, l’administration tente de lui faire signer plusieurs accords afin d’acheter son silence. Elle refuse et se fait aider par son syndicat pour obtenir des dédommagements, et un accord est finalement signé en 1989, s’accompagnant d’une clause de confidentialité.

En 1990, une enquête est ouverte par un inspecteur du coin, mais il a beaucoup de mal à avancer en raison d’une mauvaise volonté flagrante du personnel des foyers et orphelinats mis en cause. Finalement, ce flic ne trouve pas assez d’éléments pour obtenir un procès, et on ne va pas plus loin.

Pendant ce temps-là, Taylor continue sa campagne médiatique, frappant à la porte de tous les médias locaux et nationaux qui voulaient bien la laisser parler. Petit à petit, d’anciennes victimes entrent en contact avec elle, si bien qu’en 1991, elle publie un rapport reprenant une centaine de cas d’abus sexuels. Parmi ces 100 cas, 75 avaient déjà été soumis à la police. Quelques travailleurs sociaux du coin ont aussi été condamnés pour des abus sexuels, mais on n’a pas du tout approfondi les recherches.

Fin 1991, Dennis Parry, le chef du Conseil de Clwyd, contacte l’Independant On Sunday et déclare que l’ancien chef de Bryn Estyn, Peter Howarth, était un pédophile. Il parle aussi d’un flic récemment retraité comme complice du réseau qui opérait à partir de Bryn Estyn, et comme l’un de ceux qui ont permis de couvrir l’affaire.

Menée par Sir Waterhouse, un juge à la retraite, une enquête liée à ces accusations a été lancée en janvier 1997 et publiée en 2000, et tous les pervers savaient qu’ils pouvaient dormir tranquilles. Toutefois, 140 victimes ont reçu une compensation de l’État…

Cela va sans dire, le franc-maçon Waterhouse n’a cessé de dénigrer Alison Taylor, l’épine dans le pied des puissants pédophiles locaux et même nationaux. Selon Waterhouse, sans Taylor, il n’y aurait jamais eu d’enquête, et les choses auraient été bien mieux.

Dès le départ, les médias ont été menacés de poursuites s’ils sous entendaient que les abus sexuels dans les orphelinats étaient plus importants que ne le disait la commission.

Plus de 650 personnes ont été entendues, dont 250 victimes. Le rapport était prêt en mai 1998, mais il a fallu un an pour l’arranger. Au final, 700 accusations d’abus sexuels impliquant 170 personnes, dont plus de 80 étaient des employés des foyers ou des enseignants. Bizarrement, seules 25 personnes ont été arrêtées dans cette affaire. Et la majorité a été libérée sans aucune charge puisque les seul condamnés ont été Howarth. Et John Allen, l’ancien propriétaire de Bryn Estyn.

Publiée en 2000, l’enquête Waterhouse conclut qu’il n’y aucune preuve étayant des protections ou un système d’abus à grande échelle. Pour Waterhouse, tous ces cas d’abus sont isolés, et, bien sûr, aucune personnalité n’est impliquée. Mais on fait toute une série de "recommandations" qui ne seront que très peu suivies d’effets. Et Waterhouse a toujours dit que son travail avait été bien fait, ce qui, aujourd’hui, fait grincer beaucoup de dents. En fait, alors qu’on demandait à ce tribunal de dire ce qui n’avait pas fonctionné dans les homes du Pays de Galles, celui-ci s’est attaché à démonter les accusations des victimes.

Quant aux témoins, certains n’ont même pas été entendus, comme un ex-patron de Bryn Estyn, Des Forest, qui a pourtant été parmi ceux qui ont dénoncé les faits en premier.

Entre 1990 et 1996, une dizaine d’enquêtes publiques sont menées sur ces foyers. Plusieurs rapports sont publiés, révélant des abus à grande échelle sur les petits pensionnaires des homes du Pays de Galles. L’une de ces enquêtes, publiée en 1993, reprend 2.600 témoignages, et 300 cas d’abus sont envoyés à la Justice. Et devinez combien de personnes ont été poursuivies et condamnées ? Sept, dont trois éducateurs de Bryn Estyn, et Peter Howarth, ex-dirigeant de ce bordel pour pédophiles d’élite, a ramassé 10 ans de prison en 1994. Il a eu de la chance, il est mort trois ans plus tard. Steven Norris, autre dirigeant de Bryn Estyn, a été également condamné pour les mêmes faits.

Si la commission Waterhouse a été aussi inepte, c’est parce que les francs-maçons ont aidé leurs confrères, d’après certaines affirmations. Certains parlent même de "massonic connection". Dès la première audience de ce pseudo tribunal, le conseil de certaines victimes, Nick Booth, a demandé que le tribunal fasse une liste des francs-maçons qui le composent, mais aussi des francs-maçons présents parmi les avocats et les témoins. De fait, la franc-maçonnerie est très pratique pour étouffer les affaires judiciaires, les accointances et intérêts particuliers primant systématiquement sur l’intérêt général. Booth expliqua que « le devoir de loyauté d’un frère maçon et son devoir d’impartialité s’il est impliqué dans l’administration judiciaire, doivent être mis sur la place publique ».

Évidemment, Waterhouse a refusé de mettre en place cette transparence pourtant élémentaire dans un pays qui se veut un État de droit.

L’avocat Gerard Elias, mandaté par le parquet pour être conseiller du tribunal, est franc-maçon[4] et membre d’une des loges les plus puissantes du Pays de Galles, Dinas Llandaf, composée de nombreux professionnels du droit et de membres du parti conservateur, dont Waterhouse lui-même.




Jillings Report

Dans les années 90, certaines accusations portaient sur des flics qui avaient couvert le réseau pédophile opérant dans les orphelinats. On ordonne donc un nouveau rapport, et on mandate Jillings, ex-directeur des services sociaux pour la mener. Mais les membres de cette commission doivent faire face aux mêmes freins que lors des enquêtes précédentes:
  • Les nouveaux flics du Pays de Galles refusent de les rencontrer, si bien que des députés doivent réunir eux-mêmes les témoignages.

  • 130 cartons de matériel ont été soustraits aux investigations

  • Le conseil du Comté de Clywd n’a pas autorisé les enquêteurs à placer des encarts dans la presse afin de rechercher des informations.
Ce rapport, qui étudiait les abus dans les orphelinats de Clwyd, finit quand-même par conclure que des personnalités sont impliquées dans le scandale des abus sexuels, qui sont monnaie courante dans les orphelinats. Le rapport note aussi que les enfants qui se plaignent ne sont jamais crus, et sont même punis pour avoir fait de fausses allégations.

On ne sait pas non plus combien d’enfants ont été violés, mais on estime qu’ils sont plus de 200 au début des années 90.

Au moins une douzaine d’anciens résidents sont morts de causes non naturelles, comme les frères John, par exemple: en 1992, Adrian John, témoin-clé dans l’affaire des abus sexuels commis à Bryn Estyn, meurt dans l’incendie très suspect de sa maison. Et, comme par hasard, on s’est aperçu que son frère Lee a eu accès à des données montrant l’existence de transactions financières entre les dealers de la côte Sud et les personnes qui gèrent un réseau de pédopornographie et de pédocriminalité. Évidemment, Lee est mort lui aussi, en 1995.

Enfin, histoire de bien tourner la page, les employés impliqués ont été virés ou on les a laissés partir avant la publication du rapport.

Le rapport n’a pas été publié parce que, dit-on, l’assureur des comtés, Municipal Mutual Insurance, a dit que ça inciterait les victimes à demander des dommages et intérêts. Toutes les copies du rapport ont été détruites, et les exemplaires restants ont été envoyés au Children’s Commissionner for Wales, Keith Towler.

Au final, on doit constater l’écart flagrant entre le nombre de plaintes et le nombre de condamnations.




Abus à grande échelle

Une quarantaine de homes et orphelinats sont concernés par des cas d’abus sexuels, rien qu’au Pays de Galles.

Dans la communauté de Bryn Alys, c’est le propriétaire lui-même qui a été le pervers le plus assidu: John Ernest Allen, qui s’est trouvé sous le coup de 28 plaintes d’anciens pensionnaires, a été condamné à… six ans de prison pour des viols sur six anciens pensionnaires. Avec les remises de peine, autant dire qu’il a vite pu recommencer ses horreurs.

Le député en chef des écoles de la communauté a été condamné quant à lui à six mois de prison pour des viols sur une adolescente de moins de 16 ans.

Richard Ernest Leake, autre chef d’établissement - qui a fait fortune avec les orphelinats[5] -, était aussi parti pour un simulacre de procès, suite à des viols commis entre 1972 et 1978. Pas moins de 16 anciens résidents l’ont accusé.

Quant aux victimes, elles parlent d’abus généralisés. Ainsi, Keith Gregory mentionne l’ancien dirigeant de Bryn Estyn, Peter Howarth, comme l’un des trois membres de ce home qui l’ont violé dans cet orphelinat. Entre temps, Howarth a été envoyé pour 10 ans en prison en 1994 pour avoir violé des enfants, et il y est mort. Gregory a témoigné devant la commission Waterhouse, mais il dit qu’on ne l’a pas cru malgré les éléments donnés, tels que les noms des abuseurs qu’il avait reconnus.

Gregory dit que les enfants craignaient chaque nuit d’être embarqués dans un appartement de l’orphelinat pour y être violé par les membres du personnel et/ou par des visiteurs. Gregory a d’ailleurs croisé Jimmy Savile à Bryn Estyn, ainsi que son frère Johnny. Certains enfants, comme Steven Messham, qui préside l’association de victimes des orphelinats[6], étaient emmenés dans des hôtels où ils étaient prostitués et violés par des groupes de personnes. Messham, lui, dit avoir subi des viols dans quatre orphelinats différents du Pays de Galles.

D’autres victimes ont mentionné un ancien député Conservateur, Sir Peter Morrison, mort en 1995. Il y avait, comme à Haut de la Garenne, l’orphelinat de Jersey, un sous-sol dans lequel avaient lieu les partouzes. À Bryn Estyn, des enfants étaient probablement drogués avant les viols. Certains enfants, dont les parents étaient morts dans "d’horribles circonstances", étaient pris pour cible davantage après le décès de leurs parents. Et certains gamins jetés dehors à leur majorité, sans argent, n’ont rien eu d’autre à faire que de continuer sur la même voie en se prostituant à Londres ou Manchester.

Plusieurs victimes ont aussi désigné un certain Gordon Anglesea, surintendant de police, comme l’un des abuseurs de Bryn Estyn. Lui aussi, accessoirement, était franc-maçon, de la loge Berwyn à Wrexham, depuis 1982, puis à la loge Pegasus. Et il semble bien qu’Anglesea était loin d’être le seul impliqué dans ce réseau pédophile opérant dans les orphelinats.

A l’époque des "investigations" de la commission Waterhouse, les victimes n’ont pas été autorisées par les flics à nommer ces visiteurs ni aucune personnalité publique impliquée. Et les accusations de Messham ont été jugées « inconsistantes ».

Parmi ces visiteurs, les journalistes de Scallywag ont identifié Derek Laud, un lobbyiste très proche du parti conservateur dont il est membre[7], qui donne aussi dans la charité et a été décrit comme un sadique par ses victimes. Laud tient une boite de communication, Ludgate Communications, qui fournissait de jeunes garçons pris dans des orphelinats aux élus conservateurs. L’appartement de Laud à Pimlinco était un lieu d’orgies sexuelles pédophiles, où une victime a déclaré avoir vu un certain Lord McAlpine, dont on va reparler plus bas.

Enfin, la liste des pédophiles membres de la classe politique anglaise est longue, et a tendance à se rallonger.




Et, en 2012, on repart pour un tour

Tout avait donc été fait pour enterrer l’affaire et pour éviter qu’on inquiète ces élites pédophiles et cocaïnées qui dirigent le pays.

Oui, mais voilà: en novembre 2012, suite au scandale Savile et aux nombreuses accusations connexes visant la classe politique, le 1er ministre David Cameron n’avait d’autre choix que de rouvrir ce dossier. Il a dit que toutes les victimes devaient aller signaler les faits à la police, comme si cela n’avait déjà été fait ! On va aussi nommer une personnalité indépendante, du moins on espère qu’elle le sera davantage que Waterhouse, afin de voir ce qui a été couvert dans les années 90.

Et surtout, pour savoir ce qu’il a pu se passer à l’extérieur des homes. Une des victimes, Steven Messham, s’étonne: « Je ne comprends pas pourquoi on a fait une enquête si c’est pour laisser de côté 30% des abuseurs, et basiquement ce qu’on m’a dit de faire. On m’a dit que je ne pouvais pas donner de détails sur ces gens, que je ne pouvais pas les citer, et ils ne m’ont pas questionné à leur sujet ». Messham n’a eu aucune explication. On lui a seulement dit de ne pas les mentionner. Surtout, Messham avait une série de photos prises lors des viols, des photos qu’il a volées dans l’appartement d’un des pédophiles et qu’il a données à la police car tout le monde était parfaitement identifiable. Devinez ce qu’il s’est passé ensuite ? Rien. Les flics ont dit que les abuseurs n’étaient pas identifiables…

Depuis qu’il a commencé à parler publiquement, des dizaines d’autres victimes ont contacté les flics.

Keith Gregory, conseiller à Wrexham, a dit à la BBC qu’il avait été violé à Bryn Estyn dans les années 70 par des membres du personnel et des personnalités locales. Il dit qu’il a été choqué de constater que la commission Waterhouse « n’a pas enquêté sur les accusations d’enfants qui avaient été emmenés hors des orphelinats ». Mais toutes ces fautes de la commission Waterhouse, on les connaissait déjà en 2005.

Et on risque bien d’y revenir: une ancienne chef du personnel de comté de Clwyd, Sian Griffiths, qui a suivi toute l’affaire depuis le début, a gardé tous les témoignages des victimes et toutes les preuves qui ont été examinées par différentes commissions avant de passer à la trappe. Elle dit que certains protagonistes sont toujours vivants, et que pour faire en sorte qu’on ne trouve pas assez de preuves d’abus sexuels, par exemple contre un certain Thomas Kenyon, fils de député, et bien la police a tout simplement fait disparaître certains éléments.

De fait, environ la moitié des personnes citées par les victimes n’ont jamais été inquiétées.

Mme Justice Macur a donc été chargée par Cameron de vérifier si des fautes n’auraient pas été commises par la commission Waterhouse.

Mais aujourd’hui, rien n’a changé. Les flics censés enquêter sur le réseau pédophile gouvernemental, puisque c'est de cela dont il s'agit, se sont déjà entendus dire qu’ils feraient mieux de ne pas chercher s’ils veulent garder leur job.

Et les Lords, comme un certain Lord Peers, par exemple, sont déjà pressés qu’on en finisse avec cette affaire, au motif que d’innocentes personnalités seraient mises en cause injustement, de même que des institutions évidemment irréprochables.

Si on les écoute, toutes ces accusations ne sont que des "théories du complot" voir même une "chasse aux sorcières"... Mais ces théories ont la dent dure, pour revenir à la surface à chaque décennie.




Savile connection

Et les délires de Savile, ont-ils été couverts eux aussi ? Il semble bien. Les flics du Yorkshire, par exemple, ont déclaré officiellement qu’il était « impossible » qu’ils ne sachent pas ce qu’avait pu faire Savile, impliquant que Savile n’avait donc certainement rien fait.

Pas de chance, les journaux ont mené leur propre enquête et ont découvert que les flics savaient très bien que Savile violait des gamines. D’ailleurs, son émission TV lui permettait un accès privilégié à des gamines de l’âge qu’il recherchait… Les flics ont même mené l’enquête à ce sujet en 2003. Mollement, certes, mais ils étaient au courant. Et ils savaient même que le pied à terre de Savile à Glencoe[8] était une scène de crime.

On peut s’étonner de ce manque de zèle, d’autant que l’affaire faisait jaser dans les chaumières. Finalement, les flics ont conclu que Savile n’avait pas de "connexion locale". Mais, pas de chance, en octobre 2012, deux victimes parlent de viols commis par Savile dans la région de Scarborough à la fin des années 60 et à la fin des années 80.

Les médias ont aussi révélé la proximité de Savile avec quelques flics, dans le Club. C’est ainsi que s’appelait la bande de Savile à l’époque… Apparemment, certains flics du Yorkshire lui servaient de gardes du corps, alors que c’est évidemment interdit par le règlement.

Et Savile était également un grand ami d’Israël - il a reçu une médaille pour services rendus -, très proche du prince Charles[9] et un habitué de la Cour - il a d’ailleurs été anobli… Savile aurait même conseillé Charles lors de son mariage avec Diana, ou quand il s’est agi de nommer un collaborateur proche[10]. Enfin, Savile était appointé pour organiser les fêtes royales… Et quand il se baladait au palais, son comportement graveleux était le même qu’à la BBC, selon un membre du staff royal. Savile était également proche du prince Philippe, le père de Charles.

Apparemment, c’est lord Mountbatten qui a introduit Savile à la cour en 1966. D’ailleurs, Mountbatten mérite une petite parenthèse: c’est un pédophile notoire qui a sévi notamment au Kincora Boys Home de Belfast, dans les années 70 et 80, comme beaucoup d’autres sommités de l’époque. On lui prête également une relation homosexuelle avec le roi Edouard VII.

De là à dire que Savile fournissait la cour en enfants pour les orgies pédo-satanistes tant en vogue dans une certaine catégorie de la population, il n’y a qu’un pas, allègrement franchi par certains.

Un journaliste a même identifié huit lieux à Scarborough et un à Whitby comme étant associés au réseau pédophile de Savile, composé de personnes d’influence, et qui a sévi durant plus de quarante ans. Huit lieux, dont quatre étaient soi-disant inconnus de la police.

Savile, par ses œuvres de charité, pouvait rapporter des millions de livres à des institutions comme des hôpitaux ou des pensionnats. Et, en échange, ceux-ci lui fournissaient une réserve sans fin de victimes pour ses partouzes pédophiles. Et puis, Savile avait le droit de se balader où et quand il le voulait dans ces établissements, puisqu’il en possédait les clés.

Enfin, on a déjà évoqué la relation pour le moins amicale entre Savile et le tueur en série Peter Sutcliffe, qui était justement enfermé dans un hôpital de haute sécurité dont Savile détenait toutes les clés. Durant ses auditions, Sutcliffe a cité Savile plusieurs fois.

Il se trouve que les investigations de la police ont montré que deux des victimes de Sutcliffe ont été retrouvées à proximité de la maison de Savile à Leeds.

Il ne faut pas croire que l’ère Savile est révolue. Aujourd’hui encore, des témoins parlent d’abus sexuels commis par les "élites" politiques du pays, mais aussi des juges et des politiciens européens. Et il semblerait même que des enfants soient amenés par avion depuis différents endroits d’Europe pour servir de chair fraîche lors des orgies de la bonne société anglaise[11]. Faut-il préciser que le témoin qui a évoqué cela a disparu de la circulation ?

L’ère Savile n’est pas révolue, c’est une évidence. La BBC, qui doit mener une enquête sur le scandale de son ancienne star, a déjà annoncé que ses résultats resteront secrets,bien que la chaîne ait promis d’agir en toute transparence et que l’enquête en question ait déjà coûté au moins 200.000£ aux contribuables anglais, pour une vingtaine d’auditions de témoins, et une enquête réduite à sa portion congrue.

D’après d’autres témoins, ces messieurs étaient transportés hors de Londres par avion, grâce à la Royal Air Force.

Un autre encore déclare que des hommes riches venus de Belgique étaient également présents aux partouzes.




Lord McAlpine

Pas de bon scandale de pédophilie sans des accusés qui montent sur leurs grands chevaux, drapés dans leur vertu mitée.

Parmi la clique de pédophiles mentionnés dans les diverses investigations, un certain Lord McAlpine, ex-trésorier du parti conservateur et gros pourvoyeur de fonds sous Thatcher, plus ou moins disculpé par une victime du foyer de Bryn Estyn qui dit qu’il ne "pense pas" que Mc Alpine comptait parmi les violeurs des orphelinats. Mais c’est bien la police qui a glissé son nom dans le dossier et aux médias…

Une autre victime de Bryn Estyn, Steven Messham, a déclaré que McAlpine n’est pas l’un de ses abuseurs. Mais il a aussi dit que la personne connue qui l’a violé en lui donnant son identité a bien expliqué aussi qu’il serait liquidé s’il parlait. Messham a donc déclaré, et déjà en 1997 lors de la commission Waterhouse, que le violeur en question était bien de la famille de McAlpine, mais qu’il est mort, ce qui n’est pas le cas de McAlpine.

McAlpine vient de passer un accord avec la chaine ITV, qui lui a versé 125.000£ de dommages et intérêts avant tout procès, car avait évoqué ses connexions pédophiles. Et voilà qu’il recommence à demander 185.000£ dommages et intérêts à la BBC, et menace de poursuites tous ceux qui évoqueraient cette affaire, alors qu’il n’a jamais été nommé publiquement par Messham. Il poursuit aussi 10.000 personnes qui ont propagé l’info via Tweeter. Et, précisons au passage, il n’a pas poursuivi le magazine Scallywag qui a détaillé ses penchants pédophiles dans les années 90. Il n’a pas non plus poursuivi David Icke, qui a mentionné les mêmes faits en 1999 dans son livre The Biggest Secret[12].

Sauf que l’histoire de cette mise en cause de McAlpine sent le coup monté à plein nez. En effet, rien de tel que d’impliquer quelqu’un qu’on va innocenter facilement, pour jeter le bébé avec l’eau du bain et conclure qu’en réalité, tous les notables sont innocents. En l’occurrence, Messham avait reconnu McAlpine en 1990 parce que les flics lui ont présenté une photo de son abuseur en lui disant qu’il s’agissait d’une photo de McAlpine. Cette fois-ci, on lui aurait montré un autre Lord McAlpine, et Messham a conclu que ce n’était pas le violeur. Les regards se sont alors tournés vers cousin McAlpine mort en 1991, Jimmy, qui vivait à côté de Bryn Estyn.

Du coup, certains s’interrogent: ne serait-ce pas un coup du MI6 ?

On risque de ne jamais le savoir, car les photos Polaroïd détenues par Messham et montrant certains des violeurs en pleine action ont été détruites.

Et puis il y a ce livre écrit par McAlpine, dans lequel il parle précisément d’une stratégie similaire, Le Nouveau Machiavel : l’art de la politique dans le business. Il y a explique par exemple comment revenir sur le devant de la scène, notamment en suscitant de fausses accusations contre soi, et démontrer ensuite que c’est faux, en se faisant passer pour une pauvre victime.

Cela a aussi l’avantage de détourner l’opinion publique des victimes réelles, pour la focaliser sur un débat au niveau de la forme et pas du fond. Et ceux qui sont sensés avoir porté les accusations sont discrédités, en l’occurrence ce pauvre Messham, qui n’a pourtant jamais dénoncé publiquement Lord McAlpine. Ensuite, toutes les accusations qui seront portées contre cette personne seront prises avec énormément de précautions. Et puis, être attaqué injustement ne peut qu’attirer la sympathie de l’opinion publique.

Pour autant, il ne faudrait pas blanchir Lord McAlpine trop rapidement. En mai 2003, un quotidien londonien a écrit qu’il était ce « collectionneur anonyme et bien connu » de photographies érotiques, dont certaines représentent des gamines prépubères. Et McAlpine s’est empressé d’enlever cette information de sa page Wikipedia. Tout cela pour finir par admettre que c’était bien lui le vendeur de ces trois cent et quelques photos érotiques.

Le magazine Scallywag qui a écrit le long article Lord McAlpine and the paedophile ring - Lord McAlpine et le réseau pédophile - sur les perversions de McAlpine s’est basé sur les témoignages de trois de ses victimes, des garçons qui l’avaient désigné nommément. Depuis, deux d’entre eux sont morts dans des circonstances étranges. Apparemment, 17 autres témoignages existent, impliquant le dit McAlpine. Et bien que le MI5 fût parfaitement au courant, le Lord n’a jamais été arrêté ni interrogé à ce sujet.

Enfin, McAlpine a été dénoncé par Andrea Davison, une espionne qui était chargée de démasquer les pédophiles au sein de la police et de la justice, de même qu’un autre conservateur, un certain Derek Laud. Les deux étaient de grands amis de Thatcher, comme l’était d’ailleurs Savile, qui se vantait d’avoir passé une dizaine de réveillons avec elle.




Sir Cyril Smith

Une autre éminente personnalité qui est enfin inquiétée - mais qui est mort depuis déjà un moment, évidemment - est Sir Cyril Smith, un autre politicien conservateur. Il aurait déjà dû comparaître au moins trois fois devant la Justice, mais, devinez quoi ? La justice, qui a eu connaissance de ces affaires, l’a laissé tranquille. Trois dossiers différents ont ainsi été enterrés.

Il aura donc fallu quarante ans pour admettre l’évidence, comme ce fut le cas pour Savile, qui a lui aussi trépassé avant qu’on ne commence à lui chercher des poux.

Il faut dire qu’un autre Sir, directeur des poursuites publiques dans les années 70, Norman Skelton, a décrédibilisé les petites victimes, considérant qu’elles étaient "suspectes". Et hop, un étouffement de plus. Et aujourd’hui, que dit la police ? Qu’elle est certaine que Smith a abusé de jeunes garçons.

Il serait difficile de faire autrement, puisque des victimes de Smith commencent à parler publiquement.

Dès les années 70, le MI5 avait des dossiers sur Smith, mais ils n’ont jamais été transférés à la Justice. Un petit magazine avait bien publié l’affaire, de même que Scallywag, mais elle est passée totalement inaperçue parce qu’aucun grand média commercial n’a embrayé.

Smith a immédiatement menacé de poursuites ces journaux, de même que ceux qui seraient tentés de répercuter l’info. Personne n’a jamais été envoyé au tribunal, mais cela a suffi à calmer les velléités journalistiques.

Pourtant, les accusations étaient circonstanciées. Un témoin dit que Smith l’a violé après 1974 dans un hôtel de Rochdale, la ville dont il a été conseiller; d’autres parlent de faits survenus dans les années 80 et 90, et la police a mené des recherches concernant des accusations portant sur des faits antérieurs à 1974.




Un réseau de compromission ?

Andrea Davison, une ancienne espionne qui a travaillé sur les ventes d’armes illégales effectuées par le parti conservateur au Moyen Orient, a également été pensionnaire à la Duncroft Approved School, pour les jeunes filles jugées "difficiles", cette école qui est dans le collimateur pour avoir aidé Savile à trouver des fillettes dans l’établissement.

De fait, plusieurs anciennes victimes qui résidaient dans ce pensionnat ont parlé de viols commis par Savile. Et c’est là qu’elle a trouvé son premier réseau pédophile.

Inutile de préciser qu’on a tout fait pour envoyer Davison en prison, avec une arrestation en 2010 et un procès inéquitable. D’autres témoins ont eu moins de chance, comme Malcolm King, décédé dans un accident de voiture assez étrange juste quand le scandale Savile a redémarré. King avait dénoncé les abus sexuels commis au Pays de Galles, et selon les éléments objectifs, sa voiture a été sabotée.

Dans les années 90, Davison a du travailler à dévoiler le même réseau pédophile. Et aujourd’hui, une des personnes qu’elle avait impliquées, Kenneth Clarke, est ministre de la justice et la menace d’un procès. Et Davison sait tout sur l’implication de Clarke dans l’étouffement de l’affaire du réseau pédophile d’élite qui sévissait au pays de Galles. Du coup, Davison a cherché l’aide d’un gouvernement étranger, si possible non "ami" de la Grande Bretagne où elle est désormais carbonisée.

Dans les années 90, Davison a mis en évidence l’existence d’un réseau pédophile au Pays de Galles et à la Duncroft Approved School. Évidemment, il ne s’est rien passé depuis. Quand elle a compris qu’on l’avait manipulée pour étouffer l’affaire, Davison a demandé l’asile en Argentine, en 2012. Mais elle a écrit une lettre au 1er ministre Cameron pour l’informer du réseau pédophile et de sa couverture par les services secrets britanniques, qui sont également impliqués dans son organisation.

On sait par exemple que le MI5 a couvert les accusations contre Cyril Smith, ex-député, qui a également dirigé un foyer du pays de Galles, et a bien sûr été désigné comme violeur d’enfants par plusieurs victimes. Ca ne mange pas d’en parler: Smith est mort en 2010.

Dans les années 90, elle a aidé un journaliste du magazine Scallywag[13] à publier sur cette affaire. C’est là que McAlpine a été cité, de même que des flics du coin, comme Stephen Winnard, qui l’a arrêtée en 2010.

On sait aussi que le MI5 filmait les viols d’enfants au Kincora Boy Home de Belfast, où Savile avait ses habitudes, et où des abus sexuels ont été commis pendant plus de vingt ans.

Il se passait la même chose au Pays de Galles: dans les années 90, il était connu que le MI5 emmenait des diplomates étrangers dans les orphelinats du Pays de Galles, et qu’il filmait les partouzes – qui s’accompagnaient aussi de tortures, parfois jusqu’au meurtre - à l’insu des pédophiles. Une bonne vieille méthode qui a fait ses preuves. Et cela, c’est Andrea Davison qui a permis de le faire savoir.

En 1992, Adrian John, témoin-clé dans l’affaire des abus sexuels commis à Bryn Estyn, meurt dans l’incendie très suspect de sa maison. Et, comme par hasard, on s’est aperçu que son frère Lee a eu accès à des données montrant l’existence de transactions financières entre les dealers de la côte Sud et les personnes qui gèrent un réseau de pédopornographie et de pédocriminalité. Evidemment, Lee est mort lui aussi, en 1995.



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Bref, le phénomène est inquiétant et semble avoir pris des proportions dantesques en quelques dizaines d’années. Certains politiques et autres notables sont déjà tombés par-ci par-là pour pédophilie, mais ils ne sont que la partie immergée de l’iceberg. Ne soyons pas naïfs, la même chose se produit en France à l’heure où nous parlons, et c’est pareil en Belgique, aux Pays Bas, en Italie, en Allemagne et ailleurs.

Comment faire pour arrêter cela ? Déjà, il ne faut pas compter sur des révélations et des enquêtes qui vont au fond des choses. C’est ce qu’il s’est toujours produit jusqu’à présent, et c’est pour cela que toutes ces horreurs continuent.

Il ne faut pas compter sur la Justice, ni sur aucune institution. La balle est dans le camp des citoyens.




[1] La manière dont l’ensemble des institutions, BBC comprise, ont couvert les perversions de Savile pendant 40 ans est révélatrice. Quand on ne l’a pas carrément aidé, comme certains flics, hôpitaux, ou partons de la BBC.

[2] On ne peut pas dire que toutes les affaires aient été enterrées. En 1990, avant que le scandale n’éclate, un responsable des foyers à Clwyd, Stephen Norris, a été condamné pour des abus sexuels commis sur des garçons des orphelinats dont il avait la responsabilité. Entre parenthèse, on imagine que sous le règne de Norris, les plaintes des petites victimes devaient systématiquement passer à la trappe. Norris a été embêté pour des faits commis à Cartrefele, mais il était passé avant par Bryn Estyn jusqu’à la fermeture en 1984.

[3] Alison Taylor a été ensuite récompensée d’un prix national pour son "courage".

[4] C’est d’ailleurs en raison de cette appartenance qu’il s’est vu refuser un poste en 2004.

[5] Eh oui, il y a du fric à se faire dans le domaine de la "protection de l’enfance". C’est pour cela qu’on a tant d’associations privées qui sont sur ce créneau. Leake, lui, avait monté une boîte qui était payée par les services sociaux pour prendre en charge les enfants les plus difficiles.

[6] North Wales Abuse Survivors. Quand il a monté cette association, Messham a eu droit à quelques bâtons dans les roues, tels que l’accusation d‘avoir détourné 60.000£ de l’association.

[7] Et qui a aussi été un "aide de camp" de Thatcher.

[8] Un cottage fort connu, notamment du prince Charles, perdu dans la campagne. Apparemment, à la fin octobre, les enquêteurs avaient déjà reçu 161 appels d’adultes déclarant avoir été emmenés dans ce cottage par Savile. Où il y a d’ailleurs une chambre avec un lit superposé…

[9] Officiellement, Charles et Savile se connaissent depuis les années 70 lors d’une action de charité pour les enfants.

[10] Il a aussi conseillé le prince Charles lors du divorce entre Andrew et Sarah Ferguson.

[11] Ces transports d’enfants par avion pour les envoyer dans des orgies ne sont pas sans rappeler l’Affaire Franklin aux États Unis. Des enfants résidant à Boys Town, sorte d’orphelinat géant, étaient prostitués à travers les États-Unis dans les années 70-80. L’affaire a été étouffée.

[12] D’ailleurs, les poursuites de McAlpine ne devraient aller bien loin puisqu’il n’a pas contesté les accusations de Scallywag et de David Icke à l’époque.

[13] Dont les rédacteurs en chef sont morts de manière suspecte: en 1994 pour Angus James , juste après les investigations sur le réseau pédophile dont on parle ici, et en 2000 pour son successeur.





source:
 freddy  http://dondevamos.canalblog.com/archives/2012/12/02/25718423.html


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